Démission collective au Modec : Irchadidine se dit «serein», certains patrons continuent de l’accabler

Nous nous sommes concertés avant de démissionner. Par conséquent, il ne serait pas surprenant si les dix entreprises concernées par la démission créent une autre structure pour la défense de leurs intérêts. Autre chose, je lis la presse et je n’ai pas le souvenir d’une réaction de nos partenaires pour féliciter le nouveau président», a déclaré la patronne deVaniacom, Mme Sitti Djaouharia Chihabidine.

 

Le Mouvement des entreprises comoriennes (Modec) traverse une zone de turbulences après l’annonce surprise, mardi, de la démission de plusieurs de ses membres. Pour Mahamoud Ali Mohamed, patron de Cbe (Concassage-bétonnage-enrobage), «les élections se sont déroulées dans des conditions douteuses. On a demandé au préalable un report des élections dans le but de préciser les conditions d’éligibilité, mais en vain. Il n’est pas rationnel de donner la destinée du patronat comorien à un membre dont l’adhésion effective ne remonte pas à plus de quinze jours.

D’ailleurs, nous avons assisté à un phénomène d’adhésion massive la veille des élections pour l’unique but, élire Mohamed Abdallah Irchadidine». La totalité des entreprises démissionnaires reproche au nouveau patron des patrons un manque d’expérience par rapport à l’environnement économique du pays. «Je ne me voyais pas cautionner l’élection d’un nouveau président dont le statut de patron n’est même pas encore avéré. Bien que sa société ait été légalement créée, les activités n’ont pas encore commencé.

Nous ne connaissons pas son emplacement, le nombre de ses employés, son chiffre d’affaires, etc. Il devait au préalable, viabiliser ses activités, acquérir de l’expérience avant de briguer la présidence du Modec. Quand le président du patronat déclare que les activités, le nombre d’employés et le chiffre d’affaires ne sont pas importants, que va-t-il défendre concrètement», se demande Mahamoud Ali Mohamed.

Une nouvelle organisation

Même son de cloche chez Mme Sitti DjaouhariaChihabidine de l’entreprise Vaniacom. «Je n’ai aucun problème avec le nouveau président du Modec. J’ai démissionné parce que j’estime qu’il doit faire ses preuves en tant que patron d’abord.

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En plus de nous convaincre, il doit convaincre tous les partenaires de sa capacité à défendre nos intérêts», dit-elle, avant d’ajouter : «Nous nous sommes concertés avant de démissionner. Par conséquent, il ne serait pas surprenant si les dix entreprises concernées par la démission créent une autre structure pour la défense de leurs intérêts.

Autre chose, je lis la presse et je n’ai pas le souvenir d’une réaction de nos partenaires pour le féliciter».  En plus de remettre en cause l’expérience du nouveau patron, Mme Sitti Djaouharia Chihabidine a le sentiment que les élections ont été «biaisées». «La présidente sortante a décidé d’inviter uniquement les entreprises qui ont cotisé en 2016 pour participer au vote.

Pour ma part, j’ai cotisé en 2014 et 2015, mais pour l’ancien bureau, je n’étais pas à jour. Nous avons sollicité le renvoi de l’élection à une date ultérieure pour assainir nos textes, mais dans la salle, ils étaient nombreux. S’il est élu, c’est qu’il y a des gens derrière lui et qui croient en ses capacités à défendre le secteur privé. Nous avons décidé de nous mettre à l’écart pour le bon fonctionnement de l’organisation  tout en se réservant le droit d’en créer une», poursuit-elle.

Joint par Al-watwan, l’actuel président du Modec se dit «serein et plus que jamais motivé à l’idée  d’atteindre les objectifs que sa mission lui fixe.» «En tant que président, je prends acte de la démission    de moins d’une dizaine d’entreprises dans un mouvement qui compte soixante-dix adhérents.

Je suis plus que jamais motivé et déterminé à défendre les intérêts du principal mouvement patronal des Comores. Le secteur privé demande l’amorçage d’un dialogue permanent avec le secteur public pour développer le pays dans un climat des affaires propice aux investissements», a ainsi réagi Mohamed Abdallah Irchadidine.

 

Par Mohamed Youssouf/Alwatwan

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