LA CAPITULATION DU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE

Le temps passait et la crise se durcissait : le président de l’Assemblée se cramponnait au perchoir, l’ouverture de la session fut houleuse, les chamailleries s’éternisaient au sein de l’hémicycle et le bureau de l’assemblée élu est unanimement opposée au président.

Pour mettre un terme à ce feuilleton, deux solutions s’offraient au gouvernement : « négocier » le départ du président de l’Assemblée ou dissoudre celle-ci. « Contraindre » les parlementaires à aller travailler sous l’autorité d’un chef qu’ils continuaient à demander la démission n’était pas la solution. C’était nier une réalité, celle de l’impossible cohabitation entre des parlementaires accusés de tous les maux par un président qu’ils continuaient à remettre en cause la compétence et la probité.

Puis vint une solution intermédiaire : écarter le président de l’assemblée de l’hémicycle, son interdiction de diriger les travaux de la session en cours. Simplement pour garder son office et les gratifications qui vont avec, le président de l’Assemblée renonce à exercer ses prérogatives constitutionnelles. Il a préféré capituler face au mémorandum des parlementaires au lieu de remettre le tablier en tout honneur. Quelle humiliation pour la deuxième personnalité de l’Etat ! Quelle manque d’élégance pour une personnalité qui aspirerait, dirait-on, à briguer la présidence de l’Union ! Qu’est ce qu’il lui faut pour démissionner du poste de président et garder celui de député pour sauver sa dignité et son honneur ? Quelle leçon entend-t-il donner aux futures générations en s’agrippant au perchoir ?

Encore une fois, le président de l’Assemblée doit savoir que la démocratie c’est aussi la démission. Et rares sont des textes qui prévoient celle-ci, tout simplement parce qu’il est impossible pour tout constituant de prévoir tous les scenarios où responsable gouvernemental doit démissionner. Il n’empêche que des éminentes personnalités, à travers le monde, se démettent de leurs fonctions à cause d’une crise, d’un fait malencontreux, d’une simple parole malvenue prononcée ou d’une mauvaise gestion. Par exemple, il n’est prévu nulle part dans la loi fondamentale italienne que le président du conseil, élu pour un mandat de 5 ans, doit démissionner en cas de crise économique. Pourtant Berlusconi est parti pour épargner son pays de tant de douleur.
Le président de l’Assemblée devrait tirer les leçons de la crise qui ne fait que perdurer et présenter sa démission. Une élégante façon de rendre service à un pays qui a tant à perdre avec une crise comme celle-ci.

Abdou elwahab Msa Bacar

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