Discours du président « je vous demande d’avoir confiance. Un jeune, un emploi »

Allocution du Chef de l’Etat à l’occasion du rassemblement de la Jeunesse comorienne au foyer de Moroni. 

Mes jeunes compatriotes
Honorable assistance,
Je suis pleinement heureux de me trouver parmi vous au foyer des femmes de Moroni ce matin. Je suis très heureux de vous y trouver si nombreux.
Je vous remercie de m’avoir invité et j’avoue y être très sensible. Merci pour votre accueil, merci pour votre enthousiasme, merci pour l’initiative de cette rencontre.
Cela me réconforte dans l’idée que je me fais du jeune comorien d’aujourd’hui: Un jeune plein d’initiative louables, en phase avec son temps, dynamique et combatif, qui a envie de prendre son destin en main, de participer à la construction de son pays, un jeune qui veut aussi entrer dans l’Histoire.
C’est donc pour moi aujourd’hui, un moment particulier que d’être aux cotés des Comores de demain. Parce que  c’est  cela que vous incarnez. Vous êtes l’avenir de ce pays avec tout ce que cela signifie, en termes de responsabilité, de droits et de devoirs.
C’est un moment particulier pour moi, parce que c’est ma première grande rencontre publique avec spécifiquement la jeunesse; depuis mon accession à la Magistrature Suprême de notre pays.
Je veux vous dire en toute franchise, avec toute la solennité qui convient, qu’il ne se passe pas un jour, sans que  je me remémore les engagements que j’ai pris et le contrat social que j’ai signé avec le peuple comorien et surtout avec vous la jeunesse de mon pays.
Saurait-il en être autrement, alors que la jeunesse comorienne a toujours été au centre  de mon combat politique ? Cela remonte à ma propre jeunesse dans laquelle je puise cet engagement.
J’ai aujourd’hui le privilège, l’honneur et en même temps la redoutable responsabilité d’avoir été choisi par mes compatriotes et par sa frange la plus jeune, pour faire de vos rêves de construction d’un pays meilleur, et d’amélioration du quotidien, une réalité avec l’aide d’Allah ce que nous appelons l’Emergence.
Ainsi, du Palais de Beit-Salam, j’entends parfaitement vos voix, je partage vos craintes et vos interrogations légitimes sur le présent et le futur de ce pays qui est le vôtre. Je partage d’autant plus vos problèmes que je suis moi-même père de famille, avec des enfants de votre âge.
Aussi voudrais-je vous avouer aujourd’hui, que c’est de vous et pour vous, jeunes compatriotes, que je puise ma détermination et ma volonté de faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030, et ainsi donner au jeune comorien les moyens de prendre en main sa destinée.
Il a donc fallu dans un premier temps se mettre dans une logique d’assainissement pour mieux dessiner l’avenir. Oui, il est vrai que et je l’avoue, nous avons mis fin aux stages et aux contrats que l’Etat, ses Administrations et ses Sociétés avaient signés avec bon nombre d’entre vous. Je l’assume et je vais vous dire pourquoi.
D’abord, parce que la création d’emplois ne consiste pas à surcharger des entreprises en difficulté, qui arrivent à peine à joindre les deux bouts à la fin du mois.
Ensuite parce que la création d’emplois ce n’est pas offrir des postes sans fonctions, et souvent même sans rémunération à un jeune recru.
En toute honnêteté, combien d’entre vous, embauchés hier dans le cadre de ces faux emplois, demandaient les frais de taxis à leurs parents ? Nombreux d’entre vous étaient dans ce cas, avouons-le.
Moi, quand je dis un jeune, un emploi, il s’agit d’une politique et d’une stratégie réfléchie et bâtie pour lutter d’une façon durable contre le chômage, d’une politique de création de richesses et de croissance, qui, indubitablement luttent contre le chômage.
C’est pourquoi, je vous demande d’avoir confiance. Un jeune, un emploi, c’est un engagement, une promesse que je compte tenir. Un jeune, un emploi, ce n’est pas simplement un slogan de campagne, c’est une conviction politique.
