Fin de la mission du Fmi : Le gouvernement hérite d’«une situation économique difficile»

Le nouveau gouvernement prévoit un taux de croissance du Pib réel de 2,2 % en 2016. Grâce à des investissements supplémentaires considérables dans le secteur de l’électricité, ainsi que dans les autres secteurs (infrastructures,…),  il espère une accélération progressive du taux de croissance à moyen terme (à 3,5 ou 4 %), selon un communiqué du Fmi. Selon l’institution, «le nouveau gouvernement a hérité d’une situation économique difficile». Elle indique que le précédent régime «a utilisé la plus grande partie de l’aide budgétaire reçue de l’Arabie Saoudite fin décembre 2015 pour un montant de 40 millions d’euros (7,5 % du PIB).» Un programme de référence vient d’être conclu entre Moroni et le Fmi; il suppose la mise en œuvre d’une série de mesures draconiennes avant la fin de l’année. Une conférence des bailleurs de fonds est prévue en mars 2017.

 

Résumé par AAA

La mission du Fonds monétaire international (Fmi), qui a séjourné à Moroni du 7 au 20 septembre et conduite par M. Harry Trines, s’est achevée hier, mardi. À l’issue de ses entretiens avec les autorités comoriennes, elle a confirmé la disponibilité du Fmi à collaborer avec le nouveau gouvernement pour renforcer la stabilité macroéconomique des Comores. Selon elle, un accord a même été conclu avec Moroni au sujet d’un programme de référence de six mois.

La mission a, en outre, conseillé aux autorités nationales de compléter les efforts de mobilisation de ressources intérieures supplémentaires en organisant une conférence des donateurs au premier semestre de 2017. Elle reviendra en février 2017 pour procéder à la première revue du programme de référence.

Ce programme reposera sur des objectifs quantitatifs à atteindre en matière de collecte des recettes fiscales et de réduction des dépenses courantes. Il doit aussi poser des repères structurels relatifs à l’amélioration de l’administration des recettes et la gestion des finances publiques. Le Fmi envisage d’octroyer aux Comores une aide financière dans le cadre d’un nouvel accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (Fec) si les résultats obtenus dans le cadre de ce programme sont satisfaisants. Il envisage également d’offrir son assistance technique et de dispenser des formations dans ses domaines de compétence, y compris les réformes de l’administration des recettes et de la gestion des finances publiques

Dans son communiqué final à l’issue de son séjour à Moroni, la mission du Fmi estime que «le nouveau gouvernement des Comores a hérité d’une situation économique difficile. La croissance économique reste faible marquée par une grave pénurie d’emplois, notamment pour les jeunes. L’environnement de l’activité économique est médiocre : les pénuries d’électricité sont persistantes, les principaux axes routiers se trouvent dans un état catastrophique et les services de télécommunications sont très insuffisants. En dépit de l’aide budgétaire considérable reçue de l’Arabie Saoudite fin 2015, la situation budgétaire est préoccupante: des déficits de financement considérables sont prévus pour 2016 et 2017 en l’absence de mesures correctives».

En 2015, la croissance économique est estimée à 1 %, soit en deçà du taux d’accroissement démographique. Parmi les facteurs qui expliquent cette faible croissance figurent, selon toujours le Fmi, «les pénuries persistantes d’électricité et la mise en œuvre plus lente que prévue du programme d’investissement financé sur ressources extérieures (Pip)». Le déficit commercial «structurellement élevé reste plus ou moins couvert par les transferts de la diaspora résidente en France et les dons-projets. Le niveau des réserves de change de la Banque centrale a été considérablement renforcé grâce à l’aide budgétaire reçue de l’Arabie Saoudite à la fin de l’année 2015».

Le nouveau gouvernement prévoit un taux de croissance du Pib réel de 2,2 % en 2016. Grâce à des investissements supplémentaires considérables dans le secteur de l’électricité, ainsi que dans les autres secteurs, notamment dans les infrastructures, il espère une accélération progressive du taux de croissance à 3,5 ou 4 % à moyen terme.

Le Fmi juge «la situation et les perspectives budgétaires difficiles» s’appuyant sur le fait que «le gouvernement précédent a utilisé la plus grande partie de l’aide budgétaire reçue de l’Arabie Saoudite fin décembre 2015 pour un montant de 40 millions d’euros (7,5 % du PIB) afin de régler les arriérés de traitements et salaires qui s’étaient accumulés en 2015».

Il note que «ce dernier était plus ou moins à jour de ses obligations jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau gouvernement». Mais, «le recours au financement intérieur supplémentaire étant épuisé, le déséquilibre entre les recettes intérieures et les obligations au titre des dépenses courantes est de nouveau très élevé». La masse salariale a absorbé 80-90 % des recettes fiscales au premier semestre de 2016. Un paradoxe budgétaire jugé insoutenable.

 

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Le satisfecit du Fmi

 

La mission du Fmi a salué les mesures déjà prises par le gouvernement d’Azali Assoumani, à l’instar de «la volonté d’amélioration du pilotage des directions des impôts et des douanes, ainsi que l’annulation de tous les recrutements opérés dans le secteur public après le 1er janvier 2016. Cependant, des réformes supplémentaires seront nécessaires dans l’administration des recettes, y compris celles contenues dans divers rapports d’assistance technique du Fmi».

Elle a reçu l’engagement des autorités comoriennes de ne pas contracter de nouveaux emprunts extérieurs à des conditions non-concessionnelles et à ne rechercher que des emprunts concessionnels pour financer des projets hautement prioritaires qui ont une rentabilité économique certaine.

La mission a, par ailleurs, pris acte de «l’achat récent de trois nouveaux générateurs diesel ayant une capacité totale de 25 Mw, dont l’installation est prévue plus tard dans l’année 2016 ou au début de 2017 et de la confirmation de la construction d’une centrale au fioul lourd pour le plus long terme». Cependant, elle souligne que cet achat «alourdira considérablement le budget 2017 qui est déjà très contraint».

Le Fmi a salué les progrès accomplis en ce qui concerne «l’arrivée d’un deuxième opérateur de télécommunications (Telco) qui sera opérationnel à la fin de l’année 2016», reconnaissant au passage que «son arrivée représente un défi important pour Comores Télécom».

 

Il a noté que le secteur financier comorien restait encore fragile et souligné, par exemple, que « la banque postale publique (Snpsf) pose des problèmes particuliers pour les autorités et a encouragé ces dernières à établir un plan de sortie».

Alwatwan 

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