Des violents affrontements à l’université d’Antananarivo

Une manifestation d’étudiants a dégénéré en affrontements hier au campus universitaire d’Ankatso à Antananarivo. 11 étudiants ont été arrêtés et deux éléments des forces de l’ordre ont été blessés, d’après la presse locale.

Matinée mouvementée à l’Université d’Ankatso mardi 30 octobre. Vers 9 heures, les étudiants sont descendus dans la rue pour réclamer le versement de leurs bourses d’études impayées depuis cinq mois. La manifestation a perturbé toute activité aux alentours du campus. « Pneus de voitures et bac à ordures en feu, des blocs de pierre obstruant la route, embouteillage monstre, attroupement… ». Tous les ingrédients étaient réunis pour faire dégénérer la situation, selon le quotidien Midi Madagasikara.
Les affrontements ont vite éclaté lorsque les forces de l’ordre sont intervenues sur les lieux. Les éléments de l’état-major mixte opérationnel régional (Emmo-reg) ont fait usage des grenades lacrymogènes pour disperser les étudiants, mais rien n’y fait. Des jets de pierre lancés par les manifestants ont fusé dans leur direction, faisant deux blessés.
Vu la gravité de la situation, les militaires ont durci leur intervention, pourchassant les étudiants jusqu’à l’intérieur du campus, où ils ont effectué au moins 11 interpellations. Cependant, l’incursion des hommes de l’Emmo-reg dans l’enceinte d’Ankatso n’était pas du goût de la présidence de l’université qui dénonce le « non-respect de la franchise universitaire ».
« On peut qualifier cette action des forces de l’ordre de violation des franchises universitaires », selon le journal Midi Madagasikara.
« Ces étudiants ont été arrêtés car ils ont été surpris en flagrant délit en blessant des éléments des forces de l’ordre par les jets de pierres. Il était de notre devoir de les poursuivre jusque dans l’enceinte de l’université pour les interpeller car ils ont semé des troubles sur la voie publique et ont risqué de blesser d’autres personnes. D’où la nécessité d’intervenir tout en tenant compte de la franchise universitaire car la présence d’autres personnes que les étudiants constitue un danger », rétorque dans les colonnes du quotidien Les Nouvelles le patron de l’Emmo-reg, le colonel Andry Rakotondrazaka.
Au lendemain de ces violents affrontements, la tension reste palpable à l’Université d’Antananarivo, où les étudiants menacent de poursuivre leur manifestation jusqu’à obtenir satisfaction. Ils exigent la libération de leurs camarades arrêtés, ainsi que le paiement de leurs bourses d’études.
Les meneurs de cette grève expliquent que les étudiants n’ont pas perçu leurs indemnités d’équipement ainsi que leurs bourses depuis cinq mois. « Le blocage vient du ministère des finances et du budget qui n’a pas débloqué à temps le budget, soit près de 800 millions d’ariary (environ 285 000 euros) par mois pour les bourses et plus d’un milliard d’ariary (environ 357 000 euros) pour les équipements  », précisent-ils.
Sources : Midi Madagasikara, Les Nouvelles

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*