L’ AGWAGATE

Abdallah Agwa n’est peut-être pas instruit, peut-être pas un (vrai) journaliste ! et partant même du fait qu’ il soit un simple animateur radio, certaines personnes auraient pu avoir un minimum d’humilité et de reconnaissance.

– Abdallah Agwa sest auto-formé, auto-instruit, utilise du matériel technique que d’autres ont suivi des formations, a reçu dans son studio des politiques comme des gens de la société civile, et avec sa méthode, il s’est créé une réputation et une forte audience que beaucoup d’hommes politiques en ont profité.
– Ils sont passés sur son antenne pour divers sujets, et récemment pour un débat sur la tournante sans jamais lui demander sa carte de journaliste ou son autorisation d’émettre.
– Ils n’ont jamais songé à fermer la Baraka Fm tant qu elle leur servait.
Mais admettons un instant qu’ il a eu tort, que la justice n’ a pas bien examiné les charges retenues contre lui: est ce que dans une démocratie, il n’y avait pas moyen de ressaisir la justice pour qu elle révise son verdict?
Est ce qu’ un président de la république ne peut pas prendre de la hauteur en considérant qu’une presse, un journaliste au même titre qu’un citoyen lambda peut outrepasser ses droits, et recevoir un avertissement ou un jugement clément ou être pardonné? Dès lors, nous sommes nous en droit de nous demander pourquoi nous devons accepter et tolérer les multiples erreurs de nos hommes politiques et qu’ à l’inverse ils usent et abusent du pouvoir dans l’impunité?
Apparemment non, rien n’est tolérable du moment qu’ il s’agisse des erreurs des autres.
– Aujourd’hui, Abdallah Agwa, l’animateur radio à dit haut ce que les (vrais) journalistes et l’homme de la rue chuchotent et n’osent pas en parler, peur de perdre leurs emplois ou finir en prison, et Agwa, parce qu’ il dérange, doit payer parce qu’ il pensait réveiller un peuple soumis et endormi.
Alors, si la démocratie n’ est pas en dangers, c’ est qu’ elle n’ existe pas.

C’est l’ AGWAGATE

N’est ce pas consternant qu’ Agwa le dit illettré met en ébullition un État au point de devenir l’ennemi numéro un?
– du coup le (faux) journaliste ou l’animateur radio n’a ni lieu, ni matériel pour travailler et nourrir (honnêtement) sa famille. Et pourtant la justice s’est prononcé en sa faveur et on le laisse soit disant libre, sans son matériel pour le chasser.

Allons messieurs, un peu de sérieux. L’ outil vous a servi hier et aujourd’hui on nen veut plus.
– Pourtant la constitution Comorienne reconnaît la liberté d’expression même si elle ne détaille pas les cas.
– Mieux encore, la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen lui accorde deux articles bien précis.

L’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 énonce la liberté d’expression de la manière suivante :
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Quant à l’article 11, il défend la libre communication des pensées et des opinions :
La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Alors, pensez-vous que si notre justice avait constaté le moindre abus ou le moindre excès dans les propos d’ Abdallah Agwa elle lui aurait accordé la liberté et le droit d’exercer son activité?
Loin de là, et c’est même là que nous sommes en lieu de nous demander si la justice est vraiment indépendante, et si en passant outre sa décision, on n’envoie pas un mauvais message aux citoyens.

Mais tout ceci expliquant cela, on peut affirmer qu’ effectivement il n’ y a pas de fumée sans feu, et que le doute soit permis de penser que l’Agwagate est peut-être l’arbre qui cache la forêt.
Mais que fait on de la conscience? On peut ne pas lui donner raison, mais ne pas reconnaître qu’ on piétine un des droits fondamentaux d’un citoyen, c’est peu dire que la peur les hante.

Ahmed Aboudou

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