Franchement, a-t-on encore besoin d’un journal financé par le contribuable Comorien ?

La création d’Al-watwan au moment où le comorien découvrait la presse écrite, était une bonne initiative de la part des autorités de l’époque car, les citoyens se contentaient de la radio Comores pour suivre l’actualité nationale et internationale. Ce temps est révolu. Car, des organes de presse privés ont vu le jour et le Comorien a pris l’habitude de s’acheter son journal chaque matin.

Il faut rappeler que dans aucun pays démocratique au monde, digne de ce nom, il n’existe un journal gouvernemental financé par le contribuable.

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Sur ce, un journal comme Al-watwan subventionné par l’état n’a plus droit de cité et pose de nombreux problèmes :

1/Sur le plan de la liberté de presse

Sans jeter la pierre aux journalistes d’Al-watwan qui ne font que leur travail, il est difficile pour un journaliste d’exercer correctement son métier avec la peur de ne pas heurter son employeur. Des articles ont été censurés et des journalistes réprimandés. Il faut aussi dénoncer la complaisance de certains journalistes vis-à-vis de leur employeur ; le gouvernement ou des amis politiques et partis politiques. Il s’agit d’une situation anormale dans un pays démocratique que des contribuables payent des journalistes au service du pouvoir et des amis politiques.

2/Sur le plan économique et juridique

Au moment où il existe d’autres organes de presse privés non subventionné, le financement d’Alwatwan par l’état n’est qu’une concurrence déloyale inacceptable. Car il met en péril les autres journaux qui n’arrivent pas s’autofinancer et à concurrencer Al-Watwan.

3/Sur le plan social

Force est de constater que les gouvernements successifs ont financé un journal à leur service alors que dans les hôpitaux les patients doivent se payer une compresse pour soigner sa plaie et la parturiente est obligée d’acheter les gants pour la sage-femme avant de franchir la porte d’entrée à la maternité.

Que faire pour remédier à cette anomalie ?

Privatiser Al-watwan demeure la meilleure des solutions. Et pour ne pas léser les journalistes en place qui sont d’ailleurs très compétents, à défaut de leur confier d’autres missions dans la fonction publique, il serait licite de leur accorder des parts dans la future société de presse qui devrait se créer pour reprendre Al-watwan, s’ils le souhaitent.

Enfin, franchement, a-t-on encore besoin d’un journal financé par le contribuable Comorien et les pays étrangers ? Je lance donc un appel pour la privatisation d’Al-Watwan.

Docteur Abdou Ada Musbahou
Chirurgien des hôpitaux-France

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