Egypte : manifestations de soutien au président attendues, juges en grève

25 novembre 2012

Egypte : manifestations de soutien au président attendues, juges en grève

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Le président Morsi s’adresse à ses partisans, le 23 novembre 2012 au Caire ©AFP

LE CAIRE (AFP) – (AFP)

 Les
partisans du président Mohamed Morsi s’apprêtaient
à manifester à l’appel des puissants Frères
musulmans, dimanche en Egypte, en proie à une
épreuve de force entre l’exécutif et le pouvoir
judiciaire, dont des juges sont en grève.

Il s’agit de la première crise majeure en Egypte depuis
l’élection en juin de M. Morsi, devenu le premier
président islamiste et civil du pays seize mois
après la chute en février 2011 du président
Hosni Moubarak par une révolte populaire.

Elle a été déclenchée le 22 novembre avec
l’annonce d’une « déclaration constitutionnelle »
par laquelle M. Morsi s’est doté de larges pouvoirs
afin, selon son camp, d’accélérer les
réformes démocratiques et en particulier la
rédaction d’une nouvelle Constitution.

Les
détracteurs du président l’accusent de se
comporter, comme son prédécesseur, en
« pharaon » et de mettre en péril
l’indépendance du pouvoir judiciaire et les acquis de
la révolution, ses décisions étant
désormais à l’abri de recours devant la justice.

Ebranlée par cette crise qui divise le pays, la Bourse
du Caire perdait à la mi-journée plus de 9,49%,
avec le principal indice, l’EGX-30 à 4.923,19 points.

Prenant la tête du mouvement de contestation, le Club
des juges a dénoncé une « attaque sans
précédent contre les jugements du pouvoir
judiciaire » et a appelé à une grève des
tribunaux du pays.

Selon le juge Issam al-Tobgi, les « assemblées
générales » des tribunaux dans chacune des 27
provinces, à l’exception de celles d’Alexandrie et
Beheira (nord) qui ont déjà annoncé un
arrêt de travail, ont entamé des réunions
pour décider de suivre ou non l’appel à la grève.

Le juge a expliqué à l’AFP que le résultat
dépendrait « de l’allégeance ou non des membres
de ces assemblées au ministre de la Justice »
nommé par M. Morsi, qui cumule déjà pouvoir
exécutif et législatif, l’Assemblée ayant
été dissoute avant son élection.

A Alexandrie, deuxième ville du pays, et dans la
province voisine de Beheira, les juges ont exigé
« l’annulation » de la « déclaration
constitutionnelle » avant de reprendre le travail.

« Appuyer les décisions du président »

En revanche, les Frères musulmans, dont est issu le
président, ont appelé dans un

communiqué à des
manifestations à la sortie des mosquées après
la prière de l’après-midi dans toutes les
provinces pour « appuyer les décisions du président ».

 Ils ont aussi appelé à une manifestation
massive mardi sur la place Midane au Caire, près de la
place Tahrir où les opposants au président
prévoient un grand rassemblement le même jour.

Pour justifier l’action de M. Morsi, son camp argue que le
pouvoir judiciaire -au sein duquel nombre des juges ont
été nommés sous Moubarak- a cherché
à bloquer la rédaction d’une Constitution par des
procédures contre la composition de la commission constituante.

Le président a alors décidé de prendre les
choses en main pour permettre à cette assemblée
dominée par les islamistes de faire son travail afin
qu’une nouvelle Constitution puisse être rapidement
soumise à référendum avant la tenue de
nouvelles élections législatives, expliquent ses partisans.

Ils rappellent que les nouvelles prérogatives prendront
fin dès que la nouvelle Constitution aura été
adoptée.Le président a donné à la
commission constituante un nouveau délai de deux mois,
jusqu’en février, pour finir ses travaux.

Sur le terrain, le sit-in entamé vendredi soir par des
militants laïcs et libéraux se poursuivait sur la
place Tahrir, où une trentaine de tentes ont
été érigées, pour protester contre le président.

La circulation était toujours interdite sur cet
important axe routier aux abords duquel se trouvait un petit
nombre de manifestants.

Dans la grande rue Qasr al-Eini, adjacente de la place, les
forces de sécurité ont commencé à
construire un « mur » pour empêcher les
protestataires de s’approcher des bâtiments officiels
et éviter les affrontements, selon des témoins.

Les Etats-Unis et l’Europe ont exprimé vendredi leur
inquiétude quant aux décisions de M. Morsi et
l’ambassade des Etats-Unis a demandé à ses
employés d’éviter le métro du Caire et à
ses ressortissants de s’abstenir de se rendre dans les lieux
de rassemblements, susceptibles de dégénérer.



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