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La famille de Mbaye Trambwe dans le viseur du gouvernement

Pas besoin d’un vote du jury. Mbaye Trambwe est le héros du mouvement contre l’arrivée d’Azali en France. Tard dans l’après-midi du dimanche 21 juillet, ce vaillant bonhomme fait partie des patriotes qui ont pris leur courage à deux mains en investissant l’allée de l’ambassade des Comores à Paris pour dénoncer haut et fort, devant la délégation comorienne, les pratiques dictatoriales et criminelles au bled.

Mbaye Trwabwe est à la tête du podium, son téléphone diffuse en direct via Facebook l’événement. Il n’a peur de rien, ni de personne. Vacciné, le jeune homme. Il s’approche des autorités, les désigne nomment, collant à chacun les qualificatifs qui lui méritent. « Voici X, qui détourne les deniers de l’Etat et qui met le pays en exsangue ». Trambwe est excité face à l’ « ennemi » à tel point qu’il a réussi à provoquer le courroux d’un homme réputé calme. Le conseiller d’Azali, Said Ali Said Ahmed sort de ses gonds face ce jeune homme insoumis. Pour riposter, le conseiller lui lance, cru: « ton père est un voyou ». Voyou, c’est un euphémisme que nous employons volontairement. À lire aussi: 👉http://www.comores-infos.net/ton-pere-est-un-voyou-lance-le-conseiller-dazali-a-un-manifestant-de-paris/ Le jeune ne recule pas d’un pas. Il comprend que les insultes à son père étaient lancées pour le décourager et changer de sujet. Peine perdue, Mbaye n’est pas du genre à perdre son flegme pour si peu. Il continue courageusement son petit bonhomme de chemin. Vint cette altercation physique avec le capitaine Mmadi Pote, gendre d’Azali où Mbaye y laissera son épaule, victime d’une méchante luxation. Transporté à l’hôpital par les pompiers, il se verra imposé une semaine d’ITT. Mais le cauchemar de Mbaye a encore de beaux devant lui. Pour avoir « défié » frontalement les augustes autorités des très démocratiques Comores, il doit « subir une petite piqure » pour reprendre les termes d’Azali lorsqu’il s’apprête à en finir ses opposants. Il n’en fallait pas plus pour que des innocents restés aux Comores payent le lourd tribut du combat patriotique auquel se livre un des leurs en France. Sa famille est devenue la cible des autorités comoriennes. « Il se croit fort et protégé parce qu’il est en France. Il oublie qu’il met sa famille en danger », menace un membre de la délégation, rue Marbeau. Le message est sans ambiguïté. La détermination de Mbaye, encore plus. Ce matin, il a fait partie de insoumis (mais aussi insomniaques) qui se sont levé au chant du coq, dévaler des kilomètres jusqu’à l’aéroport Charles de Gaulle où atterrissait l’avion d’Azali Assoumani pour lui manifester le mécontentement du peuple comorien.

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