Intégralité du Discours du président Azali : « Laissez-moi alors le droit de rappeler à ceux qui semblent l’avoir oublié, que je suis le Chef d’un Etat démocratique.. »

Honorable assistance,

L’année dernière, j’ai saisi l’occasion de l’inauguration de l’Hôpital de Bambao, construit grâce à la coopération entre notre pays et la République Populaire de Chine, pour livrer le bilan de la première année de mon mandat de Président de l’Union des Comores.

J’ai souhaité cette année, une fois encore, me livrer à l’exercice du bilan annuel, à l’occasion de l’inauguration d’un projet dont la réalisation nous tenait tant à cœur.

L’inauguration de la route Washili-Dimani, construite grâce au Fonds Européen de Développement, est une belle occasion, de marquer l’importance que le Gouvernement et moi-même, donnons à la construction de nos infrastructures.

Cette inauguration nous donne l’opportunité de souligner la place de la construction et de la réhabilitation de nos infrastructures, toutes catégories confondues, dans notre programme de développement et dans l’émergence de notre pays.

Mais je tiens d’abord à adresser mes sincères remerciements aux habitants de cette attachante Région de Wachili-Dimani, pour leur accueil toujours chaleureux, toujours fraternel et à les féliciter pour la parfaite organisation de cette cérémonie.

Je voudrais également exprimer notre gratitude à nos partenaires au développement, bi et multilatéraux, qui ont toujours été à nos coté et soutenu nos efforts.

Je pense ici en particulier à l’Union Européenne qui a financé le projet, en partenariat avec le Gouvernement comorien.

J’associe à ces remerciements, l’entreprise SOGEA SATOM, à qui ont été confiés les travaux ainsi que tous les acteurs qui ont contribué par leur travail ardu et patient à la réalisation de ce grand projet.

Honorable assistance,

Cette cérémonie nous permet ensuite de dire aux Comoriennes et aux Comoriens, ce qu’a été notre action durant les mois écoulés et leur annoncer celle que nous envisageons pour les mois à venir.

C’est ainsi l’occasion de rappeler que je suis arrivé à la tête du pays en mai 2016 au lendemain d’élections marquées par le fameux tristement célèbre troisième tour, dans un contexte qui prêtait alors plus au pessimisme qu’à l’espoir et où personne ne savait vraiment de quoi serait fait le lendemain de notre pays.

Depuis deux ans, mon Gouvernement et moi-même, avec votre accompagnement, nous nous sommes mis à l’œuvre de construction de notre pays.

Après l’année de l’énergie et des chantiers hospitaliers, cette deuxième année à été celle des infrastructures routières.

Elle nous a permis, comme l’a souligné le Secrétaire Général du Gouvernement, de lancer outre le chantier de cette route mais d’autres aussi bien en Grande Comore, à Mohéli, à Anjouan et pourquoi pas un jour prochain à Mayotte si Dieu le veut.

Dans son allocution, le Secrétaire Général du Gouvernement vous en a largement parlé tout comme il a passé en revue les projets phares et les perspectives du Gouvernement pour les semaines, mes mois et les années à venir.

Je tiens, en votre nom, à l’en remercier.

Après deux ans d’exercice de la magistrature de notre pays, je suis aujourd’hui intimement convaincu que nous sommes capables de construire et de transmettre à nos enfants, un pays politiquement apaisé, socialement plus serein et économiquement plus fort. Cela demande bien sûr le concours de toutes et de tous.

J’appelle ainsi, ceux qui ont perdu les élections de 2016 et ceux qui les ont rejoint et surtout ces derniers temps, ainsi que ceux qui s’estiment déçus des résultats de notre action, et qui ont d’autres propositions, à faire le grand sacrifice patriotique d’organiser une opposition pacifique, démocratique et constructive.

Contrairement à l’image qu’on veut coller au Gouvernement et par la même ternir la réputation de notre pays, nous ne sommes pas à la tête d’une dictature.

