Désactivation de la capacité EASSY de Comores Télécom: Oumara Mgomri met tout sur le dos de Telma

​Le directeur général de Comores Télécom fait endosser toute la responsabilité à son concurrent Telma au cas où le consortium Eassy venait à mettre à exécution son ultimatum de la désactivation de la capacité de Comores Télécom. Des menaces prises au sérieux par l’opérateur historique de télécommunication qui anticipe les conséquences, en proposant le satellite comme palliative.

Le ton montre entre Comores Télécom et Télma, les deux opérateurs de téléphonie mobile. Et le directeur de la société comorienne de télécommunication n’est pas le genre à user des formules diplomatiques en cas de crise. Dans une conférence de presse tenue vendredi, Oumara Mgomri n’est pas passé par quatre chemins pour mettre sur le dos de Télma, l’ultimatum lancé par le consortium Eassy de désactiver Comores Télécom de sa capacité.

Le directeur de Comores Télécom informe avoir saisi le comité directeur du consortium par voie de courrier pour « réfuter l’idée d’une violation dans la mesure où la demande que Comores Télécom a reçu de Telma pour l’activation de ses capacités date du 14 octobre 2016 ». D’après-lui, la réponse à la société malgache de téléphonie mobile été donnée le 20 octobre : « il n’y avait pas lieu de porter cette question à la réunion du comité directeur à Londres alors qu’il ferait deux semaines qu’elle demandait cette activation ». Et lui d’ajouter : « ce que Telma a dit au comité directeur est un pur mensonge ».

Mgomri déplore les conséquences qui découleront de la désactivation par Eassy des communications vers l’extérieure, que ce soit sur la data ou la voix. Et lui d’anticiper au cas où le consortium venait à mettre à exécution ses menaces. « Si cette décision venait a être appliquée  Comores Télécom se verrait dans l’obligation de muter les communications vers le satellite », a-t-il indiqué, précisant que pour la voix il n’y aura pas de problème mais pour la data (Internet) la capacité sera par contre très réduite. On passera presque d’un gigabit par seconde à un mégabit. A proprement parler, on diviserait par cinq la capacité de transmission de l’Internet. « Les gens vont sûrement sentir de lenteur dans l’utilisation de l’internet », a-t-il souligné.

Le patron de Comores Télecom veut croire qu’Eassy ne mettra pas en application la menace de couper les Comores du reste du monde tout simplement parce que, dit-il, elle sera lourde de conséquences pour les trois parties. « Bien sûr pour Comores Télécom, mais également pour Telma qui a demandé cette sanction et aussi pour le consortium. Globalement Comores Télécom à cet instant là se verrait dans l’obligation de couper la station de Moroni. Si Comores Télécom coupe le câble Eassy se trouverait sans route de secours. On utilise à chaque fois deux fibres. Il y a la fibre à partir de Moroni mais il l’autre qui passe par Mombassa et Tuléar. En ce moment là il se retrouvera en fonctionnement 1+0. C’est très dangereux », a-t-il fait savoir.

Et de continuer : « nous pensons qu’avec les discussions que nous menons avec le consortium, on n’ira pas jusqu’à cette décision extrême de désactiver la liaison à Moroni ». Les discussions ainsi évoquées sont la demande faite par Comores Télécom de surseoir la décision de désactiver Moroni. 


                  

Mgomri a tenu à préciser que la station de Moroni est une station particulière par rapport à toutes les autres stations d’Eassy. Elle est à 100% prise en charge par sa société alors que les autres sont prises en charge par le consortium à 70% et par l’utilisateur de la station par 30%. D’après-lui Comores Télécom finance la maintenance de la station de Mombassa, de Tuléar, de Mtuzina en Afrique du Sud. Ce  qui permet à Oumara Mgomri de bomber à son tour son torse. Mais fera-t-il le poids ? Wait and see.

Maoulida Mbaé/LGDC 

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