Hassane Hamadi « je suis fatigué,..je n’ai plus le droit de me taire.. »

Le gouverneur de l’île de Ngazidja vient de briser le silence. Pour les deux premières années de son mandat de gouverneur de l’île de Ngazidja, Hassane Hamadi se dit lassé. Pendant deux années, son exécutif n’a obtenu à titre d’exemple, qu’un seul mois de fonds spéciaux.

En présence d’une foule nombreuse, composée de cadres, de notables, d’élus notamment de l’opposition, et des oulémas, l’actuel gouverneur de l’île autonome de Ngazidja annonce qu’il est temps de parler. « Trop c’est trop. Je suis fatigué », lance Hassane Hamadi, qui précise qu’il ne parle pas sous le coup de la colère. « Je redis à voix basse que je suis fatigué ».

Devant les représentants de la population de l’île, le chef de l’exécutif insulaire déclare qu’il a assez patienté, « tout en espérant que les choses allaient s’arranger pour que la paix et la stabilité règnent dans l’île et sur l’ensemble de l’Union des Comores en général. Pour corroborer ces propos, Hassane Hamadi affirme que depuis qu’il est élu gouverneur de Ngazidja, cela fait déjà 24 mois, il a reçu un seul mois payé et un mois de fonds spéciaux.

« Depuis que vous m’avez élu, j’ai subi beaucoup et j’ai toujours patienté, mais cette fois-ci je ne peux plus me taire ». Et de poursuivre : « La preuve que je n’ai rien obtenu, l’administration de Ngazidja fonctionne sans moyens. C’est pourquoi vous voyez que nous nous déplaçons parfois à pieds. Cela parce que la loi de finances qui a prévu des cote-parts répartis entre les îles, n’est plus appliquée, depuis que je suis là (…)

Le locataire de Mrodjou déplore que les 161 millions qui revenaient aux directions insulaires des sociétés d’Etat par an, n’ont jamais été décaissés. L’ile de Ngazidja n’aurait perçu selon lui, que trois mois de budget de fonctionnement en deux ans. Hassane Hamadi a aussi révélé que même pour ses missions à l’extérieur, il ne perçoit presque rien de la part du gouvernement central.

Sur le plan politique, le gouverneur de l’île de Ngazidja réitère sa position contre le référendum constitutionnel, en estimant que « les conditions requises ne sont pas réunies », et que le climat sociopolitique actuel ne s’y prête pas, notamment à travers « les nombreuses inquiétudes exprimées par une frange non négligeable de la classe politique et de la société civile ».

Ibnou M. Abdou / LGDC

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