La France dans ses œuvres aux Comores les révélations d’UROPVE 5

UROPVE est une nouvelle magasine citoyenne qui se présente comme un lieu de débats d’idées et d’échanges sur les questions fondamentales qui empêchent notre pays de décoller (SHIWANDZA SHOZINISA FIKIRA NA MAURONGOZI YA NTSI). La dernière livraison, le numéro 5 de novembre 2016 décortique les pratiques coloniales de la France sur la base de faits objectifs vérifiables par tout un chacun. Il devrait intéresser tout le monde, spécialement ceux qui croient à l’amitié de la France, ceux qui nous chantent à longueur de journée les bienfaits de la France éternelle et des droits de l’Homme.

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La France principal bailleur des Comores et tutti quanti ? Eh bien non. La France se situe à la 4ème position. L’astuce réside dans son appropriation frauduleuse des aides des autres bailleurs. Illustration. Elle se pose en point focal des aides de l’Union Européenne. C’est donc elle qui apparaît aux yeux du public. Même quand les bailleurs ne sont pas tous européens, elle arrive à se faufiler à s’accaparer les premiers rôles. Dernier exemple : le projet du Partenariat Mondial pour l’Education signé entre l’UE et l’UNICEF d’une part et les Comores d’autre part, « désigne la France comme principal coordinateur ». Et la photo du Ministre de l’éducation nationale en compagnie de l’ambassadeur de France aux Comores fut à la une des médias, presses écrites et télés.

Mais comment parvient-elle à ses fins ? Il y a bien évidemment « l’ingérence dans les affaires intérieures, (le) paternalisme économique, (la) diplomatie d’influence », ces « stratégies de l’ombre, l’entrisme dans la gestion des affaires de l’Etat », etc. Mais l’on ne peut pas zapper la part des complicités locales. La France « a fabriqué des hommes de main locaux capables de couvrir ses intérêts jusqu’au bout. Des commis, des administrateurs, des leaders d’opinions, des hommes d’affaire, des petites mains, dont le seul rôle est pérenniser la tragédie de la domination, dans la conscience endormie d’un peuple comme le nôtre ».

Le bilan des « aides » françaises. « Les projets naissent et disparaissent sans souffrir la moindre évaluation conséquente », sans laisser de traces. Survol de quelques cas.
Le PASCO, projet d’appui au secteur de la santé serait caractérisé par l’Organisation Mondiale de la Santé, une référence du domaine, comme « bureaucratique, budgétivore et inefficace ».
L’adduction d’eau de Domoni aujourd’hui gelé par l’interférence française.
Même l’Union des MECK est menacé par l’Agence Française de Développement qui voudrait en faire « un microcosme bancaire » et ainsi la détourner de son rôle initial.
UROPVE 5 dénonce « l’orientation de l’aide » européenne-française qui vise « à remplacer l’Etat par des ONG ». Ce qui induit une corruption insidieuse de la jeunesse et affaiblit encore plus l’Etat comorien.

La France saboteur de projet. Dernier exemple : le projet comorien de raser El Maarouf pour bâtir un véritable centre hospitalier a suscité et suscite encore le courroux de la France qui y oppose un pôle mère-enfant dans le cadre de ses rafistolages qui ont contribué à maintenir El Maarouf dans l’état déplorable que nous connaissons.
Mais le meilleur est l’expérience vécue par un jeune expert français affecté il y a quelques années à la PNAC. Après quelques temps, il soumit à l’AFD, ses commanditaires, « un projet de relance novateur concocté avec les employés de l’entreprise. » La réaction des dirigeants de l’AFD fut cinglante :

« vous êtes fou, on vous envoie pour démanteler leur système, afin de les rendre dépendants, et vous proposez de les aider à se rendre autonomes »

Les collègues comoriens du naïf coopérant français suivaient en direct la conversation, le haut-parleur du téléphone étant branché. Stupeur et indignation. L’affaire fut étouffée. Le malheureux français fut viré et son collègue comorien se vit attribuer une bourse vers l’étranger. Entre temps la PNAC a été liquidée et remplacée par une centrale d’achat, la CAMUC, « une structure pilotée par la France ». UROPVE 5 dénonce le scandale.

Pourquoi la France est-elle si anti-comorienne ? « Le contrôle de l’espace » dans cette région, « la géopolitique, la zone économique exclusive, les hydrocarbures, les minéraux et les métaux rares, les cultures de rente, etc. » Celui qui ne comprend pas que la France a tout intérêt à ce que la partie indépendante du pays soit dans une misère crasse pour éterniser son annexion de l’île comorienne de Mayotte est un aveugle qui ne veut pas ouvrir ses yeux. « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts à défendre »
Vers la fin de sa vie, feu Abas Djoussouf , francophile des dizaines d’années durant, « conditionnait le développement du pays au départ de la France disant qu’à partir de là, les Comores vont commencer à se développer ».

Merci à UROPVE qui fait partie des Comoriens qui ne se sont pas tus. Que nos voix ne portent pas loin, oui, mais c’est un indice tangible que rien n’est joué, que l’Histoire n’est pas finie.

Idriss MOHAMED

2 commentaires sur La France dans ses œuvres aux Comores les révélations d’UROPVE 5

  1. Il faut se decoloniser moralement. Je suis d’accord que la France est le partenaire No1 à la destructions des Iles Comores mais il n’est pas temps à depasser cela.Nous devrons en premier se rapprocher de notre naivité, corruption et irresponsabilité.Nous sommes le premier freinage du developpement de nos iles.Il faut pensser au dela de cette dependance francaise.

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