INTERVIEW-Hakime Ali Saïd ‘Il n’est écrit nulle part dans la constitution comorienne que la tournante de 2016 revient à la Grande Comores’

hakimINTERVIEW –  Hakime Ali Saïd, journaliste et présentateur vedette de Mayotte 1ere, candidat à la présidentielle de l’Union des Comores en 2016.
Comores-infos – Hakime Ali Saïd, Vous êtes Mahorais, vous avez la nationalité  française et non comorienne, vous êtes pourtant candidat à la présidentielle de 2016 aux  Comores. Pensez-vous que ça soit possible ? 
 
Hakime Ali Saïd – C’est le genre de questions qui m’attriste profondément. Quand mon interlocuteur comorien doute du fait que je puisse être ou pas comorien, cela me touche dans ma chaire, dans mon identité. Je suis né à Mayotte en 1968 et au même titre que tous les enfants natifs d’Anjouan, de Mohéli et de Grande Comores de parents comoriens, je suis comorien. Auprès de l’Union des Comores, j’ai les mêmes devoirs et les mêmes droits que tout anjouananais, tout grand comoriens et tout mohélien. Enfin la constitution de notre pays en son article 5 stipule que « nul ne peut retirer sa nationalité comorienne à tout natif de l’archipel des Comores ».

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Est-ce que vous vous présentez en tant que Français ou Comorien ? 

Les comoriens qui disposent de la nationalité Française et de la nationalité comorienne sont des centaines de milliers à travers le monde et ils ne sont pas tous natifs de Mayotte. De Dunquerque à l’ile de la Réunion en passant par Paris, Lyon Marseille et j’en passe, il y a des milliers d’Anjouanais qui sont comoriens et français, des milliers de grands comoriens qui ont la double nationalité et il en est de même pour des milliers de Mohéliens.
L’histoire nous apprend par ailleurs, que le feu président Ahmed Abdallah Abderehmane, le père de l’indépendance a présidé durant 12 ans à la destinée de notre pays tout en étant de nationalité comorienne et de nationalité française. Pour 2016 je ne serai pas le seul candidat franco comorien. Les grands comoriens Said Larifou, Fahmi Said Ibrahim et d’autres qui ont les mêmes nationalités que moi se préparent aussi à être candidat

Comment votre candidature est-elle réellement perçue par  les Mahorais ?  

Ma candidature a surpris certains, fait rire d’autres, mais beaucoup de mahorais applaudissent mon initiative. Ils ont hâte de voir les résultats qui sortiront des urnes en mai 2016. Ils ont hâte de connaitre le score que fera le candidat mahorais. Cela dit, dans le reste de l’archipel aussi, ma candidature est diversement perçue. A Anjouan et Mohéli contrairement à la Grande Comores une grande partie de la population m’encourage à aller au bout de ma démarche et je ne les décevrai pas. Je serai au rendez vous de la présidentielle de 2016, Incha allah.

L’impossibilité d’organiser des primaires à Mayotte ne rend t-il pas votre candidature impossible ? Votre objectif n’est-il pas simplement de pousser les responsables politiques jusqu’à la contradiction avec le principe de la tournante? 

« L’impossibilité d’organiser les primaires à Mayotte », c’est une bien grande déclaration. Comment peut-on dire que les primaires sont impossibles à organiser à Mayotte quand on sait qu’à ce jour aucune initiative n’a été prise par les autorités comoriennes pour tenter de les organiser. Il n’y a même pas eu une lettre émanant de Moroni adressée aux instances internationales pour dire le souhait d’organiser les primaires à Mayotte.  Et certains considèrent déjà qu’il est impossible de le faire. La vérité est que ni les mahorais, ni les autorités comoriennes ne veulent de ces primaires à Mayotte. Qu’à cela ne tienne, cela ne m’empêche pas d’être candidat là ou il y aura les primaires, à Anjouan ou en Grande Comores.
La constitution comorienne me permet d’être candidat tout comme elle permet à l’actuel président, le mohelien Ikililou Dhoinine d’être candidat à sa succession, à l’anjouanais ex président Ahmed Abdallah Saambi et au grand comorien également ex président Azali Assoumani d’être aussi candidats en 2016.

Les candidats à la Grande Comore se préparent pour 2016, beaucoup  se sont déjà  déclarés candidats pour représenter l’île. Est-ce que si la tournante n’est pas respectée vous serez toujours candidat ?

Mes frères grands comoriens ont toute légitimité pour se préparer à être candidats en 2016, mais il n’est pas question que la Grande Comores s’approprie sans aucun fondement juridique, sans aucun fondement constitutionnel, ce qui doit être la tournante de Mayotte. Il n’est écrit nulle part dans la constitution comorienne que la tournante de 2016 revient à la Grande Comores.
Dans la conscience collective après la Grande Comores, après Anjouan et après Moheli, 2016 doit être l’année de Mayotte parce que « Komori yatrou masiwa mané ».

