Egypte : heurts pendant des manifestations contre le pouvoir et la police

8 février 2013

Egypte : heurts pendant des manifestations contre le pouvoir et la police

Un manifestant égyptien brandit une croix et un coran lors d’une manifestation le 8 février 2013 sur la place Tahrir, au Caire ©AFP

LE CAIRE (AFP) – (AFP)

Des heurts
entre policiers et manifestants ont éclaté
vendredi dans plusieurs villes d’Egypte, en particulier
près du palais présidentiel au Caire, lors de
rassemblements à l’appel de groupes de l’opposition
« pour la dignité » et contre le président
islamiste Mohamed Morsi.

Dans la journée, au son de tambours et des drapeaux
égyptiens à la main, des milliers de personnes
étaient parties de plusieurs quartiers de la capitale
pour se diriger vers la place Tahrir, dans le centre-ville,
et vers le palais situé dans la banlieue d’Héliopolis.

« Le peuple veut la chute du régime », ont
scandé les manifestants, tandis que d’autres
qualifiaient le ministère de l’Intérieur de
« voyou ».A Tahrir, les contestataires ont
accroché des bannières avec des slogans hostiles
à M. Morsi et aux Frères musulmans, dont le
président est issu.

Mais dans la soirée, la police a fait usage de gaz
lacrymogène près du palais pour disperser les
manifestants qui lançaient des feux d’artifice et des
cocktails Molotov sur le bâtiment.

Des fourgons des forces de sécurité ont chargé
les manifestants qui se sont repliés un peu plus loin
sur la grande avenue jouxtant le palais, selon des images de
télévision retransmises en direct.

Des heurts ont aussi éclaté dans plusieurs villes
de la province de Gharbiya, dans le delta du Nil, faisant
selon le ministère de la Santé 28 blessés,
pour la plupart après avoir inhalé du gaz lacrymogène.

A Alexandrie, cinq personnes ont été blessées
dans de brefs heurts entre policiers et manifestants.

Ces nouvelles manifestations interviennent après
plusieurs incidents liés aux brutalités
policières ainsi que deux édits religieux (fatwas)
appelant au meurtre des figures de l’opposition.La
présidence a dénoncé ces fatwas comme du « terrorisme ».

Cette semaine, la mort d’un
militant pro-démocratie après plusieurs jours en
détention a provoqué la fureur et ravivé les
appels à une réforme des services de
sécurité.Ce décès est intervenu
quelques jours après la diffusion, en direct à la
télévision, d’images d’un homme dévêtu,
traîné et battu par la police lors d’une
manifestation devant le palais présidentiel.

Trente-huit formations de l’opposition avaient appelé
à ce « Vendredi de la dignité »,
réclamant un gouvernement d’union nationale, une
révision de la Constitution rédigée par une
commission dominée par les islamistes et des garanties
pour préserver l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Après les fatwas contre des chefs de l’opposition, le
ministère de l’Intérieur a renforcé la
sécurité autour des domiciles de deux principaux
opposants, Mohamed ElBaradei et Hamdeen Sabbahi, dont les
noms ont été cités par l’un des religieux
dans son édit.

M. ElBaradei, de tendance libérale, et M. Sabbahi, un
nationaliste de gauche, sont tous deux membres du Front du
salut national (FSN), principale coalition de l’opposition
laïque, opposée à M. Morsi.

Mercredi, M. ElBaradei s’était insurgé contre la
lenteur du gouvernement à réagir à la fatwa. »Le régime reste silencieux alors qu’une nouvelle
fatwa autorise à tuer l’opposition au nom de l’islam.La religion ne peut encore une fois être utilisée
et détournée », avait-il affirmé.

Jeudi, Al-Azhar, la plus haute instance de l’islam sunnite
basée au Caire, a prévenu que de tels édits
pouvaient conduire à « la sédition et au désordre ».



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