Fonds de la citoyenneté économique : Le juge d’instruction a entamé les auditions de la partie civile

Les auditions de la partie civile, entrant dans le cadre de l’enquête relative à l’affaire de la citoyenneté économique, ont débuté hier jeudi avec deux plaignants. Selon Me Saïd Larifou, avocat des 600 personnes ayant déposé plainte au parquet de la République de Moroni, le magistrat instructeur a retenu une vingtaine de personnes pour les entendre. Dans son intervention accordée à la presse, à la sortie du cabinet du juge d’instruction, cette audition et cette procédure engagées dans cette affaire ouvrent au pays une autre page de son histoire.

Après l’audition de trois inculpés dans l’affaire du présumé détournement des fonds du programme de la citoyenneté économique, le juge d’instruction a entamé l’audition de la partie civile de cette procédure. Débutée hier matin au tribunal de Moroni, avec deux personnes, ces auditions de la partie civile de cette procédure entrent dans la démarche d’approfondir l’enquête et faire la lumière sur cette affaire. Selon Me Saïd Larifou, avocat des 600 personnes ayant déposé une plainte contre X au parquet de la République de Moroni, le 24 avril dernier, le magistrat instructeur a retenu une vingtaine de plaignants pour les entendre. A la sortie du cabinet du juge d’instruction, Me Larifou a laissé entendre devant la presse que cette procédure engagée dans l’affaire dite de détournement de fonds de la citoyenneté économique ouvre une nouvelle page de l’histoire comorienne. «Cette procédure en cours et ces auditions, des citoyens neutres car libres de toute appartenance politique ou syndicale est un message fort et important car rare dans notre pays».

Concernant cette nouvelle page de l’histoire comorienne, l’avocat montre également que les Comores n’ont pas encore compris. «Nous vivons des changements. Nous assistons progressivement et graduellement à de grands bouleversements qui incontestablement auront un impact sur notre avenir», a-t-il soutenu. Pour l’avocat, ces changements et bouleversements se distinguent avec la manière dont l’enquête préliminaire de cette affaire s’est déroulée. «Pour la première fois dans l’histoire judiciaire de notre pays, des anciens chefs d’Etat et des ministres soupçonnés de détournement des fonds publics sont auditionnés par des enquêteurs et sont susceptibles d’être inculpés. C’est pourquoi ma détermination dans ce dossier est forte, elle est à la hauteur des enjeux», a-t-il poursuivi.

Déterminé, selon lui, à défendre les intérêts des Comores dans leur ensemble en particulier des 600 auteurs de cette plainte contre X, l’avocat déclare que, pour tout Comorien, «cette affaire est au-delà de toute considération politique, villageoise, régionale ou insulaire». «Je reste confiant que rien ne viendra entraver le déroulement de cette enquête et informe les personnes malintentionnées qui veulent introduire ces considérations dans ce dossier qu’elles n’ont pas de chance», ajoutera Larifou.

Saisies

A l’en croire, à travers ce dossier, «nous ouvrons une autre page pour les Comores et que rien ni personne ne peux empêcher son cours. Il est temps qu’ils comprennent que l’impunité dont bénéficient jusqu’à maintenant les auteurs de corruption et détournements des deniers publics est proscrite et condamnée par les Comoriens qui demandent leurs condamnations».

Interrogé sur le programme-lui-même, l’avocat de la partie civile soutient que cette saisine de la justice n’est pas synonyme de mise en cause du programme en soi. Des nombreux pays s’y inspirent, des pays comme Maurice et l’Egypte vendent leur citoyenneté moyennant respectivement la somme d’un million de dollars et l’Egypte à 300.000 dollars l’unité, soit 422 millions de francs comoriens et 126,60 millions de francs comoriens.

Pour Larifou, aux Comores, personne ne serait en mesure de donner le nombre exact de passeports vendus, le coût précis d’un passeport et l’usage fait des milliards récoltés de ce programme. «Chez-nous, cet argent a été détourné et a servi à des enrichissements personnels au détriment du pays. C’est pourquoi à la demande des citoyens, j’ai accepté de porter cette affaire devant la justice et nous sommes certes mesurés donc prudents sur notre démarche mais fermes sur notre détermination à obtenir la restitution des fonds détournés. Les procédures engagées à l’étranger doivent aboutir à recouvrir cet argent. Nous demanderons très prochainement des saisies sur les avoirs et biens des personnes présumés auteurs de ces faits».

Mariata Moussa / Alwatwan

2 commentaires sur Fonds de la citoyenneté économique : Le juge d’instruction a entamé les auditions de la partie civile

  1. si je me rappelle bien cet avocat lors de la campagne présidentielle de 2016 avait accusé le président actuel Azali de détournement de fonds publics et qu’il tentait de lui corrompre par des millions pour lui rejoindre et comment il se prononce pas aujourd’hui contre Azali comme hier quand il soutenait Mamadou.
    pourquoi on n’a pas convoqué Msaidie qui était ministre de l’intérieur d’ikililou …
    il y a des zones d’ombre dans cet affaire puisqu’on constate que ceux qui sont accusés ceux sont seulement les opposants d’Azali d’aujourd’hui.
    nous avons du mal à discerner chez les juges de véritables actions non politiques.
    la valse des initiatives nous donne peu de repères pour l’action.

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