Importation de ciment : L’interdiction qui frappe Lafarge et Cofipri «serait toujours en vigueur»

CONCURRENCE. Une enquête ouverte par la direction de la concurrence a conclu que les deux sociétés française et luxembourgeoise vendaient du ciment en tant que grossistes, ce qui avait conduit à la levée de la suspension. On se souvient que le Mouvement des entrepreneurs comoriens (Modec), avait, alors, estimé que ce mode de vente constituait un «acte anticoncurrentiel».

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Dans une note en date du 9 octobre, la direction de la concurrence rappelle que la suspension de la vente a été levée uniquement pour le ciment qui avait été importé par les sociétés Lafarge et Cofipri. «Toutefois, l’interdiction d’importation reste inchangée à ces deux sociétés », précise-t-on. Doit-on rappeler que, dans une décision du 17 août dernier, le délégué chargé de l’Economie a levé la suspension de vente de ciment qui frappait le groupe français Lafarge et le Luxembourgeois Cofipri pour leur permettre d’épuiser leurs stocks.

L’enquête ouverte par la direction de la concurrence a conclu que les deux sociétés vendraient du ciment en tant que grossistes. Ce qui avait conduit à la levée de la suspension. Des informations faisaient, en effet, état de la vente par les deux sociétés du produit à la fois en tant que grossistes, semi-grossistes et détaillants. On se souvient encore de la levée de boucliers du Mouvement des entrepreneurs comoriens (Modec), qui avait alors dénoncé un «acte anticoncurrentiel».

Aussitôt, le ministère des Finances et de l’Economie avait ordonné l’ouverture d’une enquête et la suspension de la vente en Union des Comores du ciment importé par Lafarge et Cofipri. Les autorités comoriennes ont aussi interdit aux deux groupes toute éventuelle importation dudit produit vers les Comores.

Tout est parti d’un communiqué publié dans la presse le mois de mai dernier par le groupe Lafarge dans lequel la société française annonçait aux grossistes et importateurs comoriens l’arrivée de plus de 25.000 tonnes de ciment sur le marché local (lire Al-watwan du 3 juin 2015). L’importation du ciment par le groupe a choqué plus d’un. D’autant plus que Lafarge et Cofipri ont signé avec le gouvernement des conventions pour la fabrication du ciment aux Comores.

Après cette signature (en 2012), un autre accord allait être signé deux ans plus tard avec le groupe luxembourgeois Cofipri pour l’implantation d’une unité de production de «ciment vert» sur l’île de Ngazidja.

Les chiffres actuels font état de plus de 150.000 tonnes en moyenne de ciment importé par an, pour une valeur estimée à près de sept milliards de francs.

Le ciment relève du secteur libéral. Il ne fait pas l’objet des règles particulières de régulation régissant certains secteurs d’activité, visées par la loi n°13-014 du 26 décembre 2013 relative à la concurrence.

Ks / Alwatwan

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