Détention des anciens responsables de la Ceni : Une énième demande de mise en liberté rejetée

L’affaire fait suite à un rapport faisant état de l’évaporation de 153 millions dans des «dépenses non justifiées» à l’occasion du double scrutin de 2015. Le maintien en détention du coordinateur et de l’agent comptable de la Ceni suscite d’autant plus d’interrogations que le président et le secrétaire général de la Ceni ont recouvré leur liberté depuis le 3 décembre dernier.

 

La chambre d’accusation s’est réunie samedi 25 mars pour se prononcer sur une énième demande de mise en liberté provisoire formulée par l’avocat de Soilihi Abdallah et Ali Hassani Mohamed, respectivement coordinateur et agent comptable de la Commission électorale nationale et indépendante (Ceni).

A l’issue de l’audience, la chambre a rejeté ces demandes et maintenu les deux inculpés en détention. «Rien ne justifie leur maintien en détention. Nous avons à plusieurs reprises saisi la chambre d’accusation pour une demande de mise en liberté provisoire, nos demandes sont systématiquement rejetées.

Cette affaire a un autre visage, qui n’a rien à voir avec une question de détournement de fonds publics», a ainsi réagi l’avocat. Placé en détention provisoire le 8 octobre dernier, Soilihi Abdallah a entamé une grève de la faim depuis le 4 mars.

Pour Me Azad Mzé, cette grève est une manière d’attirer l’attention sur son cas, car «il s’agit d’une détention arbitraire». Et d’ajouter que la santé de son client «est sérieusement menacée, ce qui lui a valu son admission au service de santé militaire». Au parquet de Moroni, on estime que la santé de l’inculpé n’est pas vraiment menacée : «il n’a qu’à s’alimenter et tout reviendra dans l’ordre», y soutient-on.

Cette affaire fait suite au rapport de la Cour de Comptes faisant état de l’évaporation de 153 millions dans des «dépenses non justifiées» à l’occasion du double scrutin de 2015. Ce maintien en détention du coordinateur et de l’agent comptable de la Ceni suscite d’autant plus d’interrogations que le président et le secrétaire général de la Ceni ont recouvré leur liberté depuis le 3 décembre dernier.

Mariata Moussa/Alwatwan

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