La directrice générale de la Snpsf : «il n’y a pas qu’à la Snpsf qu’il y a des détournements»

«Regardez ce qui se passe à l’international et vous verrez si on est la seule banque qui subit ce genre de préjudices». Selon Ahmed Mariama, la différence avec les autres institutions c’est que la Snpsf «étant une société publique, doit nécessairement rendre publics les détournements». Pour ce qui est du projet de scinder la partie postale de la partie bancaire de l’entreprise, «le gouvernement s’est engagé à poursuivre la réforme» et une feuille de route sera «bientôt» rendue publique. «Cependant», il va s’agir  d’une «séparation interne des activités et non d’une scission».

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Propos recueillis par Kamardine Soulé

W’E : La Snpsf fait appel à des cabinets privés pour sécuriser les avoirs des clients. Malgré cela, les détournements sont devenus endémiques ces cinq dernières années? Pourquoi est-il si facile de contourner le système de sécurité et de se servir dans la caisse?
Ahmed Mariama : Il n’y a eu aucun cabinet privé pour sécuriser les avoirs des clients, ils sont déposés sur un compte à la Banque centrale des Comores. Pour ce qui est des vols, posez la question aux autres banques ou regardez ce qui se passe à l’international et vous verrez si on est la seule banque qui subit ce genre de préjudices. La différence avec les autres institutions c’est que la Snpsf est une société d’Etat, et qu’à ce titre elle doit rendre publics les détournements.

W’E : Nous avons des informations qui font état d’un rapport produit par un groupe d’experts, qui dit que la société a besoin de plusieurs milliards de francs pour se recapitaliser, la Snpsf est-elle aujourd’hui en crise ?
A.M. : La loi bancaire veut que les actionnaires d’une banque apportent un capital à sa création, ce qui n’a pas été le cas pour la Snpsf. Aux yeux de la réglementation, elle n’est pas considérée comme une banque à part entière. L’apport souhaité va d’abord permettre à l’Etat, actionnaire unique, de se conformer à la réglementation, et ensuite permettre à la Snpsf d’avoir les moyens de ses ambitions qui sont aussi ceux des autorités politiques actuelles. Vous vous souvenez sans doute que la Snpsf a été créée par le président Azali au cours de son premier mandat.

W’E : La Snpsf aurait diligenté un audit interne sur l’affaire Daoukou. L’institution a-t-elle une idée du montant du préjudice?
A.M. : Cette affaire a été jugée et on n’avait pas besoin de diligenter un audit.

W’E : Quel est le montant des détournements orchestrés ces cinq dernières années dans l’institution que vous dirigez?
A.M. : Vous savez bien que, pour le respect de la déontologie bancaire et de notre clientèle, je ne suis pas tenue de divulguer cette information.

W’E : Où en est le projet de la scission de la partie postale et de la partie bancaire?
A.M. : Le gouvernement s’est engagé à poursuivre la réforme, vous saurez, sûrement et pour bientôt, la feuille de route. L’apport en capital dont vous avez fait état plus haut entre dans ce cadre, puisque la séparation ne peut pas se faire avant la capitalisation de la banque en création, et on parle, ici, d’une séparation interne des activités et non d’une scission.

W’E : Où en est le projet de privatisation de la partie banque après le retrait des Qataris?
A.M. : Je ne pense pas que c’est le souci immédiat du gouvernement actuel. En principe on ne va pas privatiser une banque qui n’est même pas encore créée, puisqu’il n y a pas encore eu de séparation.

W’E : Pourquoi pour se voir attribuer un crédit, faut-il, en plus du compte Ccp, procéder à l’ouverture d’un autre compte dit d’épargne?
A.M. : Pour vous permettre tout simplement de ne pas tout dépenser et penser à épargner pour prévoir les jours difficiles. La volonté des autorités comoriennes, à travers la Caisse nationale d’épargne est de voir chaque Comorien, y compris l’enfant qui vient de naître, de détenir un livret d’épargne pour faire face à ses imprévus. Ce compte renforce aussi la garantie de l’institution pour le crédit accordé et le renforcement de la relation avec le client.

W’E : Pourquoi les fonctionnaires et les agents de l’Etat principaux clients de l’institution n’ont-ils pas droit à des crédits mais à des découverts qui sont un véritable goulot d’étranglement…
A.M. : Avec la régularité des salaires, les choses sont en train de changer et elles changeront. Nous avons déjà progressé dans ce domaine et les employés de plusieurs corps et services de l’administration ont bénéficié de crédit à moyen terme. Désormais, nous travaillons sur la généralisation progressive à tous les fonctionnaires.

W’E : Vous êtes à la tête de l’institution depuis le début du régime précédent, quel est aujourd’hui votre bilan surtout que l’image de la Snpsf est semble-t-il pour longtemps encore, liée aux détournements intempestifs?
A.M. : Vous le saurez bientôt ! 

Alwatwan 

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