Puisque certains considèrent déjà que les primaires sont impossible à organiser à Mayotte, je propose au chef de l’Etat, à l’assemblée nationale et à la cour constitutionnelle de tout mettre en œuvre dès maintenant pour que le scrutin de 2016 soit « le top départ » de l’Unité tant recherchée des Comores. Qu’on transforme la tournante de Mayotte en tournante de tous les comoriens. Que les primaires se déroulent sur l’ensemble du territoire national et que tout comorien qui le souhaite et qui rempli les conditions puisse être candidat sans qu’on se demande quel est son village, quelle est son ile de naissance.
Je propose que le premier tour de la présidentielle qui doit désigner les trois prétendants au second tour soit organisé dans l’ensemble de l’archipel au même titre que le second tour. Ainsi nous aurons une très belle élection démocratique. J’invite mes frères de la grande Comores à ne pas avoir peur de suffrage universel direct de tous les comoriens
 
 
Depuis 1995 avec l’instauration du visa Balladur, des milliers de Comoriens meurent  noyés au large de Mayotte chaque année.  En tant que candidat à la présidentielle de l’Union des Comores, quelle(s) solution(s) préconisez vous ? 
 
Nous avons le devoir de stopper les drames qui se nouent chaque jour en mer entre Anjouan et Mayotte. Et pour cela nous devons actionner deux leviers principaux. Assouplir au plus vite les conditions de circulation des hommes et des femmes entre les iles et surtout rehausser le niveau économique et social à Anjouan, Mohéli et en Grande Comores. Tant qu’on ne réglera pas le problème de l’école, de l’éducation, le problème des Hôpitaux, de la santé, tant qu’on n apportera pas des solutions aux problèmes du chômage dans ces 3 iles, il y aura toujours des morts en mer.
 
Vous suivez de prés ce qui se passe aux Comores depuis la mise en place de la tournante. Quel regard portez-vous sur la gestion du pays ?
 
Un seul mot pour qualifier la gestion du pays depuis l’indépendance. Elle est chaotique. Nos gouvernants ont jusqu’ici plus pensé à leurs propres intérêts, à ceux de leur famille, de leurs amis et ont oublié le peuple.
La tournante n’est pas la meilleure formule démocratique, mais elle a le mérite de nous avoir sorti de la crise séparatiste de 2000. Jusqu’ici nous n’avons pas trouvé meilleure formule mais les choses vont aller dans le bon sens. Déjà la tournante de 2016 ne doit ressembler en rien aux trois tournantes que nous avons vécu jusqu’ici. Pour la première en 2002 il n’ ya eu que des candidats grands comoriens, pour la seconde, en 2006 que des candidats anjouanais, et pour la dernière en 2010 que des candidats mohéliens.
Pour 2016, organisons la tournante de l’Unité des Comores. Soyons novateurs, et osons le rapprochement de tous les enfants de l’archipel

Avez-vous un message pour nos lecteurs ?
 
La pauvreté et la misère ne relèvent pas de la seule fatalité. Nous sommes capables de faire mieux que l’eternelle politique de la main tendue. L’ile Maurice, l’ile de la Réunion et les Seychelles ont réussi dans le Tourisme. Les Comores ont des atouts considérables pour nous permettre de faire au moins aussi bien que nos voisins.
Nous ne réussirons pas le développement économique des Comores si nous ne donnons pas de l’énergie à notre pays.  Avec des amis ingénieurs canadiens, nous avons finalisé un projet d’électrification pérenne de l’archipel, projet qui tient compte des ressources, et des besoins de chaque ile.
Nous préparons l’élection présidentielle de 2016 avec un projet de société qui s’appuie sur l’une des principales richesses des Comores, à savoir sa jeunesse.

Propos recueillis le 15 Octobre 2013 pour Comores Infos.

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3 commentaires sur INTERVIEW-Hakime Ali Saïd ‘Il n’est écrit nulle part dans la constitution comorienne que la tournante de 2016 revient à la Grande Comores’

  1. bravo Mr le President. je suis tout a fE d’acrd avec vous sur la question du visa Balladu, pour pouvoir stopper ttes cs moeurtres, nous devons regler les problm qui se trouvent dans notre pays. personne n’aura besoin de courir vers la mort pr la recherche du bonheur qd il se trouve dans notr pays.

  2. salam alaykum!! en tout premier temps je voulais demander si l’ile de Mayotte est une ile comorienne? car je ne vois aucune option qui puisse me révéler que cette ile admet d’être comorienne. secundo, on pense que tout d’abord que si cette ile aura à nous présider qui puisse nous témoigner que ce n’est pas la France qui est derrière celle ci. Mr Hakim Ali Said est c’est aujourd’hui de vous rappeler que »masiwa yahatu mane »? depuis fort longtemps nos président essaye de nous faire comprendre ce propos mais à ce qui semble notre cher ile Mayotte ne l’a pas remarqué.Aujourd’hui l’ile de Mayotte est devenu département de l’union Européenne ceci ne peut rien nous donner l’évidence qu’en réalité cette ile aime bien être parmi les Comores. alor est il évident que le tour soit pour Mayotte,en meme temps qu’elle est française?

  3. Bjr a tous.
    moi je ne pas de problème à condition qu’il nous prouve du bien fondé de son engagement et de son soutien véritable au peuple comorien.qu’il nous prouve ce qu’il fait à Mayotte pour les refoulés des autres îles et pour les enfants qui Herent dans les rues et les bidonvilles pour cause les renvoyés sans qu’on leur laisse le temps de les récupérer.

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