Il y a deux ans, jour pour jour, Ali Mhadji s’attaquait violemment au parti Juwa

Il y a deux ans, jour pour jour, Ali Mhadji s’en prenait violemment au parti Juwa

Et dire qu’aujourd’hui Juwa est devenu sa refuge et le gouvernement sa bête noire. En juin 2017, Azali Assoumani a décidé de renvoyer l’ambassadeur de Qatar à Moroni. Le décision a été brutale et sévère puisque le chef de l’Etat ne voulait plus voir aucune trace de Doha à Moroni: hôpitaux, universités, écoles professionnelles…, l’ambassadeur qatari devait tout ramener dare-dare dans ses bagages.

L’opinion nationale était sidérée. L’ancien président Sambi, très proche des qataris, n’était pas en reste. En guise de solidarité, il accompagne à titre personnel l’ambassadeur jusqu’à Hahaya pour un émouvant au revoir (ou un adieu, peut-être). Azali fait de cette histoire toute une montagne. Voire, une affaire d’Etat car il en parle lors de la réception du 6 juillet à Beit-Salam. Il saute sur l’occasion pour poser les bases de sa rupture avec le parti Juwa dont Sambi est le président d’honneur. Il refuse en bloc d’approuver que le geste de Sambi n’engageait qui l’auteur, et non le parti Juwa, alors dans le gouvernement. Il confiait à ses proches que ce qu’a fait Sambi lui avait beaucoup « affecté ».

La guerre froide entre le pouvoir et son bienfaiteur le parti Juwa commence officiellement. Les ministres Juwa décident alors d’assumer l’acte de leur président d’honneur, tant Azali se montre intraitable. Personne ne réussit à lui faire entendre raison. Le chef de l’Etat envoie ses chiens de guerre pour dégager la voie de sortie à Juwa. Il jette son dévolu sur Ali Mhadji, désigné pour faire ce qu’aurait fait Kiki actuellement. Député CRC et non moins secrétaire général du parti au pouvoir, M.Mhadji convoque la presse pour cracher son venin sur le parti de Sambi. On est le 12 juin. « Le parti Juwa doit demander le divorce (avec le pouvoir) s’ils ne sont pas prêts à suivre les ordres d’Azali ».

Ali Mhadji n’avait qu’une idéologie en tête: obéir au doigt et à l’œil au chef. S’y opposer, c’est une rébellion. Et la rébellion se punit lourdement. Voilà pourquoi le secrétaire général de la CRC demandait ouvertement la démission des ministres Juwa d’au sein du gouvernement Azali. Le chef de l’Etat décidera en juillet suivant de procéder à un remaniement technique. Tous les ministres et secrétaires d’Etat Juwa sont dehors. Aucune autre famille politique n’a été concernée par cette chasse aux sorcières. Ali Mhadji se frotte les mains. Il n’aura pas bavé vainement.

Ensuite, vint le retournement de l’histoire. Comme on dit, la roue tourne. Au mois d’octobre suivant, plus précisément le 2, Ali Mhadji se fait radier de la CRC « pour fautes graves et atteintes aux principes et valeurs du parti ». Si son mandat de député encourt encore, le désormais ancien patron du parti au pouvoir doit se trouver un allié pour continuer à tirer à boulets rouges sur ses anciens coéquipiers. Il est hébergé par, preparez-vous, le parti Juwa. Devenu, depuis, binôme du député Juwa Tocha Djohar, Ali Mhadji dénonce haut et fort les injustices que subissent l’opposition en général et le parti Juwa en particulier. Sacré Ali Mhadji…Quand soudain, il se souvient de l’Etat de droit.


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