Ikililou III : On reprend presque les mêmes et on recommence

Msaidie

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DECRYPTAGE. Fidèle parmi les fidèles du président Ikililou, le ministre sortant de l’Education nationale, Abdoulkarim Mohamed, hérite du ministère stratégique des Relations extérieures et de la Coopération. Fini donc ses prises de bec avec le syndicat des enseignants et les élèves du secteur public. Annoncé au départ au ministère des Finances, il s’est vu finalement confier la charge de conduire la diplomatie comorienne, l’un des domaines réservés du chef de l’Etat.

Le gouvernement Ikililou III a enfin été rendu public avant-hier, tard dans la soirée. Il a fallu près de deux mois de négociations serrées entre les différentes formations qui composent la majorité présidentielle pour qu’enfin la nouvelle équipe gouvernementale puisse être formée.

L’échéance des élections présidentielles a sans doute pesé dans la constitution de ce gouvernement. Et le vice-président Mohamed Ali Soilihi semble avoir réussi à convaincre le chef de l’Etat de l’urgence d’isoler ses adversaires potentiels.

Les trois vice-présidents gardent leurs traditionnels portefeuilles. Mohamed Ali Soilih, un moment pressenti à l’Energie pour poursuivre les négociations sur l’exploration pétrolière, garde les mêmes départements ministériels (finances, économie, budget, investissement, commerce extérieur et privatisation).

Fouad Mohadji est confirmé au ministère de la Santé, de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Promotion du genre. Réputé proche de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, il entretient des rapports pas toujours apaisés avec Beit-salam, qui a fait du leader du parti Juwa l’une de ses bêtes noires. Le troisième vice-président, Nourdine Bourhanee, garde les mêmes prérogatives au ministère de l’Aménagement du territoire, des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Habitat.

Fidèle parmi les fidèles du président Ikililou, le ministre sortant de l’Education nationale, Abdoulkarim Mohamed, qui vient de céder son siège de député à son suppléant, hérite du ministère des Relations extérieures et de la Coopération. Fini donc ses prises de bec avec le syndicat des enseignants et les élèves du secteur public. Annoncé au départ au ministère des Finances, il s’est vu finalement confier la charge de conduire la diplomatie comorienne, l’un des domaines réservés du chef de l’Etat.

Le ministère des Postes et Télécommunications reste toujours entre les mains de Mme Bahiat Massoundi. Malgré ses couacs, dont le dernier en date remonte au début de ce mois d’avril quand il a cloué au sol un appareil d’Inter-Iles pour avoir eu l’insolence de décoller sans elle à bord, elle garde toujours la haute main sur ce département très stratégique.

Le nouveau Garde des Sceaux et ministre de la Justice fait son entrée dans le marigot politique des Comores. Mohamed El-Had Abbas, puisqu’il s’agit de lui, fait partie de l’entourage du vice-président Mohamed Ali Soilihi. La nomination de cet ancien dircab au ministère de l’Intérieur, originaire de Moroni, est le signe de l’isolement du parti Orange, qui avait jusqu’ici donné le dernier mot sur le ministère de la capitale.

Le ministère de l’Education nationale, de la Recherche, de la Culture, des Arts, chargé de la Jeunesse et des Sports, presque boudé par les partis en raison des grèves à répétition dans le secteur éducatif, revient à un enseignant de philosophie, Attoumani Ali.

Mme Siti Kassim cède le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Formation professionnelle à l’ancien directeur du protocole à la présidence de la République, Darousse Allaoui. Elle occupe désormais le portefeuille tant envié de la Production, de l’Environnement, de l’Energie, de l’Industrie et de l’Artisanat.

L’entrée de Houmed Msaïdié, leader du parti Radhi, dans ce nouveau gouvernement, est sans doute un événement politique majeur. Il est chargé du ministère de l’Intérieur, de l’Information, de la Décentralisation, chargé des relations avec les Institutions et occupe les fonctions de porte-parole du gouvernement. Il doit notamment accélérer le projet du vote de la diaspora en France où réside une grande partie de l’électorat comorien.

En entrant au gouvernement, Radhi fait d’une pierre deux coups : non seulement il occupe l’un des départements ministériels les plus importants, mais la nomination d’Abdoulkarim Mohamed au Mirex lui offre l’opportunité de compter un second député à l’hémicycle.

La rentrée tant annoncée de la Crc (Convention pour le renouveau des Comores) au gouvernement ne s’est pas réalisée. Le choix de Hamidou Karihila, annoncé au ministère des Relations extérieures (et dont la proximité avec les réseaux saoudiens devaient contrecarrer les visées de Sambi), semble n’avoir pas convaincu. Le président Azali lui-même ne voyait pas d’un très bon œil une participation de la Crc au gouvernement, à un an de l’échéance présidentielle. Mais les militants de la Crc l’avaient convaincu du contraire.

Deux autres formations sont laissées sur le carreau : le Rdc (Rassemblement démocratique des Comores) du gouverneur Mouigni Baraka et Orange. Le partage des postes de direction dans certaines sociétés d’Etat pourrait donner lieu à un match très serré entre les autres partis de la mouvance présidentielle.
Ahmed Ali Amir

Alwatwan

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