Lorsqu’on se trouve en face d’une  force vive comorienne comme la jeunesse, on a l’obligation de parler vrai, d’évoquer la construction du pays, et c’est ce que je m’efforcerai de faire devant vous chers jeunes aujourd’hui et demain.
Jeunes,
Notre pays est à la croisée des chemins. Je voudrais dire aux moins âgés d’entre vous et rappeler aux adultes qui feignent de l’oublier, que nous venons de loin, de très loin.
Nous venons d’une époque, pas si lointaine que cela, où nous avons été les témoins de l’assassinat de deux de nos chefs d’Etat et de la déportation d’un troisième de l’assassinat d’un officier supérieur de notre armée.
Nous venons d’une époque où le comorien vivant à Ngazidja ne pouvait pas à aller à Anjouan. Nous venons d’une époque où le drapeau comorien n’avait pas le même sens pour tout le monde. Nous venons d’une époque où l’unité nationale était mise à mal.
Les comoriens ont surmonté ces épreuves et su trouver les solutions eux-mêmes avec l’aide d’Allah.
Ainsi, depuis plus de 16 ans notre pays connait la stabilité, la quiétude, la paix et l’alternance pacifique au pouvoir malgré le fameux troisième tour.  Nous avons donc pu stopper l’hémorragie, qui vidait notre Nation.
Il nous appartient aujourd’hui, après la guérison et la convalescence, de fixer le cap et de nous mettre en route.
Les souhaits du Mouvement du 11 présidé par notre père, l’ainé pour les autres Mr Ali Bazi Selim, pour faire des Assises Nationales consacrées au bilan de nos 42 ans d’indépendance, relèvent de la thérapie collective, en famille.
Le Mouvement du 11 aout, ne l’oublions pas, est né d’une réaction d’indignation, spontanée mais légitime, de la jeunesse comorienne, aux Jeux des Îles de l’Océan Indien en aout 2015 à l’île de la Réunion.
Aussi, ces assises nationales, mes jeunes compatriotes, sont-elles, en grande partie les vôtres. Oui ce sont les assises de la Jeunesse.
Et ne vous y trompez pas. Personne ne vous donnera votre place. Vous devez la prendre. Allez aux assises et prenez-y votre place. Nous vous y aiderons.»
Tandis que d’aucuns se focalisent sur la politique politicienne et une tournante qui donne le tournis, parlez de jeunesse, d’emplois, de culture, de musique, de sport, de nouvelles technologies, de droits mais aussi de devoirs du jeune comorien.
Allez aux assises et défendez-y la place des jeunes comoriens, hommes et femmes, dans les organes de décisions, dans la société comorienne. Dites à vos ainés avec la politesse que vous leur devez, ou comme a dit le Grand Mufti  « SI NDO WEGNI ».
Dites-leur que le jeune d’aujourd’hui n’a pas les mêmes rêves que celui d’hier. Je vous assure, mes jeunes compatriotes, personne ne défendra mieux ces rêves que vous-mêmes. Alors impliquez-vous !
Mes jeunes compatriotes,
Je suis heureux de voir ici des jeunes venus de toutes les iles. Cela me rassure dans votre façon de voir les Comores : un Etat-Nation de 4 îles.
Je suis heureux de voir ici celles et ceux qui demain, prodigueront les soins à leurs parents à la retraite, celles et ceux qui diront, demain, Seigneur, pardonnes-nous, ainsi qu’à ceux qui nous ont précédé dans la Foi; Seigneur pardonne-nous, ainsi qu’à nos parents, tout comme ils nous ont élevés et pris soin de nous quand nous étions petits.
C’est en pensant à ces jours lointains, s’il plait à Dieu mais inéluctables où nous ne seront plus là, que je vous appelle à vous mobiliser aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire et faire en sorte que la voix du jeune comorien et de la jeune comorienne, soit audible, plus cohérente et plus unie.
En tout état de cause, vous pouvez être sûr, d’avoir avec en moi, un partenaire attentif et soucieux de défendre la place légitime qui est la vôtre sur l’échiquier aussi bien national, régional qu’international.
Vive l’Union des Comores
Vive la République
Vive la jeunesse comorienne
Je vous remercie.

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