Elections des gouverneurs des îles : La désignation des candidats, un casse-tête pour les partis ?

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POLITIQUE. Le fait que la Crc, une des rares formations au sein de laquelle la question du titulaire à la candidature aux primaires présidentielles est définitivement tranchée, n’ait pas encore ficelé ses candidatures témoigne de la difficulté pour les partis à composer leurs listes idéales. La prudence semble être devenu la règle dans tous les états-majors, le moindre faux-pas pouvant entraîner de sérieuses dissensions internes.

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Moins d’un mois avant la convocation du collège électoral pour la primaire de la présidentielle de l’Union et le premier tour des élections des gouverneurs des îles, qui devraient intervenir le 23 novembre prochain, aucune formation politique ou presque n’est encore parvenue à désigner et à diffuser les noms de ses candidats à la présidentielle (présidents et vice-présidents) et au poste de gouverneur.

La multitude de partis et des exigences engendrées par le couplage de l’élection présidentielle aux élections des gouverneurs des îles semble avoir compliqué, plus encore, “le processus de négociations”. “Le processus de négociation se poursuit. Nous n’avons pas encore désigné de candidats”, a indiqué un responsable de la Convention pour le renouveau des Comores (Crc). Pourtant, la Crc est l’une des rares formations dont la question du titulaire à la candidature aux primaires présidentielles est définitivement tranchée.

De la rupture aux “réglages”

Le fait que le parti du colonel Azali n’ait pas encore ficelé ses candidatures témoigne de la difficulté pour les partis à composer leurs listes idéales. La prudence est de mise dans tous les états-majors où le moindre faux-pas peut donner lieu à des dissensions internes.

“La rupture est consommée entre nous et le gouverneur Mouigni Baraka Saïd Soilih”, a confié l’ancien directeur général des douanes, jusque-là l’un des ténors du Rassemblement démocratique des Comores (Rdc). Pour le moment, Ali Hamissi et les siens ne se sont pas encore positionnés . “Il reste juste quelques petites choses à régler”, a confié le mentor du président du conseil de l’île de Ngazidja.

Au parti Juwa, où, comme à la Crc, on semble disposer d’un “candidat naturel”, les choses ne sont pas plus aisées dans la désignation des candidats à la vice-présidence et ceux au poste de gouverneur. Les candidats à ces deux élections seraient plus nombreux au point que le parti envisage une primaire pour les départager, du moins pour les élections des gouverneurs.

Dans l’île de Djumbe Fatima, la plupart des potentiels candidats sont des “indépendants” ou “indépendantes”. Ils ne sont pas soumis aux contraintes des négociations et des réunions de validation de leur candidature avant de commencer à informer leurs amis et proches de leur décision.

L’ancien président de l’île, Mohamed Fazul, aurait confirmé à des amis qu’il est candidat au poste de gouverneur. Tout comme Aboubacar Hassanaly “qui se prépare depuis de longs mois” ou encore Mariama Haidar sans oublier l’ancien ministre chargé des élections en 2010, Achiraf Ben Cheick.

Une multiplication par la division

L’on doit rappeler aussi que l’actuel gouverneur, Mohamed Ali Saïd, qui a quitté l’Updc avec armes et bagages pour se rallier à Mouigni Baraka Saïd Soilih, souhaite également rempiler. Les partisans de l’ancien directeur de Comores Télécom, Abiamri Mahamoud, continuent de parler du souhait de ce militant de l’Updc de faire acte de candidature et ceci, malgré le pas franchi par la première dame vers l’officialisation de sa candidature sous les couleurs du même Updc, en début de semaine.

A Ndzuani, des militants des partis n’attendent pas l’aval de leur leader pour déjà informer qu’ils sont bien candidats. Ali Ben Ali du Juwa a déjà affiché ses ambitions dans les ondes des radios locales à un moment où là-bas, certains membres du parti préconisent une primaire par les “grands électeurs” du parti et que d’autres penchent plutôt pour une désignation par le président d’honneur du parti. Un autre candidat déclaré, c’est Yasser Ali Assoumani, coordinateur du Parti pour le salut national (PSN) qui a annoncé sa candidature pour les élections de gouverneur au cours d’un mini-congrès tenu dans l’île.

Il pourrait se trouver en face du gouverneur Anissi Chamsidine dont il fut le conseiller en communication et qui souhaiterait se succéder à lui-même. Nourdine Midiladji, qui a participé aux dernières législatives en indépendant, souhaite aussi faire acte de candidature “sans étiquette” mais aspirerait à des soutiens issus des divergences de l’Updc dans l’île.

Saminya Bounou / Alwatwan

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