Fatuma Eliyass, styliste «La mode, ma passion »

Fatuma Eliyass, styliste «La mode, ma passion »

Entre Fatuma Eliyass et la mode, c’est l’histoire d’une professeur d’Anglais tombée amoureuse des grands ciseaux et abandonne la craie. Un choix risqué mais judicieux car en si peu de temps, elle est devenue l’une des créatrices de mode, les plus cotées du pays. 
Fatuma Eliyass, styliste  «La mode, ma passion »
Charismatique, teint noir ébène, sourire colgate, beaucoup continue de l’appeler Teacher. Un titre qui reste comme un des derniers vestiges des années d’enseignement d’Anglais au lycée de Moroni. Pourtant, cela fait des années déjà depuis que Fatuma Eliyass a rangé la craie pour se consacrer totalement et entièrement à la mode. La passion a eu raison sur raison. « A travers mon métier, je vis une passion qui me donne beaucoup de liberté. Chose pour laquelle j’y tiens », martèle cette créatrice de mode de mère ougandaise et de père comorien. Depuis le quartier Djomani au sud de Moroni où se trouve son atelier, elle crée des habits pour les jeunes femmes, les dames, les enfants et les hommes. Et en si peu de temps, elle a conquis les coeurs des clients grâce à la perfection de ses models mais aussi à sa disponibilité.
Chez cette ancienne proviseur du lycée de Moroni, l’amour de la couture remonte à son enfance. Depuis toute petite, elle aidait les sœurs catholiques à coudre dans les périodes de vacance. C’est lorsqu’elle est partie faire ses études universitaires au Sénégal que sa passion se nourrit. « En parallèle à mes études, j’ai intégré l’atelier de couture Pape Sen. C’est que là que j’ai découvert la coupe du grand ciseau. A la fin de mes études, j’avais un savoir en plus à coté de mes diplômes universitaires. Et je ne regrette rien », dixit-elle.
Ancienne directrice générale de la Radio Comores, elle a misé sur la qualité du tissus pour faire émerger son talent. » J’utilise des tissus de bonne qualité africaine comme le bazin, le Wax, l’Indingo, le Bogolan, la toile crue et le chiromani, pour faire mes créations », indique-t-elle avant d’ajouter qu’elle reste  » le numéro 1 du style africain dans le pays en terme de qualité et de disponibilité. Je contribue aujourd’hui à une africanisation d’habillement et je suis à jour les modèles africains ».

Pour mieux satisfaire sa clientèle, Fatuma Eliyass fabrique aussi des produits artisanaux dérivés du textile. Des sacs à pin, sac pour ordinateur et d’autres accessoires sont mis à la dispositions des clients. Mais comme tout le monde dans le pays, elle se heurte à la crise énergétique. Et le faible pouvoir d’achat du comorien n’arrange pas les choses.
Fière de transmettre son savoir aux jeunes générations pour notamment palier aux problemes de main d’oeuvre qualifié, elle compte ouvrir un Centre d’Aptitude de Couture (CAP) pour encadrer les jeunes. Son souhait consiste à transmettre ses acquis pour susciter les jeunes à se lancer dans le stylisme.

Med Youssouf avec la rédaction Salwa Mag.Photo :Padre Oustadh

Salwa Mag

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