Justice. Une action sociale engagée contre deux responsables de la Meck-Moroni

On reproche à certains responsables de la mutuelle de crédits de mauvaise gestion, notamment «la disparition de 34 vaches, alors qu’aucune preuve de leur décès ne serait fournie. On relève aussi que la somme de plus de 9 millions de francs aurait été accordée à un cabinet pour une prestation alors que celle-ci ne serait jamais exécutée.

Par Mariata Moussa

Le tribunal civil de Moroni est saisi d’une affaire sociale opposant Tadjidine Ben Mohamed contre Aboubacar Boina et Lailati Saïd Hassani, respectivement, président du conseil d’administration et directrice exécutive de l’agence de Moroni de la Mutuelle d’épargne et de crédit Ya Komor (Meck). Appelée pour la première fois, hier matin, l’affaire est renvoyée au 7 novembre afin de permettre à la partie requérante de répondre aux deux exceptions soulevées par l’un des avocats de la Meck-Moroni, Me Harmia Ahmed. 

Primes et indemnités

Au sujet des deux exceptions, l’avocate a demandé au tribunal de constater «l’irrégularité de la procédure» et de prononcer «une fin de non recevoir» au motif que de nombreux éléments de l’identité des personnes assignées n’ont pas été fournis.

L’assignation portée par Tadjidine Ben Mohamed et son avocat, Me Moudjahidi Abdoulbastoi, consiste à demander au tribunal de condamner ces responsables de Meck-Moroni pour leur mauvaise gestion de l’établissement.

Selon l’avocat du requérant, «ces deux personnes qui font l’objet de cette poursuite, Aboubacar Boina et Lailati Said Hassani, sont à l’encontre des intérêts de la Meck-Moroni. Mon client estime que ce qui se passe à la Meck-Moroni est à l’encontre des intérêts de l’établissement et, en sa qualité de membre, il a décidé d’entreprendre cette action sociale, conformément à l’acte uniforme de l’Ohada sur les sociétés coopératives».

Selon les explications de Me Moudjahidi Abdoulbastoi, «cet acte uniforme de l’Ohada permet à tout membre de la Meck-Moroni d’intenter une action en responsabilité d’un dirigeant, si ce dernier n’agit pas pour l’intérêt de l’établissement».

Suite à cette argumentation, un des avocats de l’institution financière a déclaré que «cette disposition de l’Ohada n’est pas encore en vigueur au pays car, elle date de 2010 et le pays ne s’est pas encore conformé». Quant à cette mauvaise gestion citée par la partie poursuivante, le requérant l’a présentée sous plusieurs formes, dont la disparition de 34 vaches, alors qu’aucune preuve de leur décès ne serait fournie.

En dehors de cette histoire de vache, l’avocat a également relevé la somme de plus de 9 millions de francs accordée à un cabinet pour une prestation alors que celle-ci n’est jamais faite et le licenciement de Chamou Tourqui.

A en croire l’avocat, cette mauvaise gestion concerne aussi les primes et indemnités distribuées aux élus de l’institution financière, aux membres du conseil d’administration, du conseil de surveillance et du comité de crédit.

Alwatwan 

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