Emploi : Pourquoi la société nationale de pêche est toujours en veilleuse ?

L’usine nationale de pêche ouverte en 2015 à Voidjou tourne au ralenti. Et pour cause, le pays ne dispose pas d’un laboratoire de contrôle qualité mais aussi, il est sous le joug d’un carton rouge infligé par la commission Européenne, empêchant de facto l’archipel d’exporter ses produits halieutiques vers ce marché rentable. Mais les autorités, notamment l’office national des contrôle qualité et certification des produits halieutiques, n’en conviennent pas. Si les portes du marché européen nous sont fermées, d’autres sont ouvertes pour sortir de l’ornière.

En effet, selon les responsables de ce dernier, ces arguments ne sont « aucunement » susceptibles d’empêcher l’entreprise de tourner à plein régime. « Certes le pays ne dispose pas d’un laboratoire localement, pour le contrôle qualité, mais nous avons signé une convention avec l’institut pasteur de Madagascar à cet effet. Donc nous pouvons dire que nous avons un laboratoire même si ça nous coute un peu cher, mais nous y faisons face », affirme Ismael Ahamada, le directeur dudit office, entouré de son équipe hier lors d’un entretien avec La Gazette des Comores dans son bureau à Moroni.
Si « la question du laboratoire est résolue », le carton rouge que le pays a reçu en mai 

2017 (après un carton jaune en octobre 2015) pour  l’usage abusif de son drapeau comme pavillon de complaisance, est-il contraignant quant aux activités de cet usine capable d’absorber jusqu’à 4000 salariés ? Sur ce point précis, l’office de contrôle qualité n’y va pas avec le dos de la cuiller. Selon les responsable une entreprise chinoise dénommée « Prosper Societe Investissement Company » qui pratique la pêche dans les eaux comoriennes « exportent ses produits en Chine ». 
Mais ce n’est pas tout. Une autre société, italienne cette fois, dénommée RAZ Industries, exportait elle aussi nos produits halieutique à Dubaï, il n’y a pas longtemps. « Pourquoi la société nationale de pêche n’exporte pas les poissons dans d’autres marchés qu’en Europe ? », s’interroge l’office qui persiste et signe qu’il est à même de remplir les missions qui lui sont dévolues en tant qu’autorité de contrôle qualité, contrairement à ce qu’on dit ici et là. Un autre pair de manches, nos interlocuteurs affirment que l’usine de pêche ne leur a « jamais adressé un demande d’agrément ».
L’usine de pêche est dotée d’une capacité de production journalière de 21 à 22 tonnes, dont entre 18 et 19 à exporter, sachant que les besoins en consommation de la population comorienne sont estimés à 2,5 tonnes par jour, selon le président de la commission parlementaire Haki, le député Oumouri Mmadi qui a eu à gérer ce dossier. Mais force est de constater que même la demande locale n’est pas répondue et ce malgré les matériels de pointe, à foison de surcroît, à la disposition de ladite usine. 
32 millions de dollars qui auraient été investis dans cette usine « capable de fournir de l’emploi direct à 4000 personnes ». 30,91%, des actions sont détenues par le fond qatari pour le développement, 17,2% par Qatar Charity, 17,2% par la fondation caritative Sheikh Eid Bin Mihamed Al-Thani également de Qatar, 8,51% par les Comores…Soit dit en passant, il y a de cela moins de deux mois une cinquantaine d’employés sont mis à la porte. Encore des nouveaux venus dans le chômage.
Toufé Maecha/LGDC

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