Kiki veut empêcher les élections à sa manière

 

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Pour ce second tour des élections, l’atmosphère est loin d’être aussi détendue dans la capitale que lors du premier tour. Des incidents ont éclaté dans le quartier de Mtsangani, mais aussi à Bacha et à la Coulée, pour ne citer que ceux-là. Le parti Orange considère que la note circulaire du ministre de l’Intérieur n’est pas légale et estime que les citoyens ne peuvent voter qu’en se présentant avec leur carte d’électeur ou de leur carte nationale d’identité.

Mohamed Daoudou alias Kiki du parti Orange a accompli son devoir de citoyen à Moroni Bacha. « Je vais gagner », a-t-il assuré. Un autre leader de ce même parti a provoqué un esclandre à Mtsangani, un peu plus tôt dans la matinée. En effet, l’ex-député Abdoulfatah Mohamed a, devant témoins, arraché les notes circulaires du ministre de l’Intérieur. Dans un enregistrement sonore, on entend Abdoulfatah Mohamed dire distinctement : « Nous ne tolérerons pas que des gens puissent voter avec des extraits de naissance et nous déchirerons ces extraits ».

Mohamed Daoudou abonde dans le même sens. « Nous devons appliquer le code électoral et celui-ci est clair : les électeurs ne peuvent voter qu’avec des cartes d’électeur ou leur carte d’identité nationale ». Il poursuit : « La note circulaire n’est pas au-dessus de la loi et s’ils persistent à vouloir voter autrement qu’avec ce qui est prévu par la loi, nous les en empêcherons ». Comment ? « Nous sommes prêts à saboter ces élections », a-t-il menacé.

Interrogé à ce sujet alors qu’il accomplissait son devoir civique à Zilimadjou, au sud de Moroni, le ministre de l’Intérieur, Houssen Hassan Ibrahim, pourtant issu du parti Orange, a été ferme concernant les propos tenus par « ses camarades ». « Nous ne pouvons tolérer ce genre d’actions, je suis d’abord un ministre de la République, je dois être au-dessus de la mêlée et la loi sera appliquée à tous ceux qui l’enfreindront », a-t-il prévenu.

L’occasion, pour vérifier les dires du premier flic de l’Etat, n’a pas tardé à se présenter. Un assesseur issu du parti Orange a provoqué une crise en milieu de matinée. Selon Mohamed Mahmoud, le président du bureau de vote de Coulée 2, Abdou Goda, assesseur plus connu sous le surnom de Rakout, « a voulu empêcher une personne, pourtant présente sur la liste d’émargement, de voter ». « Heureusement, sa carte d’électeur était là et la personne a pu voter », avance-t-il. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là.

« Quelques heures après, Rakout est revenu avec Nissad Salim Idarouss (conseiller sur la liste de Kiki), Oidjih Moilim (suppléant d’Abdoulfatah Mohamed, dit Chiza) et un troisième que je ne connais pas », avance Mohamed Mahamoud. « Ils voulaient que nous reprenions Rakout en tant qu’assesseur, ce qu’évidemment nous avons refusé ».

C’est à ce moment-là que les choses se seraient compliquées. Rakout aurait déchiré les listes d’émargement qui étaient affichées et « voulait même s’en prendre à moi physiquement parce que j’ai voulu à tout prix protéger l’urne », poursuit le président du bureau de vote de Coulée 2.

Selon les personnes présentes, le but était manifestement de faire annuler les deux bureaux de vote de la Coulée, au nord de la capitale. Les bureaux ont été vandalisés, l’encre renversée. « Après cela, ils sont tous partis dans une voiture qui les attendait dehors ». Un autre témoin a affirmé que la voiture appartenait à l’administration (Adbl). A l’heure où nous bouclions cet article, le scrutin avait bien repris et l’endroit sécurisé.

 

 

Faïza Soulé Youssouf

La gazette des Comores

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