Diaspora: Manloume Said El Hadi, la fibre quimpéroise 

Manloume Said El Hadi est le 10e d’une fratrie de treize enfants. Après avoir vécu sur les trois îles de l’archipel des Comores, il est maintenant installé à Quimper.

Juliette Roger Un an déjà que Manloume Said El Hadi a atterri à Quimper. Des Comores jusqu’en Bretagne, le chemin a été long… Son but désormais : devenir un technicien des télécoms formé aux dernières avancées technologiques.

Pour Manloume Said El Hadi, il n’est pas question de retourner aux Comores, son pays natal. « J’ai toujours appris à m’adapter. J’aime les gens, le partage et écouter ! Je m’intègre activement à la vie de la région », dit-il. Manloume se considère déjà Quimpérois d’adoption : il va à la cathédrale, participe à toutes les fêtes et événements et est même devenu membre de la Protection civile de la ville.

« Une très grande punition »

Il n’est pas venu en Bretagne par hasard. Il a choisi la région car la fibre y est en plein déploiement. Bonne pioche : il a été envoyé en formation à Brest, puis embauché chez France Télécom. « Ce que je voulais, c’était une formation pour mettre à jour mes compétences sur les nouvelles technologies », explique celui qui savait depuis la 6e qu’il voulait devenir technicien des télécoms, même si le chemin n’a pas toujours été facile. Il y est parvenu en intégrant une école supérieure en télécommunications à Madagascar, après un baccalauréat obtenu à 19 ans. Né sur l’île d’Anjouan aux Comores en 1977, Manloume Said El Hadi est arrivé à l’école primaire sans savoir parler français. « Le comorien est notre langue maternelle, explique-t-il, mais la langue officielle, c’est le français. Quand les enfants sont scolarisés, ils n’en connaissent pas un mot ! » Dans l’enceinte de son établissement, le comorien était strictement interdit.

« Celui que l’on entendait parler comorien, on lui donnait un jeton. Le dernier qui avait le jeton à la fin de la journée avait une très grande punition », raconte-t-il. Grâce à la position de son père, qui a été ministre du Tourisme et du Transport aux Comores, il a pu poursuivre ses études et, donc, décrocher son bac.

« L’homme fort ! »
De retour aux Comores après un passage par Madagascar, le technicien décide de mettre ses connaissances au service de la population anjouanaise et fonde la radio M3FM et la chaîne télé M3TV diffusées en français. « Toute la population écoutait ma radio parce que c’était la seule qui donnait l’information internationale et locale. Il y a même eu un partenariat avec Radio France International (RFI) ! », se souvient-il. À cause des conflits entre le gouvernement insulaire et le gouvernement national, la radio est censurée à plusieurs reprises. En 2007, Manloume se voit forcé à quitter l’île et décide d’installer sa radio à Mohéli. C’est à ce moment que le président de l’archipel le sollicite, afin de diffuser l’information du gouvernement central. La radio « Ukombozi » naît. « J’ai créé une installation très puissante qui diffusait sur les trois îles, explique-t-il fièrement. On m’appelait l’homme fort ! ». Il devra pourtant abandonner le projet peu de temps après. Manloume Said El Hadi part alors pour Mayotte où il travaille cinq ans avant de venir en France. Aujourd’hui, il envisage de s’installer définitivement à Quimper. 

Letelegramme.fr

1 commentaire sur Diaspora: Manloume Said El Hadi, la fibre quimpéroise 

  1. Bonjour je m’appelle Ali je suis comorien de Quimper je participe à tout les événements des comorien de Quimper pour quoi ce monsieur on la jamais vue ? S il vie bien à Quimper

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