États-Unis : scandale dans la police scientifique.Des innocents en prison ?

" Annie Dookhan a prétendu être chimiste pendant dix ans et aurait falsifié des analyses. (Université de Boston ; Horia Varlan – Flickr – CC ; montage BFMTV) "

Une chimiste travaillant pour la police scientifique de Boston est soupçonnée d’avoir falsifié des milliers d’analyses dans des enquêtes criminelles.

 » Annie Dookhan a prétendu être chimiste pendant dix ans et aurait falsifié des analyses. (Université de Boston ; Horia Varlan – Flickr – CC ; montage BFMTV) « 

C’est une histoire incroyable qui secoue la police de Boston aux Etats-Unis depuis plusieurs semaines. À l’origine de ce scandale se trouve une jeune femme de 34 ans, Annie Dookhan, une chimiste travaillant pour le compte de la police scientifique.

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Pendant près de dix ans, elle a analysé des dizaines de milliers de pièces à conviction à la recherche de traces de stupéfiants, dans le cadre d’enquêtes policières. Problème : Annie Dookhan aurait falsifié la majorité de ses résultats.

Une employée trop parfaite

C’est pourtant parce qu’elle avait le profil de l’employée parfaite qu’Annie Dookhan a attiré les suspicions. Embauchée en 2003 au laboratoire Hinton State Laboratory Institute de Boston, la chimiste parvenait à analyser plus de 500 échantillons par mois, là où les autres chimistes en traitaient entre 50 et 150, raconte le quotidien Boston Globe.

Un rendement exceptionnel qui mettait mal à l’aise ses collègues, abasourdis par sa rapidité. Certains s’en étonnaient et ne manquaient pas de signaler les bizarreries de son comportement : on ne la voyait jamais assise devant un microscope, elle semblait très proche des procureurs qu’elle appelait régulièrement…

Jusqu’à ce jour de juin en 2011 où Annie Dookhan est prise en flagrant délit de vol de 90 pièces à conviction dans une salle. Une enquête ouverte en décembre dévoile le pot-aux-roses : la jeune femme affable et souriante est une vaste imposture. Elle n’a jamais suivi un seul cours de chimie, encore moins obtenu de diplôme, et aurait falsifié des centaines de rapports d’analyse de drogues.

Des innocents en prison ?

Des révélations accablantes qui conduisent à sa démission du laboratoire en mars, puis à son arrestation en septembre dernier. Devant les policiers, elle a reconnu ses malversations, sans donner l’impression de se rendre compte de la gravité des faits. Elle a reconnu avoir régulièrement identifié des drogues à l’œil nu, sans les analyser.

Sur un lot de 15 échantillons, si 5 se révélaient positifs, elle déclarait que tout le lot l’était. Pire, il lui est arrivé d’ajouter de la drogue à une pièce à conviction si celle-ci était vierge de toute trace, pour la rendre positive. Or, ce ne sont pas moins de 60.000 échantillons qui sont passés entre ses mains, dans le cadre de quelque 34.000 affaires. La justice a identifié pour le moment près de 1.150 personnes détenues sur la foi d’analyses opérées par l’apprentie sorcière, et en a déjà libéré 22. Mais les saisies d’avocats demandant la révision du procès de leurs clients ne cessent de se multiplier.

Libérée sous caution dans l’attente de son procès à l’été prochain, Annie Dookhan n’apparaît pas vraiment comme une manipulatrice machiavélique. Devant les policiers, elle se confond en excuses et assure qu’elle ne pensait pas faire de mal à qui que ce soit. Mère d’un jeune garçon, la « chimiste » risque jusqu’à vingt ans de prison.

Source BFMTV

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