Faire de l’alliance CRC-JUWA un facteur positif pour le pays

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L’accord CRC-JUWA est scellé à Mutsamudu dimanche 27 mars dernier. Ouf pourrait-on s’exclamer ! Malheureusement cela n’est pas encore possible. Il faut encore attendre que Sambi et Fahami s’expriment publiquement pour ce front uni. D’autant que le clan Ikililou-Mamadou-Msaïdié pris de panique, met les bouchées doubles pour saboter l’accord ou tout au moins semer les doutes sur l’accord pour lui enlever sa force de frappe.

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Sambi se mure dans un silence étrange, ses hésitations mettent en danger son parti. Même si les instances habilitées ont signé le protocole d’accord, l’absence de la parole du leader charismatique suscite de la suspicion. On voit donc des groupes contestataires surgir de tous les côtés, on médiatise des démissions. On redonne une certaine crédibilité à ceux qui, comme Ahmed Djaffar, Bourhane, avaient déjà quitté le navire. Sambi est-il conscient du risque d’implosion de son JUWA ? Ses calculs perso l’empêche-t-il de mesurer les véritables enjeux ? Un aveuglement qui peut conduire droit au mur !

Contracter une alliance avec l’ennemi ou l’adversaire d’hier n’est jamais facile. Les rancœurs accumulées, les chocs passés fournissent bien des arguments pour contrer l’ouverture. Considérer la situation d’ensemble, comprendre qu’aucun parti ne peut plus diriger tout seul, se faire une raison sur la nécessité de bâtir des fronts unis présuppose une vision de l’avenir qui ne soit pas uniquement personnel.

L’accord JUWA-CRC pour gagner les élections et partager le pouvoir est une chance « en or » pour le pays. En plus de faire échec à Mamadou, Il faut en effet comprendre qu’un des maux fondamentaux qui minent notre pays, c’est le règne d’un seul clan. Car le pouvoir devient « leur chose », NDE YATRU, alors ils en usent comme bon leur semble sans contre-pouvoir, ni limites. Le pouvoir devient un « gâteau » partagé entre les parents et amis. Ainsi désigne-t-on des ministres qui viennent de nulle part, des DG sans aucune compétence du domaine où ils sont investis, des malversations au vu et au su de tout le monde sont impunis, etc.

Partager réellement le pouvoir entre plusieurs forces exigera des négociations, imposera la prise en compte de critères autres que la simple préférence subjective. Cela peut être d’un grand apport positif pour le pays et pourra ouvrir des perspectives. Notre pays n’en a pas encore l’expérience alors que c’est dans ce type de dynamique que la démocratie devient effective et opère positivement.

Azali-Sambi, Sambi-Azali doivent jouer franc-jeu, faire preuve de loyauté l’un envers l’autre s’ils veulent devenir des vrais hommes d’Etat comoriens. Il ne s’agit pas de s’aimer mais de contracter des accords précis (avec le moins d’esprit possible) et de les respecter scrupuleusement à la lettre.

Idriss Mohamed

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