Koussoy Abdallah : “Je combattrai le chiisme comme j’ai combattu le séparatisme”

Vous faites partie du Collectif des ulémas et notables de Ndzuwani qui combat l’implantation d’autres courants religieux, autres que le sunnisme dans le pays. Vous avez même échangé avec le président de la République à ce sujet. Qu’en est sorti de cette rencontre?Nous avons effectivement rencontré le chef de l’Etat jeudi dernier. Nous lui avons fait part de notre inquiétude face à la multiplication des sectes religieuses à Ndzuwani.

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Nous lui avons rappelé la Conférence islamique des ulémas, tenue à Doha en 2008, qui a interdit le prosélytisme chiite en milieu sunnite et vice-versa. Il s’est dit persuadé du problème que ce phénomène pourrait poser à long terme. D’ailleurs, la veille de notre rencontre, le président de la République avait reçu une délégation conduite par le président du Conseil des oulémas, qui l’aurait interpellé sur le même sujet. Finalement, il nous a dit qu’il allait en parler avec le Mufti avant de nous revoir.

Nous attendons donc…Pourquoi ne supportez-vous pas l’existence d’autres religions ou d’autres courant religieux aux Comores?Il ne s’agit pas de religion, mais de sectes. Ces sectes viennent perturber la vie harmonieuse de la population comorienne, en apportant de la confusion. Les Comoriens pratiquent, depuis des lustres, un Islam de rite chaféite que nous n’avons même pas assez exploré. Ce n’est donc pas la peine de nous apporter d’autres idéologies qui viendront bouleverser les rapports entre les gens, entre les communautés… Ces nouvelles croyances ont la particularité de provoquer la désunion des Comoriens, et cela est très dangereux.

Je l’ai toujours dit: il est plus facile de juguler un conflit politique qu’un conflit confessionnel.Vous combattez surtout la propagation du chiisme. Est-il plus répréhensible que les autres courants religieux?Les chiites dénigrent les compagnons du Prophète (s.a.w); ils insultent son épouse, et malgré tout, ils racontent qu’ils vénèrent sa famille. Si ceux qui ont suivi cette voie l’avaient fait par foi, cela ne m’inquiéterait pas beaucoup. Mais tout est lié au profit matériel. Les gourous de ces courants gagnent de l’argent à répandre ces idées. Il ne faut donc pas laisser ces gens prendre racine avec leurs idées néfastes.

Personnellement, je ne me lasserai jamais de ce combat, comme je ne me suis jamais lassé de combattre le séparatisme durant la décennie qu’il s’était invité à Ndzuwani.Il y a un verset du Saint Coran qui dit: “A vous votre religion, et à nous la nôtre”. N’est-ce pas la preuve que l’Islam tolère la cohabitation des croyances?Le verset parle de religions, or le chiisme, à mon avis, n’est qu’une secte. Les sectes sont dangereuses: leurs leaders exploitent la précarité ou l’ignorance des gens pour les enrôler. La preuve que ces gens roulent, avant tout, pour l’argent. Ce sont ces festivités grandioses, avec de la nourriture à gogo, à toute occasion qui se présente, pour attirer les gens.

Je connais des personnes à qui on a même ouvert des commerces, juste pour les rallier.A votre avis, pourquoi s’est-on trouvé aujourd’hui dans cette situation?C’est difficile à expliquer. Il y a tout un tas de circonstances qui ont favorisé l’implantation de ces autres courants religieux dans le pays. Il y a, comme je l’ai dit, la pauvreté… On dit par ailleurs, et je le croyais moi aussi, que c’était à cause de ces nouveaux arrivants [les étudiants venus de Médine, d’Iran etc., ndlr]… Mais cela ne me convainc pas non plus. Moi-même j’ai étudié en Libye. J’y ai passé seize années de mon existence sans que j’aie apporté, à mon retour ici, une propagande malékite!

 

Sardou Moussa

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