Derrière la nomination de Mohamed Issimaila, se cache l’orage qui emportera Belou

Le conseiller diplomatique du président de la république vient d’être promu porte-parole de la présidence. Une nomination loin d’être anodine au regard des derniers événements survenus dans les couloirs de Beit-Salam la semaine dernière et dont on ne nous a jamais parlés. Creusons et analysons.

A la présidence de la république, la personnalité qui a l’habitude de s’exprimer pour défendre ou annoncer les nouvelles de l’institution est le directeur de cabinet du chef de l’Etat. Il comptabilise une dizaine de conférences de presse à son actif. Loin, très loin du conseiller diplomatique réputé, pourtant, orateur d’envergure qui n’a jamais s’exprimé qu’après la rupture des relations diplomatiques entre les Comores et le Qatar en juin de l’année dernière. Avant et après cela, c’est le silence radio pour Mohamed Issimaila malgré le tumulte sociopolitique que provoquent les assises nationales, dont l’objectif principal (inavoué) est le prolongement du mandat d’Azali Assoumani.

Azali a toujours apprécié les interventions de son directeur de cabinet Belou. Il l’a toujours gratifié. Impossible de cacher sa satisfaction devant ses autres collaborateurs. Il était le chouchou, non pas par son poste de premier conseiller, mais par sa capacité de faire face à la presse, tout comme lui, Azali, nonobstant les dérives qui souvent se présentent. Mais tout cela, cette affection, n’est désormais que du passé. Il y a un peu plus d’une semaine, le sulfureux Belou est devenu, contre toute attente, la brebis galeuse de l’imam. Azali ne veut plus le voir. Il le lui a dit, haut et fort et surtout, publiquement. Une humiliation, le jeu préféré d’Azali. Que s’est-il passé pour que le tandem Belou-Azali en arrive là que personne ne s’y attendait ?

On est jeudi 15 février quand le chef de l’Etat a appris par voie de presse que « le gouvernement opte pour un referendum » pour faire valider les conclusions émanant des assises nationales. Rappelons que pour réviser la constitution il n’y a que deux voies possibles : referendum ou congrès. Dans sa conférence de presse de la veille mercredi, le directeur de cabinet du chef de l’Etat a laissé entendre que la voie choisie est celle du referendum. Ce que se sont empressés de titrer les journaux, la question étant trop attendue par l’opinion. Mais voilà, hélas. L’annonce n’a pas plu au chef de l’Etat. C’était trop tôt pour le dire, pour lui. Il voulait entretenir le suspens lui seul sait pourquoi.

Ce jeudi, Azali s’en est violement pris à son directeur de cabinet. Les témoins oculaires de l’humiliation publique rapportent que Belou gardait la tête baissée durant tout le temps des remontrances du chef de l’Etat. « Dégage de ma vue », lui aurait lancé Azali. Belou est parti le cœur en bandoulière tel un amoureux éconduit par sa princesse charmante. Cette brèche entre le tandem Belou-Azali a pu servir de perche à d’autres collaborateurs pour se rapprocher davantage de sa majesté Azali.

Belou n’a certainement pas l’acabit de Mohamed Issimaila en matière d’aura, mais une chose est sûre : le vieux dinosaure Belou, comme l’appelle affectueusement Azali, sert avec dévotion le palais sans ambition politique personnelle. Le poste qu’il occupe aurait permis à d’autres personnes, s’elles étaient à sa place, de se frayer un chemin politique qu’elles pourraient s’en servir contre la CRC. Mais hormis cette loyauté politique Belou est réputé par sa malhonnêteté financière : surfacturation, refus de payer des prestataires de services après décaissement des fonds, ponction sur les per-diem…Des circonstances aggravantes que ses ennemis intimes ne manqueront d’exploiter pour précipiter sa chute, la chute du dinosaure.

M.Djoumbé

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