Depuis quelques jours à Mwali, la situation politique est devenue explosive

 

le_rassemblement_de_l_oppostion_au_relais_de_singaniDes pneus sont brulés sur le tout nouveau bitume et le pouvoir insulaire fait recours à un hitma. L’opposition a tenu ce dimanche, comme prévu, un rassemblement boycotté par le gouvernorat de l’ile. Ces opposants au régime insulaire envoient une lettre ouverte au chef de l’Etat. L’adoption de la loi statutaire de l’ile, prévue par la constitution est l’une des exigences formulées par l’opposition dans un mémorandum publié dimanche à Fomboni.

Le rassemblement de l’oppostion au relais de Singani

La voiture qui annonçait le rassemblement populaire a été mise aux arrêts par la gendarmerie, l’ancien maire de Fomboni, Elamine Ali Mbaraka se trouvait à l’intérieur mais n’a pas été arrêté. C’est au centre de Salamani que le rassemblement de l’opposition a été prévu ce dimanche, mais c’est finalement au relais de Singani que les opposants au gouverneur Mohamed Ali Said se sont rencontrés, suite au refus du préfet du Centre sur le lieu initial. De très bon matin ce dimanche, des policiers et gendarmes étaient déployés le long de la route principale pour empêcher, apprend-t-on, l’afflux massive des villageois vers ce meeting.

Deux jours avant, des pneus sont brûlés à l’entrée de la résidence privée du gouverneur de l’ile et à l’entrée du domicile de Mohamed Said Fazul, l’ancien président de l’ile et chef de file de l’opposition. Une sorte d’avertissement anonyme. Des tracts sont distribués dans la capitale mohélienne le lendemain. Leur contenu est contradictoire car laissant croire que c’est le pouvoir insulaire qui en est l’auteur. Finalement le gouvernorat a fait recours à un grand hitma (prière religieuse) lu ce vendredi contre tous ceux qui se mettront à brûler des pneus sur le nouveau bitume qui a coûté cher à l’Etat.

Des partis et personnalités politiques, des représentants d’organisations sociales et professionnelles, ainsi que des citoyens rassemblés au sein d’un groupement dénommé Coordination politico-Administrative (CPA), se sont engagés à mener un combat collectif contre ce qu’ils appellent « la mauvaise gouvernance et la mauvaise pratique » du gouverneur de Mwali et du régime qu’il a instauré dans l’ile. Treize exigences que le gouverneur « doit satisfaire sans délai », sont formulées dans un mémorandum ce dimanche au relais de Singani, par ces opposants au régime insulaire.

« Cette situation de l’ile de Mwali sans loi statutaire ne peut plus perdurer. Les enseignants licenciés pour cause de grève doivent être réintégrés sans discrimination. Mohamed Ali Said doit cesser d’être l’unique fournisseur de l’Etat à Mwali et le seul à rafler presque tous les marchés publics dans l’ile. Il doit payer de sa poche sa consommation d’électricité dans sa boulangerie et ses magasins. Il ne peut plus continuer à utiliser gracieusement les engins des travaux publics dans les chantiers de son entreprise. Mohamed Ali Said ne peut plus persévérer à faire du trésor public de l’ile son fonds de commerce où seules sont payées les factures libellées MODJA-CO (l’entreprise du patron de l’ile). » Tels sont entre autres les points saillants dudit mémorandum.

Toutefois, le but final de leur combat, selon le même document, est qu’il soit mis fin à toutes les remontrances ayant fait l’objet d’une lettre ouverte destinée au chef de l’Etat Dr Ikililou Dhoinine.

Mouayad Salim ( HZK-Presse)

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