Laissez-moi alors le droit de rappeler à ceux qui semblent l’avoir oublié, que je suis le Chef d’un Etat démocratique, qui a déjà été à la tête de ce pays.

J’ai contribué avec votre appui et le concours de nos partenaires, à la réconciliation nationale et à la mise en place des nouvelles institutions.

J’ai cédé la place en 2006, dans un processus d’alternance démocratique, pacifique et exemplaire.

Permettez-moi également de rappeler que dix ans durant, je me suis pas exilé, malgré tout, et qu’à aucun moment, je n’ai entravé l’action de mes successeurs ou l’accomplissement de leur mandat.

Par contre, dix ans durant, j’ai réfléchi.

Dix ans durant je suis allé à la rencontre des Comoriennes et des Comoriens, pour tenter de m’imprégner de leurs réelles aspirations.

Revenu à la tête de l’État dix ans après, avec le concours de Dieu et le vôtre, de la façon la plus démocratique qui soit, j’ai l’ambition, fort de l’expérience acquise, de faire gagner notre pays et de l’inscrire parmi les pays émergents à l’horizon 2030 et non entamer, une carrière d’apprenti dictateur.

Je voudrais alors rassurer nos partenaires au développement et mes compatriotes, surtout ceux qui sont scotchés aux réseaux sociaux et qui se font leur opinion à la lumière des posts et écrits d’internautes souvent anonymes, et leur dire que la Démocratie comorienne est plus vivante que jamais et le sera pour toujours Insha-Allah.

En effet, après la Réconciliation nationale réussie de ces deux dernières décennies et la réconciliation des cœurs, chacune et chacun de nous, doit contribuer au maintien de la stabilité retrouvée.

Chacune et chacun de nous doit laisser de côté les petits intérêts partisans et mettre constamment en avant, le bien commun et la collectivité.

Car, la paix et la sécurité restent et demeurent nos principales richesses, notre héritage commun, quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse. Cela c’est l’évidence et la réalité même.

Ainsi, pour la préservation de ce bien commun, nous avons le devoir de nous unir sur l’essentiel, nous donner une main fraternelle, au-delà des contingences politiques et des calculs politiciens.

Ce défi-là, n’incombe pas seulement au Chef de l’État, à son Gouvernement où à l’État et ne peut être relevé qu’ensemble.

Pour ma part, je me suis employé à agir pour la restauration de l’autorité de l’État.

Alors, notre détermination est de tout faire pour sortir notre pays de l’immobilisme, de la misère et de la pauvreté.

Notre ambition est de tout mettre en œuvre pour débarrasser les Comores de cette épithète peu flatteuse de pays « fragile », mendiant et crochet des autres, au chevet duquel doivent constamment veiller les institutions régionales ou internationales.

Pour cela, nous pouvons certes et nous devons puiser dans l’Histoire de notre pays et dans des ressources nationales, pour alimenter nos ambitions.

Alors que la plupart des pays du continent africain et de la Région de l’Océan Indien nous précédent, nous devons aujourd’hui effectuer une sincère introspection, nous regarder en face en tant que Comoriennes et Comoriens et de nous dire la vérité.

Sans calcul politicien, osons, à la suite du diagnostic fait par les Assises Nationales, nous interroger sur ce que nous avons hérité de nos aînés, les pères de l’indépendance de notre pays, nos erreurs et nos manquements collectifs.

C’est à partir de ce constat lucide, corroboré par les Assises Nationales et à la lumière de ses conclusions et recommandations, que j’ai proposé et annoncé un référendum pour une révision constitutionnelle, afin de garantir la stabilité politique et le développement socio-économique de notre pays.

Nous ne pouvons ambitionner l’émergence de notre pays sans modifier l’organisation des pouvoirs publics, sans réformer nos institutions, dont le mécanisme est connu pour sa complexité.

Telles sont les raisons de ce tout prochain référendum que je vous propose.

Les défis de la mondialisation, de notre démographie, de la transformation de notre société, de l’économie du numérique, des nouvelles technologies ainsi que les perspectives pétrolières qui se profilent dans notre pays, nous font le devoir de nous projeter dans le temps et d’anticiper les événements à venir.

