La crise des ordures provoque une tension à Moroni

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L’intervention des forces de l’ordre dans les deux principaux marchés de Moroni, hier mardi, n’a pas fait baisser la tension dans la capitale. Des jeunes de la ville ont manifesté leur colère en essayant de bloquer crtaines artères de la capitale. Gendarmes et policiers sont donc intervenus. Il y aurait des arrestations. Pomme de discorde : la crise des ordures qui envahissent la ville depuis plusieurs mois.

Les activités dans les deux marchés principaux sont restées perturbées durant toute la journée de mardi. Le petit marché a été déserté alors qu’à Volovolo, la moitié des vendeurs a choisi de chômer par crainte de subir des pertes “en cas de débordement“. “Les forces de l’ordre sont là pour sécuriser les vendeurs. Mais la tension peut monter d’un moment à l’autre et nous serons des victimes“, raconte un jeune vendeur qui observait, avec des amis, l’évolution de la situation au marché Volovolo.

Des hommes en treillis quadrillaient le marché où des traces d’ordures brûlées étaient encore récentes. “Des gens ont travaillé toute la nuit pour nettoyer les ordures qui étaient amassées là depuis plusieurs jours“, ajoute le vendeur précisant que cela faisait plusieurs jours qu’on n’avait pas effectué le ramassage des ordures dans le marché. L’incapacité des autorités à trouver un site pour abriter la décharge des ordures de la capitale a provoqué la colère des habitants qui ont appelé les vendeurs à cesser l’activité jusqu’à ce qu’un dépotoir soit mis en place.

Le maire de la commune de Moroni n’a jamais été d’accord de la manière dont le dossier relatif à la recherche d’un site devant accueillir les ordures est traité. La mairie dénonçait également la solution des conteneurs qui ne devrait être que très provisoire. “On aimerait que les choses se fassent de façon claire. Les quarante-sept conteneurs, utilisés pour stocker les ordures, sont pleins et il n’y a toujours pas d’endroit pour les décharger“, a confié un agent de la mairie qui a reconnu que la municipalité a bel et bien demandé les marchands et vendeurs de cesser leurs activités.

Saminya Bounou

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La contestation des Moroniens contre les ordures se transforme en contestation contre le régime

La ville de Moroni est quadrillée par les forces de l’ordre qui voulaient, à tout prix, empêcher un départ de manifestation contre les ordures qui ne sont plus ramassées dans les deux marchés de Moroni. Tôt ce matin, les notables de la ville, accompagnés des jeunes, ont fait une descente dans les deux grands marchés de Moroni pour interdire l’accès aux vendeurs, en raison de l’amoncellement anarchique des ordures qui menacent gravement la sécurité sanitaire de la ville mais aussi la sécurité alimentaire. Alors que les pourparlers étaient entamés entres les habitants de la ville et les représentants des femmes vendeuses pour leur expliquer le sens de la démarche, notamment, “contraindre le gouvernement à s’organiser pour ramasser les ordures“, mais aussi “préserver la ville d’une éventuelle épidémie notamment de choléra“, les forces de l’ordre ont dispersé la manifestation, de peur qu’elle grossisse au fil du temps.

Le député de l’Union, Abdoulfatah Saïd Mohamed , qui était à la tête de la manifestation, a été arrêté par la gendarmerie, sérieusement molesté, et libéré pour des examens médicaux. Devant les journalistes, après avoir été libéré, après une heure de garde à vue, l’élu de la capitale a dénoncé le fait que “les militaires savaient que je suis député et avais une immunité parlementaire. Mais ils m’ont affirmé avoir reçu l’ordre de me tabasser“.
La capitale fédérale ne dispose toujours pas d’une décharge, avec incinérateur et un centre de tri, mais d’un dépotoir où les ordures s’amoncellent depuis des années. Ce dépotoir est aussi situé à proximité du grand lycée de Moroni, mais aussi des deux écoles privées les plus cotées des Comores, l’école française Henry Matisse et le Groupe scolaire Fundi Abdulhamid.
Alors que les jeunes ont barricadé les principales rues de Moroni, des affrontements ont éclaté, en fin de matinée, avec les forces de l’ordre et deux jeunes ont été blessés. Près de six voitures des administrations de l’Etat, dont celle du journal Al-watwan, ont été abimées, les vitres brisées par les jets de pierres. Certaines voitures retenues dans les places publiques de Moroni ont finalement été rendues.

Le député de Moroni, après avoir subi des examens à El-Marouf et un scanner à la tête, s’est rendu à la gendarmerie pour une enquête sur l’origine des troubles. La tenue programmée dans une semaine à Dunkerque, en France, d’une assise de la diaspora de Ngazidja, patronnée par le gouverneur de l’île, avec des fonds de l’île, a choqué la population. Ali Mohamed, notable de Moroni, s’interroge sur “la nécessité de financer un telle rencontre avec un budget de 200.000 euros, alors que des fonds manquent pour se pourvoir de camions de ramassages et de se doter d’un incinérateur ou de produits de traitements des ordures“.

 


Alwatwan

 

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