La citoyenneté économique

Opinion libre:

« Que dire de la loi sur la citoyenneté économique qui fait tant jaser? Etait-ce une bonne idée de légiférer sur cette question ou fallait-il laisser les dirigeants de notre pays appauvri continuer à gérer le passeport comorien dans l’opacité totale?
Il faut donner à César ce qui revient à César. Sans parti pris, je suis d’avis que le Président Sambi a bien fait d’aider à faire changer le cours de notre histoire en s’assurant que le peuple comorien puisse être associé à la vie politique et économique des Comores en ayant à sa disposition toutes les informations nécessaires.
L’ancien Président mérite au moins d’être remercié pour avoir ouvert les yeux de nos compatriotes. Grâce à lui, le comorien lamba a beaucoup appris sur le fonctionnement de notre Etat. M. Sambi se faisait un devoir de toujours expliquer au petit peuple pour que rien ne lui échappe. Il a eu ce courage dont ses prédécesseurs ont sans doute manqué. Trouvez ici toute notre gratitude, Monsieur le Président.
Maintenant, par rapport à la question de la loi sans chercher à s’attarder sur les conditions de son adoption controversée par l’Assemblée Nationale, je trouve que l’idée était bonne et elle a constitué un point de départ pour imposer la transparence dans la gestion de nos finances publiques.
Quelle était la situation avant cette mesure inédite? Les passeports comoriens étaient bien produits et vendus à des étrangers sans aucun contrôle et à l’insu du peuple. Dieu seul sait combien de milliards sont finis dans des poches de particuliers toutes ces années là.
Je ne peux donc que saluer le geste de l’ancien Raïs qui a permis à tous les comoriens de savoir aujourd’hui que leur passeport constitue une très grande source de revenus, poussant ainsi ces derniers à chercher à savoir combien de passeports sont vendus, qui a acheté et où est passé l’argent.
J’avais cru que ce geste de bonne volonté allait être suivi d’un autre effort pour étendre cette légifération à notre pavillon qui est aussi une source importante de fonds mais qui continue à être géré dans le noir.
Immense est donc ma déception de constater que l’homme derrière cette recherche de transparence fait aujourd’hui l’objet de ce qui semble être une chasse à l’homme, une détermination à lui faire regretter son choix politique. Cet acharnement contre un homme, contre un citoyen qui a voulu faire du bien au peuple comorien me rappelle des propos que j’ai une fois entendus et selon lesquels « certaines personnes ne doivent pas être autorisées à faire la toilette de nos morts. Elles doit seulement pouvoir diriger la prière mortuaire ».
Il ressort de ces propos que notre Etat est assimilé à un mort et que certaines personnes gênent car elles partagent avec le peuple ce qui devait rester confidentiel.
Je pense que l’idée de l’adoption de la loi sur la citoyenneté économique était entre autres choses de s’assurer que l’argent ainsi généré ne soit pas volé. Alors, si des anciens Présidents ont mis la main sur ces fonds publics, qu’ils soient punis pour servir d’exemple. Mais il ne faut absolument pas faire de leur culpabilité un objectif. Soyons de ceux qui contribuent à faire avancer les choses au lieu de tout faire foirer. »
Babayou Houmadi

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