«Donnez-nous des visas et nous quitterons Mayotte»

Cette nouvelle crise des immigrés illégaux à Mayotte a fait resurgir une vielle demande. Il s’agit de la possibilité de se rendre à la Réunion, en France métropolitaine ou même dans l’Union européenne avec une carte de séjour délivrée par la préfecture de Mayotte.

Les cartes de séjour délivrées par la préfecture de Mayotte, ne sont en fait, que des autorisations de circuler dans le département. Leurs bénéficiaires ne peuvent, en éffet, pas s’en servir pour se rendre à la Réunion ni en Europe.
Une possibilité qui est reclamée par des responsables politiques de Mayotte aujourd’hui. Avant c’étaient les heureux détenteurs étrangers qui faisaient cette demande, en vain.

Cela désengorgerait l’île et la pression migratoire serait moins importante. C’est ce que soutiennent (espèrent?) les adeptes  de cette solution.
En France, un titre de séjour est un document délivré par les préfectures qui autorise un étranger à résider sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa.
Les titres mahorais ne le permetent pas.

L’Union européenne, elle, établit un modèle uniforme de permis de séjour qui autorise un ressortissant hors Union européenne à entrer et séjourner pour un court séjour dans tout pays de l’espace Schengen , sur simple présentation de son passeport et d’un titre de séjour en règle dans un autre pays de l’espace Schengen.
Les titres délivrés à Mayotte ne sont pas pris en compte.

En fait, les textes  règlementaireseuropéens en matière de contrôle de l’immigration ne sont pas tous applicables à Mayotte.
En 2010, le député Abdoulatifou Aly avait interrogé le secrétaire d’État chargé des affaires européennes sur l’extension au territoire de Mayotte de l’agence Frontex. (Frontex « Frontières extérieures », est l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne.
Et la réponse qui lui avait été faite est la suivante. (selon la fiche question de l’Assemblée Nationale) :

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Le secrétaire d’État chargé des affaires européennes rappelle à l’Honorable parlementaire que la lutte contre l’immigration fait partie des priorités de l’agenda européen. Le renforcement des moyens et de l’efficacité opérationnelle de l’agence Frontex constitue un instrument privilégié pour la mise en œuvre de la politique migratoire de l’Union européenne. L’agence Frontex n’a cependant pas vocation à améliorer la gestion intégrée des frontières extérieures de l’Union européenne à Mayotte, en dépit du processus de départementalisation de l’île et sa transformation en région ultrapériphérique de l’Union (RUP).

Force est de constater alors que la situation n’a pas beaucoup évolué depuis.
En fait, des engagements, non écrits, auraient été pris par la France dans les négociations pour la « rupéïsation » de  Mayotte.
Bien avant cette crise migratoire qui touche l’Europe, des pays de l’Union Européenne auraient exigé de la France qu’elle fasse en sorte que Mayotte ne devienne pas une porte d’entrée d’immigrés dans l’espace de Schengen.
Il est  évidement difficile de fournir les preuves de telles allégations qui ont été habilement distillées par un élu mahorais qui tient à garder son anonymat, mais les faits lui donnent raison.

Chamsudine Ali / la1ere.francetvinfo.fr

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