Farida Ahmed Karim, directrice des énergies renouvelables «Notre objectif est d’atteindre 55% en termes d’énergies renouvelables d’ici 2030»

Pour satisfaire ses besoins énergétiques, le gouvernement comorien espère se tourner vers le mix énergétique, c’est à dire utiliser plusieurs sources d’énergies renouvelables et se détacher des énergies fossiles que sont le diesel ou le fioul lourd. Farida Ahmed Karim, directrice des énergies renouvelables, a accepté de répondre aux questions de La Gazette des Comores/HZK-Presse. Actuellement, le pays utiliserait 1% d’énergie renouvelable et veut atteindre les 55% d’ici l’horizon 2030.

Question : Quelle est la nouvelle politique énergétique du gouvernement pour une croissance verte ?

Farida Ahmed Karim : La politique énergétique du gouvernement est d’aller vers le mix énergétique, c’est à dire avoir plusieurs sources d’énergie renouvelable et se détacher du fioul. Et pour ça, on compte développer plusieurs projets à commencer par le projet prioritaire qui est la géothermie. Si cela se concrétise, on peut aller jusqu’à 45 Mégawatt. Pour un début, on va juste exploiter 10 Mégawatt. Mais à côté de cela, on compte développer le solaire dans les 3 îles, l’hydraulique à Anjouan et pourquoi pas l’hydrolienne mais aussi l’éolienne. Notre objectif est d’atteindre 55% en termes d’énergies renouvelables d’ici 2030. 

Question : La population semble dubitative quant à la transition énergétique que le gouvernement entend opérer. Comment comptez-vous vous y prendre pour convaincre les Comoriens de se mettre aux énergies renouvelables ?

F.A.K : On priorise la consommation des énergies renouvelables dans le quotidien des gens. C’est à dire l’énergie solaire, en commençant par les bâtiments publics. C’est quelque chose qui peut se faire très rapidement. Sensibiliser les particuliers par des mesures incitatives pour qu’ils adoptent les énergies renouvelables en plaçant par exemple les panneaux photovoltaïques sur les toits des maisons. Donc pour ça, il y a un temps de travail à faire avec les banques et avec l’Etat. 

Question : Sur place, certains prennent des initiatives. Quelle sera la contribution de l’Etat pour pousser ces gens à en faire davantage ?

F.A.K : Beaucoup de communes prennent des initiatives pour utiliser l’énergie solaire. Ils l’ont fait, le plus souvent, pour combler le manque laissé par la Ma-mwé qui, à une certaine période, n’arrivait pas à fournir de l’électricité de façon régulière. Quoiqu’il en soit, les communes ont déjà initié des projets sur le solaire qui sert également dans l’éclairage public. C’est donc quelque chose qui commence à évoluer et qui est renforcé par la présence des sociétés privées qui sont spécialisées dans le solaire et qui font beaucoup d’efforts. Maintenant, il ne faut pas se dire que parce que la Ma-Mwé a stabilisé sa production, on ne fait plus l’effort de se tourner vers les énergies renouvelables. Il faut une politique qui consiste à inciter les gens à s’équiper en énergie solaire et aussi encourager les communautés à continuer dans ce sens. Et on espère avoir assez des ressources pour les accompagner car c’est vraiment important.
Question : Comment sensibiliser la population à la nécessité d’adopter les énergies renouvelables?

F.A.K : C’est là où le gouvernement doit faire des efforts parce qu’avant, les gens s’équipaient en panneaux solaires et autres parce qu’ils n’avaient pas d’électricité. Pour les ménages, c’est coûteux. Maintenant, c’est à nous de vraiment travailler sur la politique à mettre en place pour inciter les gens à utiliser les énergies renouvelables. C’est toute une campagne à faire. Je pense que 2018 sera l’année où il faudra sensibiliser les gens et le gouvernement sur les énergies renouvelables. Il s’agit aussi et surtout de les accompagner parce que cela a un coût. Les ménages ont besoin d’être accompagné via les crédits bail, des formules avec les banques pour que les ménages puissent s’équiper et décharger un peu aussi le poids auprès de la Ma-mwé. Fournir l’électricité 24h/24h, c’est coûteux pour la Ma-mwé. Avec cette stratégie, chacun va y gagner. 

Propos recueillis par Mohamed Youssouf/LGDC

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