La citadelle biséculaire de Ndzuwani menacée d’effondrement par l’homme

La Citadelle de Ndzuwani risque t-elle de s’effondrer, attaquée à sa base par l’inconscience ou la bêtise des hommes mus par leurs instincts primaires? Telle cette famille qui n’a pas trouvé de meilleure idée que de creuser sous le pied du plus grand patrimoine historique du pays encore intact. Mais comme d’habitude, nous réagissons à l’émotion, ou au simple like,ce langage que favorise Internet. Alors que ce sont ces types de sujets interrogeant la relation avec notre patrimoine, donc notre histoire et tout simplement notre mémoire qui matérialisent l’appartenance à un ensemble, de faire peuple. Cela fait des années que les riverains du marché de Mutsamudu assistent sans réagir au déblaiement de la parcelle située au pied de la citadelle. J’ai eu à le dire à l’époque en soulignant la bêtise et l’indifférence sur ce projet fou et destructeur. Comme seule réponse, on m’a fait comprendre que cela appartenait à un particulier et qu’il avait le droit d’exploiter son terrain pour un commerce. Cela suffit pour questionner notre représentation du territoire comme bien collectif. j’ai l’impression que notre pays est un simple lieu de survie, qui n’obéit à aucune règle protégeant le bien de tous. Existe-t-il d’ailleurs ce bien collectif? la citadelle ne l’est pas tout comme ne semble pas l’être la démocratie. C’est ainsi aussi qu’aucun débat n’a précédé la construction de la route Ndrindri-Moya, une catastrophe écologique à venir puisqu’il rapproche les activités humaines du Dzialandzé, le lac qui aliment toute l’île en eau et menace la forêt de Moya, la dernière de l’île qui n’a pas subie la prédation de l’homme. Les questions posées sur ce dossier n’ont obtenu aucune réponse et d’ailleurs tout le monde s’en fout. Les politiques en premier qui ne pensent qu’à venir inaugurer l’ouvrage pour leur propagande. Les riverains qui voient un raccourci, sans penser aux conséquences. A Mmali, les terrains riverains des plages sont tous achetés par des riches qui pensent à leur week-end. A Ngazidja, des habitations ont défiguré le littoral alors que théoriquement la zone des pas géométriques est protégée. Dans ce contexte, il faut aussi interroger le sens de l’aménagement du territoire et de la vision de l’Etat qui lui a dédié un ministère. Faire société semble une impression aux Comores, face à la prééminence de la propriété privée et des communautés villageoises, les seules qui ont droit naturel sur la terre. Cela est très visible à Ngazidja où l’île est partagée en « urale » (zones) appartenant aux villages ou aux régions historiques (survivance des ngazidja zo mfukaré). A Ndzuwani, la dépossession des terres au profit des domaines coloniaux, a produit l’effet inverse. Les habitants exploitent une terre qui (dans leur imaginaire), ne leur appartient pas pour leur survie et ne se préoccupent pas de la préserver. Ce sont pourtant toutes ces comportement du quotidien qui donnent sens aux concepts de peuple, de nation que nous manions au quotidien. Une rhétorique politique coupée de la représentation née du vécu réel des gens.

Kamal-eddine Saindou (Titre: Comores Infos)

1 commentaire sur La citadelle biséculaire de Ndzuwani menacée d’effondrement par l’homme

  1. Aux Comores l’État reste faible devant la population et chacun peut faire ce qu’ il veut je donne un exemple: les CRDE appelés communément les CADERS sont envahis à Anjouan par des usurpateurs il y a même parmi qui ont immatriculé ces parcelles et rien ne se fait.

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