Les Comores ne peuvent pas rester à la traîne sur le continent et dans la région. Nous ne pouvons pas rester constamment en retard, au sens propre comme au sens figuré.

Honorable assistance,

Nous ne pouvons pas nous laisser subir, comme trop souvent, les changements et les bouleversements qui affectent notre environnement immédiat et le monde entier et nous replier sur nos îles et nos habitudes.

Alors je dis aujourd’hui que nous ne pouvons pas continuer à gérer les Comores au jour le jour et lier nos ambitions d’émergence, à nos maigres recettes fiscales ou douanières.

Pour cela, nous devons nous projeter vers l’avenir, sur le plan national, régional et international.

Aussi, l’appartenance de notre pays à la COI, à la COMESA et sa récente adhésion à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADEC) et donc à l’Union douanière d’Afrique australe, doivent-elles constituer des tremplins, pour l’intégration de notre pays dans la région, et un atout face aux défis de la mondialisation.

C’est aussi cela l’émergence pour laquelle je ne cesse de plaider.

Voilà pourquoi, nous ne devons pas nous focaliser seulement sur le référendum.

Penchons-nous aussi sur le train de mesures proposées par les Assises Nationales.

C’est ainsi mes chers compatriotes,

Que je vous invite, à me rejoindre pour relever ensemble ces défis.

Je fais appel

– Aux femmes et aux hommes politiques de notre pays, du pouvoir et de l’opposition,

– aux hommes d’affaires, aux jeunes, aux élites,

– au monde rural, à tous les acteurs de la société civile et bien sûr à nos chers ulemas, à nous engager ensemble, dans la construction d’un pays prospère, juste et démocratique.

Je les invite à nous unir pour prendre notre destin en main, car comme l’a dit l’autre, « Yes we can ».

C’est ainsi et seulement ainsi, que nous nous pourrons espérer bâtir un avenir meilleur pour nos enfants et les générations présentes et futures, celle des années à venir et des prochaines décennies.

Tel est mon ambition de citoyen et de chef d’État.

Je veux que nous léguions à nos enfants, un paysage politique apaisé, un pays dont ils seront fiers.

Alors, mes chers compatriotes, osons franchir ensemble le premier pas, celui d’une architecture institutionnelle solide, cohérente et stable, au service de la Nation comorienne toute entière et non au service d’une classe politique qui se passe le relais périodiquement au détriment du peuple comorien.

Vive l’Union des Comores

Vive la République

Je vous remercie.

2 commentaires sur Intégralité du Discours du président Azali : « Laissez-moi alors le droit de rappeler à ceux qui semblent l’avoir oublié, que je suis le Chef d’un Etat démocratique.. »

  1. Je ne vois l’intérêt de mettre dans ce journal de tels discours politiques, sans fond et sans grande vérité. Car de la vérité. C’est vrai qu’il a inaugurer l’hôpital de Bamba mtsanga mais qu’est ce que fait cet hôpital ? Les Anjouanais sont-ils content du fonctionnement de ce hôpital ? Non Car tout est fait pour que cet hôpital soit le vassal de Moroni. Pas de grand médecins. Pas de bons techniciens et en nombre suffisant formés au manipulation des appareils. Dans ce discours, il ne parle pas de l’organisation administrative de l’Etat, des collectivités sans laquelle rien en peut vraiment décoler ! Il ne parle des autres moyens de financement de l’Etat ou des collectivités (Mairie, gouvernorat). Il ne parle pas de la construction d’un vrai Palais de justice (les dictateurs n’aiment pas trop en parler) ni de la démolition et construction de la prison de Moroni (il ne le fera pas car il a peur qu’il y soit un jour enfermé). Bref, il nous parle de quelques dizaines de km de routes alors qu’il faudra refaire 1400km de route sur les 2000 km existant. Il a été pompeux ! rien de concret, rien dans le fond. Bref, un discours politique ennuyeux qui ne satisfait pas les Comoriens

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