Egypte : la police cherche à disperser les manifestants anti-Morsi au Caire

24 novembre 2012

Egypte : la police cherche à disperser les manifestants anti-Morsi au Caire

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Tirs de gaz lacrymogènes contre les manifestants opposés au président égyptien Mohamed Morsi, le 23 novembre 2012 place Tahrir au Caire ©AFP

LE CAIRE (AFP) – (AFP)

Les forces
de sécurité ont tiré samedi au Caire des gaz
lacrymogènes pour disperser des opposants au
président Mohamed Morsi, Washington et l’Europe exprimant
leur inquiétude après la décision du chef de
l’Etat islamiste de renforcer ses pouvoirs déjà
très étendus.

Une trentaine de tentes étaient installées sur la
place Tahrir, des opposants ayant décidé
d’observer depuis la veille un sit-in pour protester contre
les nouvelles prérogatives de M. Morsi, a constaté
un journaliste de l’AFP.

De petits groupes de manifestants continuaient d’occuper la
place en fin de matinée, après avoir fui un peu
plus tôt les gaz lacrymogènes en se réfugiant
dans des rues adjacentes.Le trafic était quasiment
interrompu sur ce grand carrefour habituellement
encombré du centre-ville.

« L’Egypte entre dans une nouvelle révolution car
notre intention n’était pas de remplacer un dictateur
par un autre », a déclaré un manifestant,
Mohammed al-Gamal, en allusion à la révolte
populaire qui avait renversé Hosni Moubarak en
février 2011.

La veille, des milliers de personnes s’étaient
rassemblées sur cette place à l’appel de
personnalités ou de mouvements laïques et
libéraux en criant « Morsi dictateur », alors que
des manifestants avaient incendié des locaux du parti
politique issu des Frères musulmans dans d’autres
villes du pays.

Une manifestation rivale, aux cris de « Morsi on
t’aime » s’était tenue devant le palais
présidentiel dans la capitale, en soutien au
président qui s’est dit déterminé à
assumer ses pouvoirs renforcés annoncés jeudi dans
une « déclaration constitutionnelle ».

Candidat des
Frères musulmans, M. Morsi, élu en juin, dispose
déjà du pouvoir exécutif mais aussi
législatif, l’Assemblée ayant été
dissoute avant son élection.Ces nouvelles
prérogatives mettent ses décisions à l’abri
de recours devant un pouvoir judiciaire avec qui il
entretient des relations houleuses.

Vendredi devant ses ses supporters devant le palais
présidentiel, il a promis que le pays continuerait sur
la voie de « la liberté et la démocratie ».Pour ses partisans, le renforcement de ses pouvoirs
permettra d’accélerer les réformes en ce sens.

Ces dispositions sont censées durer jusqu’à
l’adoption d’une nouvelle Constitution, un processus
aujourd’hui enlisé et qui pourrait prendre plusieurs mois.

Le Courant populaire, dirigé par le nationaliste de
gauche Hamdeen Sabbahi, troisième de la
présidentielle de juin, a appelé à une
manifestation de masse mardi pour obtenir que M. Morsi
revienne sur ses décisions.

D’autres ténors de l’opposition, comme l’ancien chef de
la Ligue arabe Amr Moussa et l’ancien chef de l’agence
nucléaire de l’ONU Mohamed ElBaradei ont également
dénoncé les mesures prises par M. Morsi,
qualifié de « nouveau pharaon ».

Dans la communauté internationale, Américains et
Européens ont exprimé leur inquiétude de voir
ces mesures entraver la démocratisation du pays le plus
peuplé du monde arabe.

Washington a rappelé que « l’une des aspirations de
la révolution (de 2011) était de s’assurer que le
pouvoir ne serait pas trop concentré entre les mains
d’une seule personne ou d’une institution ».

Le
département d’Etat américain a souligné que
le renforcement des pouvoirs de M. Morsi « suscitait des
inquiétudes » et appelé les différentes
parties à résoudre leurs différends « par
le dialogue démocratique ».

L’Union européenne a appelé le président
égyptien à respecter « le processus
démocratique » et Paris a estimé que les
décisions prises n’allaient pas « dans la bonne direction ».

Des organisations de défense des droits de l’Homme ont
critiqué M. Morsi.

« Les nouveaux pouvoirs annoncés par le
président égyptien foulent l’Etat de droit et
annoncent une nouvelle ère de répression »,
affirme Amnesty International dans un communiqué.

Pour Freedom House, basée à Washington, ces
décisions « étendent les pouvoirs
présidentiels au delà de ceux qu’avaient ses
prédécesseurs, y compris Moubarak ».



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