Grand mariage : La nouvelle génération prise au piège

Le grand mariage communément appelé en langue nationale « Anda » constitue un sujet à la fois tabou et de discorde aux yeux de la nouvelle génération. Dans la mesure où le développement de certains villages se fait grâce à l’argent du grand mariage, celui-ci reste incontestablement un bienfait de la société, mais à quel prix ?

Incursion au cœur d’un phénomène de civilisation qui n’a pas fini de diviser ancienne et nouvelle génération, le grand mariage continue de faire débat dans le milieu intellectuel. Tantôt décrié, tantôt adulé, le grand mariage à la Grande Comore a traversé les années et ne semble pas avoir pris une seule ride. Pire ou mieux, il finit toujours par faire plier la nouvelle génération, notamment des jeunes intellectuels sous la pression de la famille et de la population. Par ailleurs, ce grand mariage détruit les économies de toute une vie pour certaines personnes soucieuses de gagner une place dans la pyramide instituée par le « Anda ». « Je croyais qu’un jour on allait finir avec cette pratique mais quand je vois des jeunes intellectuels avec leur premier salaire font des prêts  à la banque pour accomplir le grand mariage au lieu d’investir quelque part, je me suis dit qu’on est loin du bout de tunnel. Et ce vraiment dommage que cette nouvelle génération est prise au piège », a-t-il regretté le jeune Saïd Ali Youssouf.


Les plus traditionnels nous parlent de son influence dans le respect au sein de la société. Si parfois les familles, surtout de la mariée, peuvent s’appauvrir en mariant son enfant,  les hommes lavent leur honneur sous le coup d’endettement exorbitant. Taper à l’œil pour gagner sa place dans la société, sa devient  l’obsession de la  nouvelle génération. « C’est à la Grande Comore que le phénomène se vit le plus. Beaucoup des parents semblent être emporté par une crise, face au refus de leur enfant de faire l’Anda. Bref la chose à ne pas souhaiter à un parent comorien, que son enfant ne réalise pas son grand mariage. Le plaisir des parents passe par les cérémonies de l’Anda, bon gré mal gré. Et encore plus, quand il s’agit de l’aîné de la famille et surtout qu’il a les moyens. Celui-ci doit en quelque sorte montrer l’exemple. Ce qui fait que la nouvelle génération n’est pas prise au piège mais  une obligation de satisfaire les recommandations et revendications de leurs parents », a-t-il expliqué le jeune Maoulida Abdou.
Nakidine Hassane

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