Egypte : la nouvelle Constitution approuvée par les deux tiers des votants

25 décembre 2012

Egypte : la nouvelle Constitution approuvée par les deux tiers des votants

Le secrétaire général de l’Assemblée constituante égyptienne Amr Darrag montre une copie du projet de nouvelle constitution, le 4 décembre 2012 au Caire ©AFP

LE CAIRE (AFP) – (AFP)

La
Constitution controversée défendue par les
islamistes au pouvoir en Egypte a été
approuvée par près de 64% des votants, a
confirmé mardi la commission électorale, au terme
d’un référendum entaché, selon l’opposition, d’irrégularités.

63,8% des près de 52 millions d’électeurs inscrits
se sont prononcés en faveur du projet de loi
fondamentale et le taux de participation a été de
32,9%, a annoncé à la presse le président de
la commission Samir Aboul Maati, confirmant des chiffres officieux.

« Il n’y a pas de vaincu dans le résultat de ce
référendum.Cette Constitution sera celle de
tous » les Egyptiens, a réagi le Premier ministre
Hicham Qandil, appelant « toutes les forces politiques
à coopérer avec le gouvernement (…) pour donner
une chance à la nation de reprendre son souffle et pour
que l’économie se rétablisse ».

L’opposition, de son côté, a répété
qu’elle rejetait ces résultats.

« Les procédures légales suivent leur cours
après les plaintes que nous avons déposées
auprès du Parquet pour les violations et fraudes
constatées », a dit à l’AFP Khaled Dawoud,
porte-parole du Front du salut national (FSN), la principale
coalition de l’opposition rassemblant des mouvements de
gauche et des libéraux.

Sans
mentionner les fraudes présumées, le
président de la commission électorale a
indiqué avoir examiné toutes les plaintes,
assurant que le processus s’était déroulé
sous la supervision des juges comme c’est la règle en Egypte.

Plusieurs ONG ainsi que l’opposition avaient assuré que
des personnes s’étaient fait passer pour des magistrats
dans certains bureaux de vote.

M. Aboul Maati a toutefois indiqué que les
résultats de certains bureaux avaient été
invalidés, notamment parce qu’ils avaient fermé
avant l’heure fixée par la commission.

« Nous nous préparons pour les législatives.Nous avons grand espoir de l’emporter et si nous gagnons,
notre priorité sera une nouvelle Constitution », a
ajouté M. Dawoud.

Des législatives sont en effet prévues pour dans
les deux mois suivant l’adoption de la Constitution.

Le Sénat, dominé par les islamistes, va
récupérer le pouvoir législatif jusqu’ici
détenu par le président Mohamed Morsi,
jusqu’à l’élection d’une nouvelle chambre des
députés.Il se réunit mercredi sur ordre du
chef de l’Etat.

Le
référendum s’est déroulé sous haute
tension les 15 et 22 décembre, après des semaines
d’une grave crise politique et de manifestations rivales qui
ont parfois dégénéré en violences meurtrières.

Les Etats-Unis ont affirmé que le président Morsi
avait « la responsabilité d’agir d’une façon
qui reconnaisse le besoin urgent de mettre fin aux
divisions, de bâtir la confiance et d’élargir le
soutien au processus politique ».

Quant à la responsable de la diplomatie européenne,
Catherine Ashton, elle a appelé Mohamed Morsi à
« rétablir la confiance » dans la démocratie.

« Je note que la participation a été de
33% », « J’appelle toutes les parties au dialogue
afin de progresser vers la démocratie et je presse en
particulier le président d’agir en ce sens »,
a-t-elle souligné dans un communiqué.

Pour le camp présidentiel, la nouvelle Constitution
permettra de doter l’Egypte d’un cadre institutionnel stable
après la période de transition tumultueuse qui a
suivi la chute d’Hosni Moubarak le 11 février 2011.

L’opposition affirme que
le texte, rédigé par une commission dominée
par les islamistes, porte atteinte à certaines
libertés et ouvre la voie à une islamisation plus
poussée de la législation.Elle accuse aussi les
islamistes d’avoir assimilé le scrutin à un vote
sur la charia (loi islamique).

Le président Morsi a donc réussi son pari de faire
adopter le texte, mais au prix d’une crise qui a divisé
l’Egypte.Et avant le référendum, un haut
responsable du parti islamiste de M. Morsi, Amr Darrag,
avait estimé qu’ »il ne serait pas bon » que le
texte soit approuvé avec moins de 70% des voix.

Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères
musulmans, a malgré tout félicité « le
peuple égyptien pour l’approbation de la Constitution
de l’Egypte de la révolution ».

La crise qui a secoué le pays est la plus grave depuis
l’élection en juin de M. Morsi.Huit personnes ont
été tuées début décembre dans des
affrontements d’une rare violence devant le palais
présidentiel au Caire.

L’Egypte fait aussi face à de graves difficultés
économiques, avec un déficit budgétaire en
hausse et des réserves de devises en berne.



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