En Allemagne, le SPD lance sa campagne sur les questions sociales

Cinq jours après la CDU, le parti social-démocrate a à son tour, dimanche 9 décembre, donné le coup d’envoi à sa campagne.  A l’issue d’un congrès extraordinaire qui s’est tenu à Hanovre, Peer Steinbrück a officiellement été désigné candidat du parti pour tenter de devenir chancelier à l’issue de élections législatives qui se dérouleront le 22 septembre 2013.  Sa candidature a été approuvée par 93,45% des mandants. Un score très élevé mais inférieur à celui obtenu par Angela Merkel mardi (97,94%) et à celui du candidat social-démocrate, Franck-Walter Steinmeier en 2009: 95%.  Néanmoins, vu que le début de la campagne de Peer Steinbrück a été marqué par une vigoureuse polémique sur ses revenus tirés de nombreuses conférences, ce score indique que les militants du SPD serrent les rangs  même si la gauche du parti ne le porte pas forcément dans son coeur.

En présence des deux anciens chanceliers, Helmut Schmidt et Gerhard Schröder, Peer Steinbrück  a quasiment consacré l’intégralité de son long discours (1h45) aux questions sociales.

Certes le pays va bien a reconnu l’ancien ministre des finances (2005-2009) de la grande coalition  mais les inégalités gagnent du terrain. Près de 7 millions de personnes travaillent pour un salaire horaire inférieur à 8,50 euros dont 1,3 million pour moins de 5 euros/heure. 400000 intérimaires gagnent 40% de moins que les salariés de même qualification bénéficiant d’un contrat de travail « normal » et  presque la moitié des nouveaux contrats de travail sont à durée limitée, a dit le candidat. Celui-ci s’est prononcé pour un salaire mimimum légal à 8,50 euros de l’heure, pour l’égalité des salaires entre CDD et CDI, pour le développement de la formation. De même a-il indiqué que s’il était élu il augmenterait « quelques impôts pour quelques-uns » avec un triple objectif: l’amélioration de la formation des jeunes, le désendettement des communes et l’amélioration des infrastructures.  Le candidat exclut d’augmenter l’endettement du pays. Au contraire, il a rappelé l’importance du « frein à la dette » qui contraint l’Etat à terme, à avoir un budget équilibré. D’où la « réactivation d’un impôt sur la fortune » dont il n’a précisé le montant.

Par ailleurs, « même si c’est impopulaire », le candidat du SPD veut augmenter « d’au moins 0,5% » la cotisation-dépendance. 

Alors que nombre d’Allemands se plaignent de l’augmentation importante des loyers dans les grandes villes et que les jeunes ont de plus en plus de difficultés à ses loger, Peer Steinbrück a promis un « plan d’action national pour le logement et le développement urbain »

Critiquent  Angela Merkel pour avoir isolé l’Allemagne en Europe, le candidat s’est engagé à avoir de bonnes relations avec les autres pays européens mais sans entrer dans le détail. Il n’a pas prononcé la phrase prévue dans son texte initial sur l’amitié entre la France et l’Allemagne.

 

Reprochant à la CDU d’avoir comme seul programme la réelection d’Angela Merkel, Peer Steinbrück a rappelé qu’il souhaitait un « changement complet » de gouvernement et plaidé pour une coalition SPD-Verts.  Il a également rappelé qu’il n’est pas « disponible » pour une grande coalition CDU-SPD. Pourtant, si l’on en croit les sondages, celle-ci est très probable. Dans ce cas, si Peer Steinbrück confirme qu’il n’est « pas disponible » pour devenir le vice-chancelier d’Angela Merkel, un autre dirigeant du SPD devrait l’être: vraisemblement Franck-Walter Steinmeier, actuellement président du groupe parlementaire social-démocrate au Bundestag.

 



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