Islam, médias, Russie : même George Bush rappelle à l’ordre Donald Trump 

THE DAILY TRUMP. Interrogé dans l’émission « Today » sur NBC, l’ancien président républicain n’a pas ménagé ses critiques contre le nouveau locataire de la Maison-Blanche.

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Par  Natacha Tatu

Qui aurait cru que G. W. Bush ferait un jour figure de sage ? C’est la magie de Donald Trump. En face de lui, l’ancien président républicain apparaît soudain sous un jour inattendu : censé, ouvert, généreux, raisonnable… 
Interrogé lundi dans l’émission « Today », sur la chaîne NBC, le prédécesseur de Barack Obama à la Maison-Blanche est sorti de sa réserve et a dit tout le mal qu’il pensait du nouveau président et de sa politique. Plusieurs sujets ont été balayés.

L’islam ?
Selon George W. Bush, qui a dû faire face aux attentats du 11-Septembre, les attaques du président Donald Trump contre la communauté musulmane se trompent de cible, « les terroristes n’étaient pas des gens religieux ».
L’ancien président s’est dit opposé à la fermeture des frontières aux ressortissants de sept pays musulmans, décrétée par le président – et annulée par les juges. Il a laissé entendre que ces moulinets étaient inutiles, et qu’une attitude conciliante aurait beaucoup plus succès.

« C’est très important pour nous de reconnaître qu’une de nos forces, c’est de laisser les gens prier comme ils veulent, ou ne pas prier du tout. Le fondement de notre liberté, c’est le droit de croire librement. »
Il poursuit : « J’ai compris tout de suite que c’était un conflit idéologique, et que ceux qui tuent des innocents ne sont pas des gens religieux. Ce sont des gens qui veulent promouvoir une idéologie, et nous avons dû faire face à ce type d’idéologies dans le passé. »
Et pour bien enfoncer le clou, quand on lui demande s’il soutient la politique de fermeture des frontières de Trump, sa réponse est claire :

« Je suis pour une politique d’immigration accueillante, et qui soit conforme à la loi. »
Bim. Voilà pour l’islam.

Les médias ?
Les médias ? « Ils sont indispensable à la démocratie ». Une réponse directe à la guerre ouverte de Donald Trump contre les médias, que le président a carrément appelés « les ennemis du peuple », ou encore « le camp de Clinton », tandis que son stratégiste en chef les appelait « le parti d’opposition ».
« Nous avons besoin des médias pour demander des comptes aux gens comme moi », a rétorqué l’ancien président républicain, qui n’avait pas été ménagé par la presse, notamment durant la guerre en Irak.

« Le pouvoir peut être addictif et corrosif, et il est important que les médias puissent rendre compte des abus de pouvoir, que ce soit ici ou ailleurs. »
Puis, pour bien enfoncer le clou :

« C’est difficile de donner des leçons aux autres sur la nécessité d’avoir une presse libre et de ne pas vouloir en avoir une nous-mêmes. »

La Russie
La Russie, enfin. Le scandale majeur, potentiellement plus grave que le Watergate, qui pourrait, si les fait étaient avérés, provoquer un « impeachment », une destitution du président :

« Nous avons tous besoin de réponses, sur les contacts entre des responsables de l’équipe de Trump et des officiels russes durant la campagne. Le président de la commission du Sénat sur le renseignement Richard Burr est un ‘esprit libre’, capable de mener l’enquête. »


Ni George Bush ni son père n’ont soutenu Donald Trump lors de la campagne présidentielle. L’ancien président a toutes les raisons d’en vouloir à Donald Trump, qui n’a cessé de s’en prendre violemment à son frère Jeb Bush, même après que celui-ci a perdu la primaire.
N’empêche.
« Je n’aurais jamais pensé que je ferai un jour l’éloge de W. », a commenté l’universitaire démocrate Robert Reich. Mais voilà où on en est. »
Natacha Tatu/LOBS

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