Faux orphelins du Tchad : les responsables de l’Arche de Zoé condamnés et arrêtés

12 février 2013

Faux orphelins du Tchad : les responsables de l’Arche de Zoé condamnés et arrêtés

Emilie Lelouch et Eric Breteau le 24 décembre 2007 à N’Djamena ©AFP

PARIS (AFP) – (AFP)

Le
président de L’Arche de Zoé, Eric Breteau, et sa
compagne Emilie Lelouch ont été condamnés
mardi à deux ans de prison ferme et arrêtés
à l’audience, pour avoir tenté d’exfiltrer depuis
le Tchad et vers la France 103 enfants 
présentés comme des orphelins du Darfour.

Breteau et Lelouch vont faire appel a annoncé leur
avocate.Cet appel sera formalisé « dans les 24
heures », a dit Me Céline Lorenzon à l’AFP,
ajoutant qu’ils déposeraient également une demande
de remise en liberté.

Alors qu’ils n’avaient pas assisté au procès, qui
s’est tenu du 3 au 12 décembre devant le tribunal
correctionnel de Paris, les deux principaux protagonistes de
cette affaire, désormais installés en Afrique du
Sud, se sont présentés mardi devant la justice
pour le délibéré.

Ils ont été arrêtés par les gendarmes en
vertu du mandat d’arrêt qui avait été
délivré à leur encontre par le tribunal,
conformément aux réquisitions du parquet.Ils
avaient semble-t-il envisagé un tel scénario et
préparé des sacs avec leurs effets personnels.

Eric Breteau et Emilie Lelouch vont désormais être
écroués et pourront demander une remise en
liberté s’ils font appel.S’ils choisissent de ne pas
contester leur condamnation, ils pourront demander un
aménagement de peine une fois passé le délai
d’appel, qui est de 10 jours.

Outre leur
peine de trois ans de prison, dont un avec sursis,
ils ont été condamnés à 50.000 euros
d’amende par le tribunal, qui les a reconnus coupables
d’escroquerie au préjudice de 358 familles d’accueil,
d’exercice illicite de l’activité d’intermédiaire
pour l’adoption et d’aide à l’entrée ou au
séjour de mineurs en situation irrégulière.

Défiance

Pendant la lecture des motivations par la présidente
Marie-Françoise Guidolin, qui a notamment souligné
leur « accumulation de mensonges et de mise en
scène », ils ont arboré une moue sceptique,
voire défiante.

L’opération de L’Arche de Zoé avait été
stoppée net le 25 octobre 2007, alors que l’association
s’apprêtait à embarquer avec 103 enfants
affublés de faux pansements dans un avion
spécialement affrété à destination de la France.

Le couple et quatre autres bénévoles avaient
été condamnés au Tchad à huit ans de
travaux forcés pour tentative d’enlèvement
d’enfants.Ces peines avaient été commuées en
années de prison en France, avant qu’ils ne soient tous
grâciés par le président tchadien Idriss
Déby à la fin mars 2008.

« C’est avec une grande joie que nous apprenons la
condamnation d’Eric Breteau et sa compagne.Ce qui confirme
que le banditisme dénoncé par le gouvernement
tchadien a été confirmé par la justice
française », a réagi Me Philippe Houssené,
avocat représentant l’Etat tchadien.

Accusés d’avoir joué sur le « désir
d’enfants » de familles d’accueil recrutées sur des
forums de discussion sur l’adoption, ils disaient vouloir
sauver des orphelins du Darfour.Mais, selon plusieurs ONG,
les enfants étaient pour la plupart tchadiens et
avaient au moins un parent en vie.

Si, lors des réunions avant l’opération, il avait
bien été précisé aux familles qu’il ne
s’agissait pas dans un premier temps d’adopter les enfants,
l’accusation avait estimé que la rhétorique
utilisée évoquait bien cette perspective.

Christophe Letien, un membre de l’association resté en
France, a été condamné à un an de prison
avec sursis, tout comme le Dr Philippe Van Winkelberg.

Ce dernier avait été poursuivi par l’Etat tchadien,
qui, par l’intermédiaire d’une association, lui
réclamait 6,3 millions d’euros, demandant la mise
à exécution de la décision au civil de la
cour criminelle de N’Djamena.Mais cette demande a
été rejetée par la justice française.

La journaliste Marie-Agnès Pèleran et le
logisticien Alain Péligat ont quant à eux
été condamnés à six mois de prison avec sursis.

L’association a été condamnée à 100.000
euros d’amende et dissoute.



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