Deux pilotes français achètent un avion pour sauver des migrants perdus en Méditerranée

Deux pilotes français ont investi toutes leurs économies dans l’achat d’un avion pour aider au repérage des canots de migrants perdus au large de la Libye. Ils estiment pouvoir mieux repérer les embarcations de fortune depuis les airs, afin de les signaler aux navires de sauvetage.

Ils y avaient déjà pensé il y a 15 ans et c’est le 28 janvier 2018 que deux pilotes français se sont décidés à survoler la Méditerranée pour sauver les migrants. Ils ont alors mis leur carrière de côté et investi toutes leurs économies, près de 130 000 euros, dans l’achat d’un petit avion, le Colibri. Ils lui ont installé un pilote automatique pour pouvoir se concentrer sur la mer, un système satellite pour faciliter les communications et un réservoir pouvant supporter dix heures de vol d’affilée. Quelques mois plus tard la mission est prête à débuter aujourd’hui, le 2 mai.

José Benavente, 49 ans, et Benoît Micolon, 35 ans, sont les deux fondateurs de l’association Pilotes volontaires. Le premier, un Lyonnais installé à Kinshasa et pilote de formation, menait une mission humanitaire en République démocratique du Congo. Le second était pilote de ligne sur Boeing 747 avant de se lancer dans leur plan de sauvetage, rapporte Le Monde.
«On a compris qu’on pouvait vraiment être utiles»

Les deux hommes veulent couvrir une large zone de 150 km, d’est en ouest, jusqu’à 50 km des côtes libyennes. « La zone dans laquelle se concentrent le maximum de sauvetages et les naufrages », explique José Benavente au Monde.

Ils espèrent pouvoir repérer les canots dans lesquels voyagent les migrants, pour signaler leur position aux navires des ONG et au MRCC (Maritime Rescue Coordination Centre), l’organisme italien qui gère les sauvetages en mer. « Quand les humanitaires de SOS Méditerranée », une des ONG qui sauvent des migrants en mer, « nous ont expliqué le mal qu’ils avaient à repérer les canots dans les vagues, on a compris qu’on pouvait vraiment être utiles ». En effet, les deux fondateurs de Pilotes volontaires connaissent la capacité de repérage depuis un avion survolant les eaux à basse altitude est cent fois supérieure à une observation depuis le pont d’un navire.

Depuis janvier 2018, au moins 359 migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée centrale, selon un bilan de l’Organisation internationale pour les migrations arrêté au 18 avril. Ils étaient 1 020 à la même époque, l’année dernière.

ladepeche.fr

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