Interview de Mr Hamadi Madi Boléro directeur de cabinet à la défense et ancien Président par intérim

Hamadi Madi Boléro
Hamadi Madi Boléro

Hamadi Madi Boléro  directeur de cabinet à la défense, ancien Président par intérim, ancien Premier ministre et un des principaux négociateurs de l’Accord de Fomboni en 2001

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Bonjour ! Tout d’abord comment allez-vous ?

Hamadi Madi Boléro : Je vais bien, merci.

 

Comores-infos : Récemment le président  Ikililou a effectué une visite officielle en France dont vous faisiez partie de la délégation, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les objectifs de cette visite ?

 

H.M.Boléro : Encore une fois, c’est une visite de travail dans le cadre bilatéral, une visite donc normale pendant laquelle le Chef de l’Etat comorien a rencontré son Homologue, le « normal Président » Hollande sur son invitation. Dans ce cas pour deux pays qui partagent une si longue et mouvementée histoire, on passe en revue toute la coopération ainsi que les grands sujets mondiaux du moment et c’est ce qui s’est passé.
Comores-infos : Concernant cette visite certains blogueurs affirment que ce n’était pas une visite officielle. Que répondez-vous à ces blogueurs ?

 

H.M.Boléro : Que dire ? Et pourtant ça l’était si « officielle » dans ce cas précis veut dire « sur invitation » des Autorités françaises. Dans le cadre des visites protocolaires en France, celle-ci fut une visite de travail.

 

Comores-infos : La signature d’une ‘’Déclaration d’amitié ’’ entre le président HOLLANDE et son homologue IKILILOU  a fait couler beaucoup d’encre. Pensez-vous qu’il était nécessaire de signer cet accord ?

 

H.M.Boléro : Tout d’abord aucun accord ne fut pas signé. Une déclaration politique à l’issue de la réunion de travail fut signée par les Chefs d’Etat. Il est évident qu’elle ne fut pas rédigée cet instant-là à l’Elysée mais bien avant. La nécessité de la signer, je dirai plutôt l’opportunité. En tous les cas il n’y aurait pas de déclaration signée, chaque partie notamment leur porte-parole, aurait publié la sienne.

 

Comores-infos :   Sur la question de l’île Comorienne de Mayotte, est ce que la signature d’une ‘’Déclaration d’amitié ‘’entre la France  et les Comores  n’est pas une sorte d’acceptation que Mayotte est Française ?

 

H.M.Boléro: J’avoue que ça n’est pas la première fois que me pose cette question en sorte que je me demande si ceux qui le pensent ainsi ont-t-ils eu le temps de la lire car c’est exactement le contraire.

 

 Comores-infos : Ces derniers temps, le pays a été secoué par une tentative de coup d’état. Quelles en sont vos impressions dans cette affaire ?

 

H.M.Boléro: Je n’ai pas d’impression ! Pour le moment, le dossier est aux mains de la justice comorienne et c’est à elle de dire la loi. Bien sûr, je pense que si la justice établit les faits et que ceux-ci soient avérés, cela constituera une tâche car ce sera une tentative de retour en arrière.

 

Comores-infos : Le pays a sombré dans la corruption comme le montre l’affaire du ministre des Postes et Télécommunications, Chargé des Transports et Tourisme Mr Rastami soupçonné de corruption. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

 

H.M.Boléro: J’avoue que la question est difficile puisque vous semblez trop pessimiste en dépit de ce qui s’est passé après que le Ministre se soit senti visé et qu’il ait décidé de lui-même de se démettre pour défendre son honneur ! Comme l’affaire de la tentative de déstabilisation, soyons patients et attendons puisque d’une façon ou d’une autre la vérité éclatera. Vous savez, dans pareils cas sous d’autres meilleurs cieux, la démarche est la même et Dieu seul sait combien d’affaires aussi graves polluent les sociétés contemporaines ! L’essentiel est que la population soit rassurée que la justice passera là où elle doit passer. Pour le moment, comme nous avons le devoir de traquer les délinquants et les criminels avérés, nous avons aussi l’obligation de respecter la présomption d’innocence. Oui, je sais que c’est compliqué tout ça mais side lex dura lex (« La loi est dure, mais c’est la loi. » La loi s’impose dans toute sa rigueur) !

 

Comores-infos :    Sur l’affaire du général Salimou Mohamed Amiri il a été acquitté par la justice, pensez-vous qu’il doit réintégrer l’armée ?

 

H.M.Boléro: Cela n’a rien à voir. La justice de mon pays a libéré le citoyen Salimou pour insuffisances de preuves relatives au crime pour lequel il fut soupçonné et l’Etat a pris acte, c’est un fait. Ensuite, l’ancien Chef Suprême des Armées, l’ancien Chef de l’Etat, a signé un acte règlementaire, en l’occurrence un décret (je dois vous dire que ça n’est pas la première fois ni même le seul ancien Président qui signa un tel acte) mettant à la retraite Salimou Mohamed Amir et en tant que Chargé de la défense, je suis chargé de veiller à son exécution. Je sais que vous allez me demander si cet acte serait réglementaire ! Je vous dis déjà que je ne suis pas « juge constitutionnel » ou « administratif ». Les Institutions de la République fonctionnent d’une manière régulière et donc je suis disposé à faire exécuter toute décision d’une autorité compétente et non de donner un avis !

 

Comores-infos : L’actualité c’est aussi le crash du Yémenia et depuis lors, le rapport sur l’enquête a été publié mais les familles des victimes et Yémenia protestent contre ce rapport que pensez-vous des conclusions de l’enquête ?

 

H.M.Boléro: Très franchement, pensez-vous que cela est-t-il de mon ressort ? La seule question que je puisse me poser est celle-ci : la loi internationale, la législation de mon pays, les accords bilatéraux qui lient notre pays à ses partenaires impliqués, ont-t-ils été respectés tout au long du processus ? Si la réponse est oui, alors cela me suffit ! Maintenant, ce qui m’inquiète et que je cherche toujours à comprendre c’est justement la réaction des personnes concernées ! L’état comorien aurait-t-il laissé passer les intérêts des nationaux ?

 

Comores-infos : Que retenez-vous des deux ans d’Ikililou passés au pouvoir au niveau de l’éducation et de l’emploi des jeunes ?

 

H.M.Boléro: Vous avez parfaitement bien choisi les domaines où l’intervention de l’Etat aujourd’hui doit être le plus appuyé. Et les deux domaines se complètent ! Pour l’éducation nationale, je voudrais d’ores et déjà féliciter les responsables y compris les professeurs qui ont passé une année entière sans heurts ! Nous sommes en fin d’année scolaire et les examens ont débuté. Tout semble nous acheminer vers une parfaite organisation malgré quelques difficultés. Le département de l’Emploi s’emploie à mettre en place les structures devant aider nos jeunes à prendre en main leur destin. Le chômage des jeunes chez nous est exceptionnel et je ne connais pas de famille comorienne où il n’y a pas au moins une fille et un garçon diplômé qui chercherait un emploi ou même un stage ! Je pense que cela constitue un défi national et nous devons faire en sorte que les prochains dirigeants puissent continuer cette politique !

 

Comores-infos : Avez-vous un message pour nos lecteurs ?

H.M.Boléro: Bien sûr : qu’ils continuent à nous apporter leur soutien par leurs critiques qui nous permettent de changer les choses. Cela serait déjà un encouragement.

 

 

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