Interview/ Ibrahim Halidi, ancien premier ministre

Ibrahim Halidi, ancien premier ministre
« Le séparatisme n’est pas mort »

Ancien premier ministre, Ibrahim Halidi revient sur la scène politique après quelques années de silence. Cet ancien candidat aux éléctions présidentielles (1996 et 2006) est convaincu que Dieu a divisé les Comores, donc le séparatisme est en permanence dans le pays. Dans cette interview, l’enfant de Newmakélé donne point de vue sur le développement de l’archipel. Il dit ne pas comprendre le statut de Moroni comme capitale de l’Union.

Question: Vous êtes resté pendant beaucoup de temps à Anjouan, qu’est ce que vous faisiez?

Ibrahim Halidi: Je suis parti à Anjouan en octobre 1999. J’étais plus ou moins repoussé et chassé vers la Grande-Comore. En octobre 2000, j’ai pu regagner Anjouan et depuis j’y suis resté. je suis resté à Anjouan pour me battre par ce que j’ai une idée des Comores. Mais aussi à Anjouan, il y a de quoi à faire pour les politiciens comoriens.

Questions: Et quelle est cette idée pour les Comores?

I.H: Pour moi l’archipel des Comores a hérité d’un passé. D’un passé que le bon Dieu a fait, le séparatisme aux Comores. Et quand on me traite de séparatisme, je souris un peu par ce que je ne pouvais pas être séparatiste. Dieu a déjà séparé les Comores. Il a fait 4 îles. Il était du devoir du comorien de chercher à faire l’unité des comoriens. Mais malheureusement nous ne l’avons pas vu. J’avais créél’Union pour la Démocratie et la Décentralisation (UDD) et j’avais prévu qu’on allait se séparer et il allait y avoir du séparatisme qui va nous faire souffrir et on ne m’a pas compris. Les résultats, j’ai payé cher parce que j’ai fait la prison et plusieurs prisons. Mais aujourd’hui la prison qui me fait mal c’est d’être radié de la fonction publique comorienne sans que je sache. Et voilà 15 ans que je suis radié alors que je ne le savais pas. Je l’ai découvert il y a quelques jours. Pour moi, il faut refaire les Comores et on a la possibilité de le faire.

Question: Pendant longtemps vous n’avez pas parlé. Pourquoi avez-vous décidé de rompre le silence?

I.H: Cela fait bon moment que j’ai gardé le silence mais je crois qu’aujourd’hui le moment est venu de briser ce silence. Pourqoui? par ce que le président qui est là est président Mohélien et ce président mohélien pour moi fait une continuité entre le président Azali et le colonel Abeid. Les accords qui m’ont permis de regagner Anjouan étaient signés à Fomboni. Lorsqu’on a laissé les accords, j’étais invité par le président Azali pour me soumettre ce qu’il envisageait d’aller négocier avec le colonel Abeid. Pour moi aujourd’hui avec un président natif de Mohéli, on peut revenir en arrière et voir pourquoi il y a eu des réactions à Mohéli et à Anjouan comme à la Grande-Comore. Pourquoi ne pas voir le contenu de ce qui était signé entre le président Azali et le colonel Abeid. Ils ne sont plus là mais ils avaient permis au moins un pont et avec ce pont là avec le président Iki, je crois qu’on peut revoir les choses et faire des choses positives pour ce pays.

Question: Vous parler toujours de séparatisme, est-ce qu’aujourd’hui le séparatisme est mort ?

I.H: Le séparatisme n’est pas mort. Il ne peut pas mourir car Dieu a fait le séparatisme aux Comores. Dieu a séparé les îles et c’est nous qui devrons créer et faire une histoire qui doit mettre les Comores ensemble. Cela veut dire quoi? Il y a Mayotte qui est une île française dans les Comores, il y a l’île de Mohéli qui revendiquait une autonomie et il y a Anjouan qui s’est battu pour avoir je ne sais quoi. Et ce qui s’est passé à Anjouan a été maté par des armes venus d’ailleurs et aujourd’hui certains politiciens des autres îles définissent Anjouan comme étant un marigot. Aujourd’hui au moment où je vous parle il y a un ruisseau qui se creuse à Anjouan.

Question: Ca veut dire quoi?

I.H: Ca veut dire qu’il faut poser la question aux autorités comoriennes d’aujourd’hui et ils vous diront qu’ils n’ont pas eu cette liaison qui pourrait faire la cohésion des îles. Moi je dis, la revendication de l’autônomie est morte mais ce n’est pas le séparatisme qui est mort par ce que les îles sont autônomes mais les îles ne savent pas qu’elles sont autônomes.

Question: Et quel regard portez-vous sur le régime Iki?

I.H: Le président Ikililou doit être la continuité du président Azali et du colonel Abeid. C’est le regard que je porte et je ne parle pas d’une aventure. Si le président Iki a compris qu’il doit faire la continuité de ce qui a été signé à Fomboni, alors là les Comores sont sauvées.

Question: Dans votre déclaration, vous fustigez le statut de Moroni. Qu’est-ce que vous proposez?

I.H: Moroni doit devenir soit la 4ème ou la 5ème île. Je trouve la capitale Moroni un peu ambigue. Moroni est la capitale de Ngazidja, elle est la capitale de trois îles et des gens veulent qu’elle soit la capitale des 4 îles. Je suis venu à Moroni et je me suis perdu. Moi je dis que l’Etat Comorien doit s’apprêter à construire les bureuax de l’Union des Comores ici à la Grande-Comore et ça c’est à négocier. Et il faudrait que le gouverneur de lîle autônome de Ngazidja puisse trouver ses moyens et vivre en tant qu’île autônome.

Questions: Où en êtes-vous avec votre parti politique créée il y a quelques années?

I.H: Je n’ai pas de parti politique mais j’ai un mouvement des Comoriens(MPC). Ses adhérents sont en majorité des anjouanais et j’ai distribué plus de 1000 cartes à Mayotte. Il n’y a pas des grands-comoriens et mohéliens qui en sont membres. Donc j’attends prochainement faire de ce mouvement un parti politique. Et pourquoi, les partis politiques ne fonctionnent pas à Anjouan et à Mohéli? Mais ce Mouvement pour les Comores était crée pour accompagner et combattre le séparatisme et trouver la cohésion qui fera de nous les les Comores.

Propos recceillis par Mohamed Youssouf La Gazette des Comores

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