État d’urgence en France, état d’exception permanent à Mayotte

Comme vous, nous avons choisi notre camp : celui des travailleurs, celui de l’Internationale.

Nous affirmons notre solidarité avec les victimes des attentats qui ne tombent pas du ciel, contrairement à ce que prétendent les intégristes religieux ou capitalistes.
Et nous ne sommes pas dupes, l’état d’urgence n’empêche pas les attentats mais, tout en devenant un prétexte facile à des interventions militaires diverses et variées, il est l’outil rêvé pour réprimer les luttes sociales. En ce qui nous concerne, la manifestation en cage du 23 juin 2016 est inscrite dans nos mémoires, plus jamais ça ! C’est pourquoi nous appelons au rassemblement du 19 juin devant l’Assemblée Nationale avec le Front Social pour que les députés, le gouvernement et les centrales syndicales comptent sur notre détermination à combattre la casse programmée de notre protection sociale, l’état d’urgence et les violences policières qui en découlent.

Kwassa-kwassa. Quoi ça ? Quoi ça ? C’est quoi ça ? C’est qui ça ? C’est qui ce type-là qui blague comme ça ?

C’est notre Président : « Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du comorien !« 

À propos de Mayotte, en voilà de bonnes, de blagues…

Mayotte, c’est quoi ça ?
Mayotte (Maore) fait partie de l’archipel des Comores, elle est vendue à la France en 1841. Entre 1886 et 1892, le protectorat français s’étend aux autres îles de l’archipel (Grande Comore, Anjouan et Mohéli).
Après le référendum de 1974, les Comores gagnent leur indépendance. Mais la France poursuit l’occupation de Mayotte et organise d’autres référendums pour tenter de légitimer sa présence au mépris des résolutions de l’ONU, jusqu’à la départementalisation en 2011. Pourquoi ? Pour des raisons de stratégie militaire, bien entendu !

Kwassa-kwassa : 20 000 morts en 20 ans…
En 1995, la mise en place du « Visa Balladur » a criminalisé les déplacements entre les îles (habituels dans cet archipel) et a contraint les Comoriens à utiliser les kwassa-kwassa, ces fines barques de pêche longues de 7m, qui tanguent énormément et dans lesquelles peuvent s’entasser une cinquantaine de personnes. Mais le poète comorien, Soeuf Eldabawi en parle mieux que nous : « Ce mur Balladur génère des milliers de morts. A Moroni, capitale de l’archipel, le chiffre de vingt mille morts résonne en écho avec les barques arraisonnées et brûlées. Vingt mille morts ayant commis le crime de circuler dans leur pays, sur la terre de leurs aïeux. Vingt mille morts, soit près de 2% de la population de cet archipel. »

cie-joliemome.org

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