Ghana : la frégate argentine quitte le port où elle était retenue

19 décembre 2012

Ghana : la frégate argentine quitte le port où elle était retenue

La frégate argentine Libertad retenue au port de Tema, le 15 novembre 2012 au Ghana ©AFP

TEMA (Ghana) (AFP) – (AFP)

Le Ghana a
laissé repartir mercredi le navire militaire argentin
qu’il retenait depuis plus de deux mois en raison d’un
contentieux financier entre l’Argentine et un fonds
spéculatif, se pliant au jugement du Tribunal
international du droit de la mer qui lui avait ordonné
de libérer la frégate.

Le majestueux trois mâts, qui sert habituellement de
bâtiment école à la Marine argentine, a
largué les amarres vers 16h30 GMT à Tema, le
principal port ghanéen, à 25 kilomètres
à l’est d’Accra, a constaté un journaliste de
l’AFP.

 Une centaines de marins argentins avaient été
envoyés par Buenos Aires pour ramener la frégate
au pays.

Le Libertad avait été saisi le 2 octobre par les
autorités ghanéennes suite à une plainte du
fonds d’investissement NML Capital Limited qui détient
des titres de dette argentins et réclame à Buenos
Aires plus de 370 millions de dollars (283 millions
d’euros).

Dans cette affaire très suivie internationalement, le
ministère argentin des Affaires étrangères
avait dénoncé ce qu’il appelait une « attaque
des fonds vautours contre l’Argentine » et un
« piège tendu par des financiers sans
scrupules ».Buenos Aires affirmait notamment qu’Accra
violait le droit international qui protège les bateaux militaires.

Mais les
responsables politiques ghanéens avaient insisté
à plusieurs reprises sur le fait que la bataille se
jouait entre le fond NML et l’Argentine et que les
autorités du pays ouest-africain ne faisaient
qu’appliquer une décision de justice locale.

N’obtenant pas gain de cause auprès de la justice
ghanéenne, Buenos Aires avait saisi le Tribunal
international du droit de la mer qui siège à
Hambourg (Allemagne).Et cet organe judiciaire
indépendant créé sous l’égide des
Nations unies a finalement tranché l’affaire samedi en
jugeant que les autorités du Ghana devaient
libérer « immédiatement et sans condition »
la frégate.

Les autorités ghanéennes avaient affirmé mardi
que, selon les règles du droit local, le tribunal de
commerce devait d’abord casser son premier jugement, avant
que la frégate ne puisse reprendre la mer.

Mais le porte-parole du port de Tema, Lawrence Atumbine, a
déclaré à l’AFP mercredi que les
autorités portuaires n’avaient pas l’intention
d’empêcher le navire militaire de s’en aller suite
à la décision du tribunal international.

« Si les marins veulent partir, il n’y a plus rien que
l’on puisse faire », a dit M. Atumbine à l’AFP,
juste avant le départ du Libertad qui avait passé
une partie de la journée à faire le plein de
carburant et des réserves pour préparer sa
traversée transatlantique.

Le bateau s’était rendu au Ghana pour une mission
d’entraînement, avec à son bord des marins
argentins mais aussi des ressortissants de plusieurs autres
pays sud-américains.Une grande partie de
l’équipage avait été évacuée en octobre.

L’Argentine s’était déclarée le 23
décembre 2001 en défaut de paiement, le plus
important de l’histoire, 100 milliards de dollars (75
milliards d’euros), et avait écarté toute
négociation avec ses créanciers.

Le pays sud-américain avait ensuite lancé des
offres d’échange, soldant 93% de sa dette.La plupart
des 7% restants sont entre les mains de fonds
spéculatifs qui ont lancé des procédures judiciaires.

NML, dont le siège est situé aux Iles Caïman,
un paradis fiscal, a refusé des offres d’échange
de titres de la dette de Buenos Aires à deux reprises,
en 2005 et 2010.

« L’Argentine continuera à se défendre contre
les pirates financiers, les vautours ne l’emporteront
pas », avait déclaré le ministre argentin de
l’Economie Hernan Lorenzino depuis son compte Twitter suite
à la décision du Tribunal international.



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