Environnement : La vulnérabilité des Comores est-elle une fatalité ?

En Octobre 2011, le coordonnateur Résident du Système des Nations-Unies aux Comores de l’époque, Opia Mensah Kumah affirmait dans l’éditorial du bulletin d’information du Pnud que les Comores étaient sur le chemin du développement durable. Or, depuis quelques années, le niveau d’éducation des jeunes comoriens est en déclin. Il pose question de la réorientation des jeunes. La formation professionnelle liée aux ressources naturelles du pays pourrait être une éventuelle solution.

Depuis quelques années, les institutions internationales se mobilisent pour aider les Comores à gérer leur ressource en eau. L’Agence Française de Développement (AFD) dote le pays de systèmes d’adduction d’eau notamment à Mohéli et à Anjouan dans le cadre du programme d’Appui à la gestion communautaire et du projet de renforcement du service de l’eau. Il y a deux ans, un projet d’adduction d’eau d’un montant de 4,2 millions euros a été entrepris à Sima (Anjouan) pour permettre à la population d’avoir accès à l’eau potable. Mais, la gestion de l’eau demeure un lourd fardeau pour les îles.

En Grande Comore, l’approvisionnement en eau potable est très difficile. D’après l’AFD, 64% de la population n’a pas accès à l’eau potable. L’institution déplore le manque de légitimité des associations dans ce domaine. Mais, dans le cadre du codéveloppement, l’ONG Hydraulique sans Frontière (HSF) a répondu à un appel d’offre. Elle termine actuellement un projet de 5 ans dans l’adduction d’eau de la région de Washili. Ce projet est soutenu par l’Union Européenne, le Syndicat des Eaux d’Ile de France (SEDIF) et le Codéveloppement pour l’Union des Comores (PCUC).

Les Comores s’engagent aussi depuis quelques années dans une soixantaine de projets soutenus par les agences du Système des Nations-Unies dans le cadre du plan stratégique national (PNS) regroupant toutes les interventions de lutte nationale contre le changement climatique. En Janvier 2012, le Pnud lance un programme d’adaptation au changement climatique des ressources en eau à Mbatsé-Howani (Mohéli), à Lingoni-Pomoni et Daji-Hasimpao (Anjouan) et Moroni et Diboini (Grande Comore). L’un de ces projets concerne la gestion de l’eau. Le thème de l’eau fait l’objet de nombreuses attentions aux Comores depuis de nombreuses années entre les différentes sociétés nationales et les institutions internationales. Sans résultats probants. Le problème récurrent des déchets et de la déforestation sont les principales causes de la mauvaise gestion de l’eau dans les îles.

Sans gestion, pas de ressources

Les Comores font partie des pays particulièrement vulnérables aux changements climatiques. Depuis l’année 2009, les villes de Bambao, Hambu et Dimani en Grande-Comore, Cuvette, Moya, Domoni, Mutsamudu et Wani à Anjouan, Miringoni, Fomboni, Hoani et Wala à Moheli sont clairement identifiées par les Nations-Unies comme les zones à risques de catastrophes naturelles aux Comores. D’après les scientifiques, les pluies torrentielles du mois d’Avril sont l’une des conséquences des changements climatiques mais aussi de la mauvaise gestion des ressources naturelles dans le pays. En 2011, pour faire face à la perte chaque année de 500 hectares de forêt, les Comores ont été soutenues par le Pnud.

Le pays affirme être favorable à l’économie verte et à la création de postes liés à une meilleure gestion des espaces verts. 500000 espèces forestières, dont 90000 à Mohéli, 240 000 en Grande Comore et 237500 à Anjouan ont été plantées via la campagne « un comorien, un arbre ». Au Sommet de la Terre « Rio+20 », le président Ikililou Dhoinine a souligné l’importance de l’économie verte, mais ausi des énergies renouvelables, le transfert des technologies ainsi que l’aide financière aux pays les plus pauvres, notamment les Petits Etats Insulaires en Développement (Pied).

Durant l’une des tables rondes co-présidée par Dalia Grybauskaitė, présidente de la Lituanie, et Laura Chinchilla Miranda, présidente du Costa Rica, de nombreux orateurs ont aussi appuyé l’obligation de financer les ressources technologiques des pays en développement et des Pied «en reconnaissance des torts historiques ».

Les Comores appartenant à l’Afrique et aux Pied subissent les conséquences des émissions de gaz carbonique. Le continent africain n’émet que 4% de gaz à effet de serre. Mais vingt ans après le sommet de la Terre, les ONG et les scientifiques sont déçus du peu d’engagements financiers des Etats membres des Nations-Unies. D’après l’institution internationale, les gouvernements du monde entier, le secteur privé et les organisations de la société civile ont promis de mobiliser 513 milliards de dollars pour financer le développement durable.

Mais, le texte de 49 pages, « l’avenir que nous voulons » n’est pas la hauteur des attentes de la société civile. Même si un paragraphe est consacré à la gestion des océans. Avant 2014, les 193 Etats membres « s’engagent à s’occuper en urgence du problème de la diversité biologique marine dans les zones au-delà de la juridiction nationale ». Les Etats membres vont faire le nécessaire d’ici l’année 2015 pour « maintenir ou restaurer les stocks de poisson à des niveaux de production durable maximum ». Ils s’engagent également à baisser considérablement, la quantité de déchets en mer d’ici 2025.

La meilleure maîtrise des ressources halieutiques et de l’espace marin aux Comores pourrait favoriser le développement des îles à travers l’économie bleue, un concept novateur lié à la gestion des océans. En marge des négociations, la Commission de l’Océan Indien (Coi), le Centre pour le Changement Climatique de la Communauté Caribéenne (5Cs), le Programme environnemental de la région Pacifique (SPRED) ont signé un protocole d’accord pour permettre aux Pied un meilleur accès au financement.

Les îles pourraient alors bénéficier des avantages de ces accords. Connue pour les nombreuses signatures de conventions, l’Union peine à suivre les recommandations des conventions signées. Les Comores comme beaucoup de pays en Afrique ont un manque de ressources humaines dans les domaines techniques. La chute régulière du niveau du système d’éducation pose question. Vivant essentiellement de l’agriculture mais dans de rudes conditions, les îles de la lune doivent-elles orienter leurs écoliers, scolarisés et déscolarisés vers la formation professionnelle en rapport direct avec les ressources naturelles du pays?

Houmi Ahamed-Mikidache

Source: HZK-Presse

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