Hifadhu alerte sur le danger que représentent les violences conjugales

Hifadhu entend se constituer partie civile pour obtenir que justice soit rendue après le décès d’une femme d’une soixantaine d’années originaire de Salimani Istandra, battue à mort par son conjoint. «Nous attendons la fin de l’enquête préliminaire et la suite que donnera le parquet pour que nous puissions intervenir et nous installer dans la procédure», dit l’avocat de l’Ong.

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Par Abouhariat Said Abdallah

Il y a trois jours, l’Ong Hifadhu a appris qu’une sexagénaire était battue àmort par son conjoint. Le fils de la victime, au lieu de porter plainte, avait décidé de se venger. «Nous l’en avons dissuadé et nous lui avons proposé de nous aider à l’arrêter», nous a confié la présidente de l’Ong Hifadhu. Selon Rahmatou Goulam, après l’enterrement, elle et d’autres femmes qui luttent contre les violences se sont rendues à Mbashilé, village natal du présumé coupable. Ici, elles ont appris qu’il n’en était pas à sa première victime.

A en croire le récit de Rahmatou Goulam, l’assassin prend toujours femme dans une autre localité, puis la ramène à Mbashilé où il l’enferme et ne la laisse jamais mettre son nez dehors. «Les voisins témoignent qu’ils entendaient les coups et les cris de ces femmes quand il les battait. Son ex-femme de Mitsamihuli aurait subi le même sort. Après l’avoir brutalisée, il l’a renvoyée chez ses parents ; elle décéda le quatrième jour. Même mode opératoire pour l’actuelle victime», rapporte-t-elle.

L’homme aurait donné un faux nom à sa défunte épouse. Il s’est fait passer pour Ahamada Mdoihoma alors qu’il s’appelle Ahamada Mchinda alias Aladin. «Ses proies sont les demi-mamans et les femmes âgées. Pour les premières, il profite de leur situation financière et pour les vielles, il est attiré par les besoins sexuels», rapportera la présidente de Hifadhu. Et d’appuyer ses propos par les témoignages de la famille de la victime. «La famille de la victime nous a confié qu’il se comportait très mal avec elle et la maltraitait. Nous lui avions conseillé de ne pas le suivre chez lui».

L’Ong Hifadhu s’était mobilisée pour l’arrestation du présumé coupable, actuellement aux mains de la gendarmerie. «Je sais qu’une enquête doit être ouverte, mais l’essentiel est que la famille sache que nous, société civile, sommes derrière eux. Je suis retournée à la gendarmerie hier, et j’ai donné le nom de deux témoins de Mbashilé qui affirment qu’Ahamada Mchinda est agressif. Elles sont prêtes à témoigner devant le juge», dit-elle.

Pour sa part, Me Moudjahid Abdoulbastoi, l’avocat de l’Ong, indique que Hifadhu  entend se constituer partie civile pour obtenir que justice soit rendue. Mais, surtout alerter l’opinion sur le danger que représente la violence conjugale pour l’intégrité physique des femmes. «Nous attendons la fin de l’enquête préliminaire et la suite que donnera le parquet pour que nous puissions intervenir et nous installer dans la procédure», dit-il.

«Notre rôle est de parler de ces genres de choses ; nous ne pouvons pas garder le silence. Ce genre d’affaire doit être suivi comme un feuilleton, jusqu’à la fin. Notre nouvelle approche, c’est de renforcer la sensibilisation dans les familles, les écoles et les villages pour qu’ils sachent l’existence de ces actes barbares. Mais nous ne pouvons rien faire sans l’appui technique et financier  du gouvernement. Le bénévolat casse beaucoup», souligne RahmatouGoulam.

La présidente de l’Ong Hifadhu appelle les personnes qui se battent et luttent contre les violences basées sur le genre à une marche pacifique le mercredi 21 décembre. Cette marche sera soutenue par la plateforme Subuti Wambe, celle des femmes en politique et du développement durable, Humanicom, Mwana Tsiwamdzima, l’Ascobef, la cellule d’écoute et autres. 

Alwatwan 

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